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Consigne : l'emballant défi du réemploi du verre en France

L'UE a fixé un objectif de 90 % de collecte des bouteilles plastique en 2029.
©Nokwan007/Shutterstock

Pratique historique des cafés, hôtels et restaurants, le réemploi des bouteilles et bocaux en verre se fait encore timide dans la grande distribution en France, malgré ses avantages économiques et environnementaux.

Si le recyclage des emballages vise à recréer de la matière première, le réemploi permet de leur offrir une nouvelle vie, et parfois plusieurs dizaines. Triés, lavés puis remis en circulation, ceux en verre génèrent 85 % d'émissions de gaz à effet de serre en moins que leur équivalent à usage unique, selon l'ONG Zero Waste.

En règle générale, une consigne de quelques centimes est additionnée au prix du produit - remboursée lors de la restitution - pour garantir un plus fort taux de retour. "Ce système n'a d'intérêt économique et environnemental que si l'emballage réalise plusieurs cycles et ne sort pas du circuit industriel", indique Antoine Robichon, directeur général adjoint de l'entreprise Citeo, spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers.

Autrefois répandue en France, cette pratique a disparu dans les années 80. Elle n'a perduré qu'en Alsace, ainsi que dans les cafés, hôtels et restaurants où 40 % des bouteilles sont encore réemployées. Dans la grande distribution, les bouteilles en verre ont été en grande majorité supplantées par le plastique, et pour la part restante il n'y a actuellement "pas de données chiffrées" sur le taux de réemploi, note Marianne Guiot, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Calendrier de la loi Agec

Le réemploi du verre fait de plus en plus saliver les industriels, compte-tenu de la flambée du prix des matières premières et du calendrier fixé par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec).

Un des objectifs de cette loi prévoit 20 % de réduction d'emballages en plastique à usage unique d'ici 2025, en majeure partie grâce au réemploi et à la réutilisation. À titre d'exemple, Coca-Cola s'est engagé d'ici fin 2022 à ce que 100 % de ses boissons vendues dans les cafés, hôtels et restaurants soient réemployables. Dans les grandes surfaces, le plastique règne toujours en rayon, mais le groupe s'essaie depuis 2020 à la consigne sur des bouteilles en verre d'un litre avec le distributeur français Carrefour, et plus récemment les supermarchés Match dans l'Est et le Nord de la France. Coca-Cola entend "s'appuyer sur des pionniers de la grande distribution ayant déjà un système logistique qui fonctionne" dans ces régions stratégiques où la consigne est davantage restée dans les moeurs, reconnaît Arnaud Rolland, directeur RSE de CCEP (Coca-Cola Europacific Partners). D'autres marques comme Blédina, Léa Nature, Nutella ou encore Club-Mate testent ou ont déjà testé la consigne de réemploi via différents acteurs de la distribution.

Moïra Tourneur, responsable du plaidoyer de Zero Waste, souligne toutefois que "tout est encore au stade expérimental" et se dit "inquiète" quant à la "massification" de ce système.

Les grands industriels ne vont pas s'amuser à changer toute leur chaîne de production s'ils n'en ont pas l'obligation."

Mais l'objectif de la loi Agec n'ayant "rien de contraignant", soulève Moïra Tourneur, "les grands industriels ne vont pas s'amuser à changer toute leur chaîne de production s'ils n'en ont pas l'obligation".

Le passage à la consigne de réemploi nécessite de lourds investissements - emballages, étiquettes lavables, système de lavage - ainsi qu'un important remaniement logistique. "Les consommateurs doivent apprendre à revenir en magasin avec leurs emballages, les distributeurs doivent mettre en place des systèmes de collecte, et les industriels doivent changer de packaging tout en allant vers des contenants plus standardisés", indique Emmanuel Auberger, président de la société Uzaje, spécialisée dans le lavage des emballages en verre. Car "si l'on veut limiter les kilomètres et multiplier les rotations d'emballages, c'est bien qu'une marque A utilise le même emballage qu'une marque B", note Antoine Robichon de chez Citeo.

L'éco-organisme travaille avec plus d'une cinquantaine d'acteurs, des industriels, distributeurs ou encore verriers pour "définir les grandes lignes de standard d'emballages qu'ils seraient prêts à utiliser". Pour Emmanuel Auberger, "le basculement ne se fait pas en un claquement de doigts", mais n'aura lieu que si tous les acteurs "bougent en même temps".

Avec AFP. 

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