En janvier 2025, la première plateforme vidéo, Netflix, a passé le cap des 300 millions d’utilisateurs.
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Vie quotidienne

Empreinte carbone du streaming : trois questions pour tout comprendre

Musiques en ligne, plateformes de vidéos à la demande, applications de diffusion en direct… Les contenus numériques occupent une place croissante dans notre quotidien. Mais derrière ces usages devenues banals, le streaming s’accompagne pourtant d’un impact environnemental souvent sous-estimé. ID répond à trois questions pour mieux comprendre ses effets sur l’environnement.

Le streaming, c'est quoi ? 

Le streaming n'est pas forcément un terme clair pour tout le monde. Il vient du verbe anglais "to stream", qui signifie "diffuser en continu". Sur Internet, le streaming se répand depuis sa création en 1994. Avant son avènement, on téléchargeait un contenu avant de pouvoir le lire. Mais aujourd’hui, il suffit de cliquer sur play et la vidéo se lance. Cela s'étend également aux jeux vidéo, à la radio ou encore à la musique.

En janvier 2025, la première plateforme vidéo, Netflix, a passé le cap des 300 millions d’utilisateurs. Du côté de la musique, ce sont plus de 700 millions d'utilisateurs qui se retrouvent tous les mois sur Spotify pour écouter leurs artistes préférés. Le streaming est massivement consommé dans les pays occidentaux, mais cela a des conséquences sur notre planète. 

Quelle est son empreinte carbone ?

Lorsqu'on regarde une vidéo en ligne, nous avons tendance à oublier que le streaming n'est pas une pratique si dématérialisée. Pour que nos sites préférés fonctionnent, il faut des infrastructures très énergivores. Équipements, centres de données, systèmes de réseau… Tout ça doit fonctionner 24h sur 24h afin de garantir un accès constant aux productions sur Internet. 

L'empreinte carbone numérique représente aujourd’hui 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, selon l’ADEME. C'est actuellement plus que le secteur du transport civil aérien, et ce chiffre pourrait doubler en 2026. D'après un rapport de The Shift Project, 60 % des usages du numérique sont occupés par la vidéo en ligne, dont 27 points de pourcentage par la pornographie. 

Le collectif d'experts Green It a tenté de chiffrer concrètement le poids environnemental que le numérique représente : 6 800 TWh d'énergie primaire, 1 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre, 7,8 millions de m3 d’eau douce et 22 millions de tonnes d’antimoine.

Comment réduire l'empreinte du streaming ?

Même si le streaming représente un désastre environnemental, tout n'est pas perdu ! Il est possible de réduire son empreinte carbone numérique avec des gestes simples. Le choix de l’appareil pour regarder une vidéo ou écouter de la musique a un impact sur votre consommation énergétique : une télévision LED 50 pouces consomme bien plus qu'un smartphone. Mais regarder une vidéo avec une connexion 4G (plutôt qu’en Wi-Fi) sur ce même petit écran est finalement trois fois plus énergivore selon Carbon Brief.

Alors la solution se trouve ailleurs : la résolution de la vidéo. "Quelles sont les vidéos qui peuvent demeurer en 480p plutôt qu'en "8k" ?", s’insurgent les auteurs du rapport de The Shift Project. Vous pouvez aussi privilégier la Wi-Fi et éviter de renouveler trop souvent vos équipements. Enfin, le recyclage est une piste intéressante lorsque l’on souhaite diminuer l'impact de sa consommation numérique sur l'environnement.