Selon une étude récente publiée ce mercredi 4 mars dans la revue Nature, l’élévation du niveau des océans pourrait avoir été sous-estimée dans certaines analyses scientifiques. Les chercheurs expliquent que certaines méthodes utilisées pour mesurer l’altitude moyenne des océans pourraient introduire des biais dans les calculs.
Ce sont en particulier les modèles permettant de définir le niveau de référence des océans, appelé géoïde, qui pourraient influencer les estimations de la hauteur réelle de la surface maritime.
Selon leurs résultats, les calculs actuels pourraient sous-évaluer la hauteur réelle du niveau de la mer de 24 à 27 centimètres, selon les modèles utilisés. Dans certains cas particuliers, les différences observées entre modèles pourraient même atteindre plusieurs mètres (jusqu’à environ 5,5 à 7,6 mètres) dans plusieurs zones océaniques, ce qui montre l’ampleur des incertitudes scientifiques liées à ces méthodes de calcul.
Cette recherche s’inscrit dans un contexte où les scientifiques tentent de mieux comprendre un phénomène déjà bien documenté : la montée progressive des océans sous l’effet du réchauffement climatique.
Une hausse du niveau de la mer déjà bien mesurée
Indépendamment de cette nouvelle étude, la montée du niveau des océans est aujourd’hui bien documentée par les observations scientifiques. Depuis les années 1990, les satellites et les instruments de mesure permettent de suivre l’évolution de la surface des mers.
D’après un article scientifique publié dans la revue PNAS, les océans ont déjà gagné plusieurs centimètres depuis le début des années 1990, et le rythme d’élévation tend à s’accélérer.
Deux mécanismes principaux expliquent cette hausse :
- La fonte des glaciers et des calottes polaires, qui ajoute de l’eau dans les océans ;
- La dilatation thermique de l’eau, qui se produit lorsque les océans se réchauffent.
Ces phénomènes sont directement liés à l’augmentation des températures globales provoquée par les émissions de gaz à effet de serre.
L’océan, un régulateur essentiel du climat
Malgré les effets du réchauffement climatique qu’il subit, l’océan joue toujours un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial. Les eaux marines absorbent en effet environ un quart du dioxyde de carbone émis par les activités humaines.
Selon une étude publiée dans Nature communications, elles captent également plus de 90 % de l’excès de chaleur accumulé dans le système climatique, ce qui contribue à limiter l’augmentation des températures dans l’atmosphère.
Mais cette capacité d’absorption a un coût. L’augmentation de la température de l’eau, l’acidification des océans et la perturbation des écosystèmes marins sont autant de conséquences qui pourraient fragiliser ce rôle de régulateur à long terme.
Un phénomène aux conséquences croissantes
La montée du niveau des mers représente un enjeu majeur pour les régions côtières. Elle peut entraîner une érosion accrue du littoral, des risques d’inondation plus fréquents ou encore la submersion progressive de certaines zones basses.
À mesure que les connaissances scientifiques progressent, les chercheurs cherchent donc à affiner leurs modèles pour mieux anticiper les évolutions futures. Les nouvelles études, comme celle récemment publiée, contribuent à améliorer la compréhension d’un phénomène appelé à transformer les zones côtières du monde entier.