Education/Citoyenneté

Engagés pour la planète : cinq actualités qui ont marqué 2018

©Damien Meyer/AFP

Quelles images garderons-nous de 2018, sur le plan de l'engagement citoyen pour la planète ? Des milliers de gens dans la rue appelant à un "sursaut", des cocardes en forme de coquelicots pour dénoncer l'usage des pesticides dans nos champs, des emballages en plastique abandonnés dans nos caddies... Retour sur une année forte en mobilisation. 

Le physicien allemand Hans Joachim Schellnhuber, co-auteur d'une étude sur la possible transformation de la Terre en étuve qui a marqué les esprits en août dernier, estime que 2018 représente l'année de la "prise de conscience mondiale" des conséquences du réchauffement climatique - c'est en tout cas ce qu'il affirmait au Guardian plus tôt cette année. Bilan ? La mobilisation citoyenne est effectivement loin d'avoir manqué à l'appel, notamment en France. En cette fin d'année, ID se souvient notamment :

Des plastic attacks

Cette année, difficile de manquer la multiplication des plastic attacks dans le monde. Ces opérations consistent à laisser dans le magasin où l'on fait ses courses tous les emballages en plastique entourant ses achats. L'objectif : dénoncer l’omniprésence du plastique dans nos supermarchés. La première opération de ce type a eu lieu en mars dernier à à Keynsham, en Angleterre, à l'initiative du militant Tony Mitchell : celui-ci avait invité les clients d’un supermarché Tesco à laisser leurs emballages dans des caddies et à remporter leurs produits dans des contenants réutilisables. La page Facebook Plastic Attack s'était alors créée : les plastic attacks se sont ainsi multipliées à travers le monde, de Bruxelles en passant par Bristol, New Delhi ou encore Washington, Londres, Montréal... sans oublier Paris. Elles ont même eu lieu simultanément dans de nombreuses villes dans le monde le 2 juin  ainsi que le 8 septembre dernier, journées de mobilisation mondiale


Des marches pour le climat 

Le 8 septembre, à la suite de la démission de Nicolas Hulot, des milliers de citoyens marchaient pour le climat à à Paris, Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux ou Nantes notamment, afin de demander au gouvernement de placer l'environnement au cœur de sa politique (800 rassemblements étaient même prévus à l'échelle mondiale). Un événement reconduit le 13 octobre suivant et même le 8 décembre dans plus de 175 villes françaises, en plein mouvement des "Gilets jaunes". 

©KARINE PIERRE / HANS LUCAS/ AFP

Un mouvement des coquelicots 

L'appel des coquelicots a été officiellement lancé le 12 septembre dernier. Dans un numéro spécial pesticides de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le journaliste Fabrice Nicolino demandait alors "l'interdiction de tous les pesticides de synthèse en France". Derrière cet appel, une volonté forte : réunir au moins "cinq millions de soutiens en deux ans d'une mobilisation intense" et faire du coquelicot, qui "disparaît des champs à cause de l'usage des désherbants chimiques", le symbole fort de cette mobilisation. Chaque mois, les porteurs de cocardes sont invités à "se (pavaner) le même jour et la même heure sur les places des villes et villages où ils habitent". Pour suivre les actualités de ce mouvement, rendez-vous sur le compte Twitter "Nous voulons des coquelicots".


De la mobilisation... en ligne !

Les initiatives en ligne pour agir à son échelle contre le réchauffement climatique n'ont pas non plus manqué à l'appel cette année. Cet automne est notamment née la plateforme "Il est encore temps", qui recense "des mobilisations d'envergure pour un changement de système nécessaire face au dérèglement climatique". Des nombreuses initiatives (pétitions, actions, rassemblements...) sont recensées sur ce site pour les citoyens désireux de s'engager en faveur de l'environnement. À la mi-novembre, une soixantaine de youtubeurs "stars" nous lançaient par ailleurs un défi durable à relever par jour (s'abonner à des paniers bio et locaux, passer au zéro déchet, coller un STOP PUB sur sa boîte aux lettres...), à travers le mouvement "On est prêt". 


Des boycotts à la consommation

Le 1er octobre dernier, les Français étaient appelés via une nouvelle page Facebook baptisée "boycott massif à la consommation" lancée par la journaliste Carol Galand à ne rien acheter. "Le 1er octobre, ne consommons pas. Ne retirons pas d’argent, laissons notre carte bancaire au placard, et empêchons les banques de spéculer sur notre argent. Et si nous le devons absolument, retirons dès maintenant et en une seule fois l’argent qu’il nous faudra et achetons local, achetons bio, achetons raisonnable (...)", précisait alors l'organisatrice de ce boycott citoyen, suivie par plus de 26 000 personnes sur sa page. Ces journées sans achat sont vouées à se renouveler chaque mois : après le 1er octobre, le 1er et le 2 novembre. Puis le 1er, le 2 et le 3 décembre. L'organisatrice du mouvement donne également les noms de plusieurs marques à boycotter, en s'appuyant sur l'expertise de la plateforme I-Buycott. Parallèlement à ce mouvement, le "Black Friday", journée de soldes massives qui avait lieu le 23 novembre, a pour sa part cédé sa place à un "Green Friday" pour nombre de consommateurs engagés. L'association Green Friday, lancée par un collectif d'associations et d'entreprises avec le soutien de la Ville de Paris, souhaite d'ailleurs  faire "grandir le mouvement en faveur de la consommation responsable".

Sans oublier... "L'affaire du siècle"

L'année 2018 se termine ainsi non sans une autre actualité forte : le 18 décembre, quatre ONG (la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), Greenpeace France, Notre Affaire à Tous, Oxfam France) attaquaient l'État pour "inaction" climatique et obtenaient en 48 heures pas moins d'un million de soutiens. Relire notre article ici.

 

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