C’est un rituel quotidien : 2,5 milliards de tasses sont remplies de café chaque matin. Deuxième boisson la plus consommée au monde après l'eau, le café a un impact environnemental important. Selon l'ADEME, l'empreinte carbone d’une tasse représente environ 250 g de CO2. Plus vous en buvez, plus la facture environnementale est amère.
Les forêts, victimes des cultures de café
Dans les régions tropicales, l'expansion des cultures de café est l'une des principales causes de déforestation. Pour répondre à une demande croissante, de vastes étendues de forêts sont rasées. Selon la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée, l'Union européenne serait responsable de 44 % de la déforestation liée à cette culture. Les Vingt-Sept sont les premiers consommateurs et importateurs au monde.
Cette destruction a non seulement un impact sur la captation carbone des forêts, mais aussi sur la biodiversité. À l'échelle locale, l'Amérique latine et l'Asie du Sud-Est pourraient voir de nombreuses espèces animales et végétales menacées. La disparition de ces habitats fragilise des écosystèmes entiers et menace l'équilibre naturel dans ces régions.
Des besoins excessifs en eau
Si les forêts sont détruites par le café, la consommation d'eau représente également une source d'inquiétude. Dans les colonnes de Reporterre, l'hydrologue Charlène Descollonges estime qu'il faut environ 132 litres d'eau pour produire une seule tasse de café. Irrigation des caféiers, transport, transformation des grains… Cela pose question dans un contexte de raréfaction de la précieuse ressource.
Certaines régions autour du globe souffrent d'une surexploitation des nappes phréatiques. Les populations font dès lors face à une tension hydrique, qui limite un accès à l'eau potable pour tous. Dans un contexte où le climat se réchauffe et les sécheresses s'accentuent, cette demande majeure en eau pose un réel problème de durabilité.
L'usage d'engrais ultra polluants
En plus d’un besoin démesuré en eau, la culture de café repose en grande partie sur l'utilisation d'engrais azotés. L'ammoniac qui les compose est obtenu par la combinaison de l'azote de l’air et de l'hydrogène provenant du gaz naturel. On comprend alors le problème environnemental que cela pose. Selon la rédaction de Transitions et Énergies, du protoxyde d'azote est libéré lorsque l'on applique ces engrais.
Ce gaz à effet de serre est 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2), ce qui a de quoi inquiéter. D'autant plus que la culture n'est pas la seule étape avant l'arrivée du café dans votre tasse. Torréfaction, emballage, préparation finale… Derrière chaque tasse de café se cache une véritable chaîne de production aux impacts non négligeables. Un constat qui invite à repenser nos habitudes de consommation.