Environnement

Les Pays-Bas ont des choses à nous apprendre sur la lutte contre la pollution plastique et l'upcycling!

Marche des étudiants pour le climat, le 7 février 2019.
©Remko de Waal / ANP / AFP

Si les Pays-Bas ont été désignés comme mauvais élèves en matière de politique écologique par la Cour d'appel de La Haye en 2018, des initiatives citoyennes voient peu à peu le jour sur le territoire et se présentent comme des alternatives à l'inaction climatique des autorités. ID fait le point sur quelques unes de ces avancées pour la protection de l'environnement. 

La politique gouvernementale écologique néerlandaise a été condamnée en 2018 par la Cour d'appel de La Haye, qui a confirmé une décision rendue en 2015. Cette décision ordonnait aux Pays-Bas d'intensifier ses efforts en vue de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, à hauteur de 25 % d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990. Il est à noter que la décision rendue par La Haye a une valeur non contraignante. Cette poursuite a été initiée par la fondation "Urgenda", qui représentait 886 plaignants. Si certains citoyens décident de saisir l'Etat en justice, d'autres préfèrent compter sur eux-mêmes et développer leurs propres initiatives sans attendre. 

La lutte contre la pollution plastique et la préservation des milieux aquatiques

Les initiatives en faveur de la protection des aires maritimes ou fluviales et de leur biodiversité occupent une place importante dans l'engagement des néerlandais pour l'environnement. Des îles artificielles ont été créées pour favoriser la biodiversité dans le lac Markemeer : un archipel composé de cinq îles a été conçu par l’association Natuurmonumenten. L’objectif ? Favoriser la réapparition d’espèces animales et végétales. Une seule d’entre elles est ouverte au public. 

©BRAMVANDEBIEZEN/ANP/AFP

L’entreprise "Plastic Whale" propose des croisières aux touristes et aux locaux sur le canal d’Amsterdam. La particularité ? La visite est rythmée par des temps de pêche… du plastique présent dans l’eau. Le prix de la croisière est même réduit pour les pêcheurs les plus efficaces. Leurs bateaux, eux, sont composés de bouteilles en plastique recyclé.

©Plastic Whale/Instagram

Un drone aquatique créé par l’entreprise RanMarine est capable de récolter les déchets dans les zones portuaires. Baptisé les "Waste Sharks", ces drones aquatiques intelligents peuvent recueillir jusqu’à 500 kilos de déchets dans leur "bouche récupératrice". Les déchets collectés sont ensuite traités. 

©RanMarine

Un jardin flottant a été ouvert par l’association Recycled Island Foundation. La construction du "Recycled Park" a utilisée 100 % de plastique recyclé, collecté dans l’eau : le jardin dispose en effet d'appareils flottants capables de collecter les déchets dans l'eau. Le but ? Dépolluer les rivières avant que les déchets n’arrivent en mer et créer un écosystème au cœur de la ville. 

©Recycled Park/Facebook

Gestion des déchets : le règne de l’upcycling

Il ne s'agit plus seulement d'empêcher le plastique de se déverser dans les océans : il faut désormais apprendre à les réutiliser. C'est ce que l'on nomme la pratique de l'upcycling - ou du "surcyclage". Cela consiste à récupérer des produits ou des matériaux inutilisés pour les transformer en nouveaux produits de qualité. L'upcycling offre ainsi des avantages écologiques tout en donnant l'occasion de créer des objets uniques. 

À Amsterdam – dans le quartier quartier Wildeman – une monnaie locale a été lancée par le studio de design the Beach. Les pièces de monnaie sont fabriquées à partir de plastique recyclé. Les habitants sont invités à rapporter eux-mêmes leurs déchets plastique, qui sont pesés et échangés contre ces pièces de monnaie, ensuite utilisables dans les commerces locaux participants. Cette initiative favorise non seulement le recyclage des déchets plastique, mais incite aussi à consommer local

La "Wilde Munt", monnaie locale lancée par l'entreprise de design The Beach.
©capture/site officiel The Beach

Une piste cyclable a été construite à partir de déchets plastiques recyclés : la "Plastic Road". Une première version-pilote de 30 mètres de long a déjà été construite. Ces 30 mètres ont nécessité 218 000 gobelets en plastique. Les fabricants comptent également trouver d’autres applications à la réutilisation du plastique, comme la construction de parkings, de trottoirs, de quais, etc.

©Wavin Group/Facebook

Le paradis des cyclistes

La ministre de l'environnement néerlandaise, Stientje van Veldhoven, expliquait à la suite de la parution d'un rapport rédigé par l'ambassade cycliste néerlandaise en 2018 : "Les Pays-Bas sont un pays de vélo. Nous avons une population d’environ 17 millions d’habitants et près de 23 millions de vélos. Sur de courtes distances, surtout en ville, le vélo est une alternative populaire aux transports en commun et à la voiture. Aux Pays-Bas, un quart des trajets sont effectués à vélo". 

Conséquence ? Une autoroute réservée aux cyclistes a même été construite !