Peut-on vivre sans téléphone portable ? C’est la question que l'on peut se poser lorsqu’on regarde à quel point il est omniprésent dans notre vie. Téléphoner, regarder des vidéos, écouter de la musique, scroller sur les réseaux sociaux… Les smartphones offrent aujourd'hui la possibilité de presque tout faire. Grâce à cette multitude d'usages, cet objet s'est imposé dans le quotidien des individus. Selon l'Insee, 99 % de la population française âgée de plus de 15 ans possédaient un téléphone portable en 2021.
Si son utilisation est massive en France, son impact n’est pas aussi dématérialisé qu’on pourrait le penser. Extraction des matières premières, fabrication des composants, assemblage des appareils… L'impact environnemental du smartphone est très lourd. "Jusqu’à 70 matériaux et 50 métaux différents sont présents dans un smartphone", d’après l’Ademe. On comprend dès lors le problème du petit appareil pour nos écosystèmes.
Un Français sur cinq utilise un téléphone d’occasion
Malgré le caractère anti-écologique du téléphone portable, il existe des solutions pour limiter son empreinte. La première difficulté est la séparation précoce avec nos bijoux technologiques. "Deux ans, c’est la moyenne de remplacement d’un smartphone", selon une étude menée par le CNRS et l'Université de Toulouse. Entre l'obsolescence programmée et le matraquage publicitaire, il est difficile de ne pas craquer pour la dernière sortie.
Même si le marché du smartphone a le vent en poupe, de nombreux Français se tournent vers l'occasion et le reconditionné. Ces solutions favorisent l'économie circulaire, le recyclage et le réemploi. En 2025, plus d'un Français sur cinq utilise un smartphone reconditionné selon le baromètre annuel Recommerce. Back Market est le leader dans le domaine, proposant des appareils électroniques reconditionnés par des professionnels.
En parallèle, le secteur subit une transformation lente avec l'arrivée des smartphones écologiques. Malgré des limites évoquées plus tôt, certaines marques cherchent des solutions pour proposer un produit moins polluant. L'étoile montante Fairphone utilise des matériaux recyclés, mais pas seulement ! Les téléphones sont également conçus pour que chaque pièce puisse être remplacée en cas de cassure ou d'obsolescence. Plus discrète, la marque Shift propose une offre similaire tout en misant sur la solidité de ses smartphones.
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Limiter le streaming et l'IA
Si l'Ademe rappelle que les trois quarts de l'impact environnemental du smartphone sont dus à sa fabrication, il est également possible de limiter son empreinte pendant son utilisation. Au-delà de la possibilité de communiquer, le téléphone sert massivement d'écran de streaming. La vidéo en continu est particulièrement polluante au regard d’une étude réalisée par Greenly, un cabinet de conseil en analyse du carbone basé à Paris. Selon l'entreprise, TikTok génère plus de 50 millions de tonnes d'équivalent CO2 chaque année, soit plus que les émissions de la Grèce.
Dès lors, réduire sa consommation de vidéos en continu, ainsi que la résolution de celles-ci, ne peut être que bénéfique pour la planète. "Quelles sont les vidéos qui peuvent demeurer en 480p plutôt qu'en "8k" ?", ironisent les auteurs du rapport de The Shift Project. L'intelligence artificielle (IA) s'immisce également de plus en plus dans nos téléphones. Recherche d'informations, création de visuels, reconnaissance d'image… Nous utilisons l'IA tous les jours, parfois même sans s’en rendre compte.
L'entraînement de ces modèles génératifs nécessite de grandes quantités d'énergie, mobilisées par les centres de données. Selon la délégation régionale académique au numérique éducatif, une requête sur ChatGPT consomme par exemple 6 fois plus d'électricité qu'une recherche Google. La création d'une image haute définition par une IA est encore pire, elle équivaut à la recharge complète d'un téléphone. Repenser ses habitudes numériques apparaît alors comme un levier essentiel pour limiter l'empreinte carbone d'un objet devenu indispensable.