Alors que les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina ont débuté le vendredi 6 février, les ONG et scientifiques alertent sur l’impact environnemental de l'événement. Sponsors pollueurs, neige artificielle, lois d’exception… Les performances sportives sont entachées par les nombreuses polémiques concernant l'empreinte carbone des olympiades. Malgré la promesse de "Jeux écolos" par le Comité international olympique (CIO), la déception se fait entendre : "Chassez les pollueurs des Jeux", pouvait-on lire sur les banderoles de Greenpeace à la veille de l’ouverture.
Après l'Italie, la France aura la lourde tâche d'organiser cet événement sportif en 2030 dans les Alpes. Mais cette fois-ci, pas question de renouveler le désastre environnemental : ce seront "les (JO) plus sobres jamais organisés", selon le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre. L'objectif : "concilier performance écologique et exigence sportive". Un calcul difficile lorsqu'on regarde les 900 000 tonnes d’équivalents CO2 rejetées par les JO italiens.
"On se donne les moyens d'agir sur tous les leviers"
Le ministre reste néanmoins optimiste et les propositions encourageantes pleuvent. "On se donne les moyens d'agir sur tous les leviers. Sur le transport, qui représente environ 60 % du coût carbone des Jeux, avec une offre de transport décarbonée pour l'ensemble des billets", défend le ministre sur le plateau de France 2. Il pointe également la question de l'alimentation, du plastique recyclable et annonce que "seulement quinze hectares vont être artificialisés". De nombreuses promesses qui rappellent celles du CIO avec l’initiative Now 26 portée cette année.
🔴 Le réchauffement climatique permet-il encore d'organiser des Jeux olympiques ?
🗣️ "S'agissant des JO d'hiver 2030, nous nous donnons les moyens de concilier performances environnementales et sportives" déclare @MathieuMlefevre, ministre délégué chargé de la transition… pic.twitter.com/QhkXK2Fe4H
— Telematin (@telematin) February 6, 2026
Le recours à la neige artificielle, point de crispation de ces Jeux olympiques, devrait aussi être discuté pour 2030. "Il n’y aura pas un mètre cube qui va être prélevé pour de la neige artificielle sans consultation", affirme le ministre. Cette année, le comité d’organisation a déclaré qu’il prévoyait de produire 2,4 millions de mètres cubes de neige artificielle, ce qui nécessiterait 948 000 mètres cubes d’eau. La France propose donc de faire bien mieux que l'Italie, mais est-ce réellement possible ?
Un "modèle basé sur le ski" qui n’est plus tenable
Si les annonces de Mathieu Lefèvre ont de quoi faire rêver les plus écolos d’entre nous, l'impact environnemental de ces Jeux semble tout de même non négligeable. Selon un document de l'Assemblée nationale en date du 10 décembre, l'empreinte carbone des JO de 2030 ne sera pas nulle. Au contraire, elle serait à peine moins importante que celle de l'événement qui se déroule en ce moment. Entre 689 000 et 804 000 tonnes équivalent CO2 sont estimées pour ce rassemblement sportif et festif. "C'est deux et demi fois moins que les Jeux de Paris qui étaient d'ores et déjà exemplaires au plan environnemental", précise tout de même le ministre.
Mais les ONG questionnent la pertinence de faire des olympiades d'hiver pendant que le réchauffement climatique sévit et que la neige à basse altitude disparaît. Dans un communiqué, l'association Mountain Wilderness France estime que ces jeux sont en "contradiction avec les engagements climatiques de la France, la loi Climat et résilience et l’objectif de Zéro artificialisation nette". France Nature Environnement s'oppose également à ce projet. Son antenne auvergnate dénonce notamment la défense d'un "modèle basé sur le ski" qui n’est plus tenable, tant sur le plan écologique qu’économique.