Les JO d'hiver 2026 devraient entraîner le rejet de 930 000 tonnes d'équivalent CO2 (tCO2e).
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Environnement

JO de Milan 2026 : derrière les promesses vertes, un lourd impact environnemental

La promesse de faire des Jeux olympiques respectueux de l'environnement semble difficile à tenir. Lois d'exception, arbres abattus, neige artificielle… Les associations et les scientifiques alertent sur l'impact environnemental de l'événement.

C’est l'ouverture des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver, qui réunissent environ 3 500 des meilleurs athlètes mondiaux. Cette année, l'événement se déroulera à Milan et Cortina d'Ampezzo, en Italie, jusqu'au 22 février 2026. Les épreuves prendront place sur sept sites dans trois régions différentes du nord du pays. Le Comité international olympique (CIO) revendique fièrement une organisation rompant avec les désastres écologiques passés.

De nombreux engagements écologiques…

Le CIO promet des "Jeux écolos" avec par exemple l'utilisation d’infrastructures sportives déjà existantes. Cette volonté n’est pas nouvelle puisqu’en 1994, l'organisation déclare l'environnement comme troisième pilier de l'Olympisme. Aujourd'hui, l'initiative Now 26 est censée limiter l'impact des JO de Milan sur la planète. L'ambition est claire : "Milano Cortina 2026 entend adopter une approche de la durabilité et de l'héritage qui soit holistique, concrète et progressive, impliquant toutes les parties prenantes", peut-on lire sur le site du comité.

Restauration des écosystèmes, énergies 100 % renouvelables, réduction et compensation des émissions… Les promesses ont de quoi faire rêver. L'organisation travaille également "à une réduction drastique des matériaux jetables" et met en place des "objectifs précis en matière de recyclage des matériaux et de consommation d’eau". Le comité réalise même une évaluation environnementale sous la responsabilité de la Fondazione Milano Cortina 2026 avant, pendant et après l'événement sportif. L'intérêt étant de demander aux fournisseurs et aux sponsors d'adopter des mesures pour réduire les impacts environnementaux.

… qui peinent à convaincre

Si les engagements du CIO sont louables, de nombreuses zones d'ombre persistent. Un rapport publié par Scientists for Global Responsibility et le New Weather Institute pointe les répercussions des Jeux. Cet événement devrait entraîner le rejet de 930 000 tonnes d'équivalent CO2 (tCO2e), dont 410 000 tCO2e sont le résultat du déplacement des spectateurs. La fierté d'utiliser des infrastructures préexistantes cache en réalité une distance importante entre celles-ci, ce qui oblige l'emploi de moyens de transport. 

Les auteurs estiment que, "dans les années à venir", une perte d’environ 2,3 km2 de couverture neigeuse du fait de ces émissions est à prévoir. Également décriés par les associations, des chantiers facilités par des lois d'exception inquiètent. Auprès de nos confrères de franceinfo, le militant écologiste Silverio Lacedelli alerte sur la construction d'un téléphérique dans la ville de Cortina. "Cette zone est sujette à des glissements de terrain. Elle fait 3 km de long et, en profondeur, le terrain bouge de deux mètres par an selon les analyses", déplore-t-il.

Mais pendant que certains chantiers questionnent, le gros dossier concerne les sponsors. Le 5 février, à la veille de l'ouverture, des militants de Greenpeace ont manifesté à Milan. "Chassez les pollueurs des Jeux", pouvait-on lire sur les banderoles. La compagnie aérienne ITA Airways, le constructeur automobile Stellantis et surtout le géant pétro-gazier Eni sont dans le viseur. Le parrainage d'entreprises en grande partie responsables des émissions mondiales contraste avec les ambitions environnementales des organisateurs.