Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Sophia Chikirou se présenteront au deuxième tour pour la mairie de Paris.
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Politique

Municipales 2026 : quelles sont les propositions écologiques des candidats de Paris, Lyon et Marseille ?

Canicule, pollution, bétonisation… Face à l'urgence climatique, les grandes villes n'ont plus le choix. À Paris, Lyon et Marseille, l'écologie s'impose comme un axe majeur des programmes municipaux. Les candidats ont toutefois des visions parfois opposées.   

Au-delà des clivages politiques, les candidats à la mairie de Paris, Lyon et Marseille affichent une préoccupation commune : le changement climatique. Ces dernières années, les élus et fonctionnaires locaux ont été marqués par la multiplication des événements climatiques extrêmes. Face à ce constat, les mesures écologiques et les investissements verts foisonnent dans les programmes des élections municipales.

L'écologie au coeur des programmes parisiens

"À Paris, les débats ne se font pas autour de "pour" ou "contre" l'écologie, mais des modalités de son développement", remarque le Réseau Action Climat. Arrivé en tête du premier tour avec 37,98 % des scrutins, Emmanuel Grégoire représente une liste composée de socialistes, d'écologistes et de communistes. L'écologie prend une place importante dans son programme, notamment pour améliorer la qualité de vie des Parisiens. La création de 1 000 rues piétonnes, la végétalisation de 25 km des berges de Seine ou encore la transformation du périphérique en "boulevard urbain" visent à rendre Paris frais et respirable. Enfin, il promet un "plan de lutte contre le grand chaud" qui prévoit notamment des capacités d'accueil renforcées et la rénovation des établissements scolaires.

Sa principale concurrente, Rachida Dati (LR-MoDem), s'est longtemps opposée à la maire sortante, Anne Hidalgo. Sur la question des mobilités, elle accuse la majorité d'être "hostile par dogme à la voiture". Elle propose donc de mettre fin à la zone à trafic limité dans le centre de Paris et de rétablir les 70 km/h sur le boulevard périphérique (la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h depuis 2024). En contrepartie du retour de la voiture, elle souhaite inciter à l'électrification (places de parking réservées, aides à l’achat, bornes de recharge…). Pour ce qui est de la végétalisation, l'ancienne ministre de la Culture annonce préserver les arbres des abattages et créer 500 nouvelles bandes végétalisées. Avec 25,46 % des voix, elle accuse un retard important et fusionne donc sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) pour le deuxième tour.

Après le refus d’Emmanuel Grégoire de fusionner, Sophia Chikirou (LFI) est sur la ligne de départ de ce deuxième tour. La candidate, qui a réuni 11,72 % des scrutins, fait de l'adaptation au réchauffement climatique sa priorité. Pour y arriver, elle souhaite désimperméabiliser et végétaliser 40 % de la ville d'ici 2032. Plus de 300 hectares d'espaces verts, des places végétalisées, une agriculture urbaine… L'insoumise lutte contre l'artificialisation des sols parisiens. Tout comme son homologue en tête, elle ambitionne de transformer le périphérique en "boulevard urbain". Autre mesure importante : la fin du contrat actuel avec Velib'. Pour le remplacer, elle souhaite créer une régie publique du vélo.

Un duel au coude à coude à Lyon

À Lyon, le second tour prendra la forme d'un duel. Avec 37,36 % des scrutins, Grégory Doucet (EELV-PS-PCF) est arrivé en tête et bénéficie aujourd'hui d’une fusion avec la liste d'Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI). Dans cette configuration, le maire sortant est favori. L'une des mesures fortes de son programme est la création d'un conseil citoyen pour adresser les grands enjeux (pollution, nouveaux usages, etc.) des cours d’eau. L'objectif est d'ouvrir deux lieux de baignade naturels dans la Saône et dans le Rhône. L'écologiste souhaite également développer des petits espaces verts de proximité (squares et jardins) dans la ville. Son programme fait également place à la cause animale : développement de la vocation de refuge du zoo situé au parc de la Tête d'Or, création de nouvelles aires d'ébat canines, renforcement des campagnes de stérilisation des chats errants. 

Face à lui, la surprise de ces municipales : Jean-Michel Aulas (LR, Horizons, le MoDem et Renaissance) arrive juste derrière le maire sortant avec 36,78 %. La mesure phare : intégrer davantage les enjeux climatiques dans la révision du SCOT (schéma de cohérence territoriale). L'ancien président de l'Olympique lyonnais souhaite également développer des zones de fraîcheur naturelles et des maisons de l'eau, permettant un accès simple à de l'eau plate gratuite et à de l'eau gazeuse à tarif modéré. Enfin, il propose la mise en place d'un plan d'adaptation aux canicules reposant sur le développement de surfaces perméables et une gestion optimisée des eaux pluviales.

Marseille, une ville qui suffoque pendant l'été

Le maire sortant Benoît Payan (PS, EELV, PCF) est arrivé en tête de la cité phocéenne avec 36,7 % des voix. Malgré le retrait de Sébastien Delogu, le socialiste refuse de fusionner et fait donc cavalier seul pour le second tour. Son programme met notamment l'accent sur le littoral marseillais. Réaménagement de plages et "sanctuarisation des espaces naturels" sont les maîtres mots. Le maire sortant souhaite également adapter la ville au changement climatique : rénovation thermique des logements, économie circulaire, gratuité des transports lors des pics de pollution… L'objectif est de réagir face à une ville qui suffoque de plus en plus durant l'été. 

Le candidat Rassemblement national, Franck Allisio, s'intéresse également au littoral marseillais. Arrivé juste derrière le candidat de gauche, il a réuni 35,02 % des voix. Parmi ses propositions, la création d'un pass suscite autant d'adhésion que de critiques . Le pass "familles-minots-séniors" vise à créer sur les plages et dans les parcs municipaux des zones réservées à certaines catégories de la population. "Certains l’ont appelé "passe antiracailles" et cela ne me dérange pas", assume Franck Allisio. Les critères de sélection des personnes habilitées à entrer dans ces zones naturelles restent encore peu détaillés. Au-delà de la polémique, le candidat souhaite faire de Marseille la ville "amie des animaux". Prix Brigitte Bardot, unité de protection animale, nomination d'un adjoint à la cause animale… 

L'équipe de Martine Vassal (LR, Renaissance, UDI) est de son côté remontée contre le maire sortant : "On est la seule ville avec une majorité qui comprend les Écologistes et où on ne parle jamais d'écologie", affirme Romain Samario, en seconde position de la liste de centre-droit. Lequel promet de "réconcilier les Marseillais autour d'une écologie positive, pas dogmatique et vectrice de croissance". La femme politique arrivée en troisième position (12,41 %) propose notamment d'accélérer l'électrification des quais. Objectif : équiper la ville de trois branchements dédiés aux bateaux de croisières. Mais aussi "préserver les data centers" et récupérer la chaleur dégagée par ces derniers afin de "l'injecter pour le chauffage des bâtiments publics". Elle préconise également la végétalisation de 111 noyaux villageois et des espaces extérieurs de plusieurs écoles.