93 % des élus interrogés s’appuie sur la rénovation énergétique des bâtiments pour accélérer la transition écologique de leur commune.
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Politique

Municipales: la transition écologique, "préoccupation centrale" des élus, selon une étude

Neuf maires ou élus municipaux sur dix (87 %) se disent préoccupés par le changement climatique et sept sur dix (69 %) en font une priorité du prochain mandat, selon une enquête du Shift Project jeudi.

Plus de 99 % des répondants déclarent avoir perçu au moins un effet du changement climatique sur leur territoire, selon cette consultation menée par le groupe de réflexion auprès de maires et d'élus municipaux ou d'intercommunalités, de juin 2025 à janvier 2026. Les élus du sud-est et du sud-ouest sont ceux qui en perçoivent le plus les effets (canicules, inondations ou sècheresses).

"Ils sont donc aux premières loges et c'est ce qui nourrit leur engagement", explique à l'AFP Emma Stokking, qui a dirigé cette consultation pour The Shift Project. Le "backlash" (retour de bâton) écologique "n'existe pas chez les élus locaux", souligne l'étude. "La transition énergétique et climatique est pour eux une préoccupation centrale." Près de 90 % considèrent avoir pris en compte cette transition lors de leur mandat, quels que soient leur étiquette politique et leur territoire.

Les élus confrontés à de nombreux obstacles

"C'est une préoccupation très homogène, qui dépasse les préférences partisanes, à la fois chez les élus qui se sentent une sensibilité plutôt à gauche (85 %) ou plutôt à droite (88 %); pour les petites communes et pour les grandes communes; pour les territoires ruraux (86 %) et pour les territoires urbains (91 %)", détaille Emma Stokking. Les élus indiquent agir d'abord par pragmatisme, pour améliorer la qualité de vie et la santé des habitants (77 %), et diminuer les dépenses énergétiques (75 %).

Ils soutiennent donc surtout les actions concrètes, avec des bénéfices directs en termes de confort et d'économies d'énergie, comme la rénovation énergétique des bâtiments (93 %) ou le développement des transports collectifs (83 %). Mais la majorité des élus interrogés se disent confrontés à des obstacles, comme le manque de moyens (59 %) et l'accumulation des urgences quotidiennes (57 %). Ils sont 41 % à évoquer un manque de connaissances ou de compétences. La crainte de l'impopularité (7 %) et du risque électoral (4 %) sont les freins les moins cités.

Il ressort par ailleurs d'entretiens menés avec une centaine d'élus qu'ils expriment une frustration forte devant l'instabilité réglementaire. Ils souhaiteraient "un guichet unique qui leur facilite les démarches", précise Emma Stokking, "c'est-à-dire un interlocuteur qui les accompagne sur l'ensemble des financements auxquels ils ont droit et sur l'évolution des réglementations".

Avec AFP.