Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Politique

Le ministère de l'Agriculture publie son plan pour réduire les émissions de CO2

Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture.
©STEPHANIE LECOCQ / POOL / AFP

Le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a publié mercredi son "plan d'action climat", qui doit montrer que ses décisions sont en accord avec les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le Premier ministre, Jean Castex, avait demandé en fin d'année dernière à quatre ministères - Transition écologique, Agriculture, Economie et Finances, Cohésion des territoires - de rédiger cette feuille de route. La production alimentaire représente un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la plupart issues de l'agriculture et particulièrement de l'élevage, via les rejets de méthane des bovins et les déjections.

"Alors que la quasi-totalité de notre pays a été frappé par des violents épisodes de gel en avril dernier et que nous connaissons désormais chaque année de fortes périodes de sécheresse, le changement climatique est évidemment au coeur de nos préoccupations", souligne le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, en introduction du document. Régulièrement taxé par des organisations de défense de l'environnement de favoriser l'immobilisme, le ministère y défend les actions engagées, notamment avec les crédits du plan de relance.

Il se dit d'abord décidé à "accélérer le développement de pratiques agricoles permettant d'atténuer" les émissions: baisse de l'utilisation des engrais de synthèse, valorisation des effluents pour produire de l'énergie (méthanisation), accroissement des surfaces en agriculture biologique mais aussi à "Haute valeur environnementale" (HVE)...

Créée par le ministère, cette certification HVE est associée par ses détracteurs à un label de "greenwashing". Pour augmenter le "potentiel de séquestration du carbone dans les sols agricoles", le ministère défend notamment la plantation de haies et la préservation des prairies permanentes. Il souligne aussi la nécessaire "évolution des connaissances, outils et compétences", via la recherche et l'enseignement agricole, pour favoriser l'adoption de "nouvelles pratiques". Ce plan "sera actualisé régulièrement pour tenir compte de l'avancement de ces actions et l'atteinte des objectifs", indique le ministère dans un communiqué. 

"Moins et mieux" de production

C'est une "déception" pour le Réseau action climat, qui fédère des ONG. Il y voit un "agrégat des politiques actuellement en place sans rien de nouveau" alors que ces politiques "ne permettront pas d'atteindre l'objectif de division par deux des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole", selon un communiqué. Le Réseau regrette que "le plan ne se dote d'aucun objectif de réduction de la consommation d'engrais azotés de synthèse", "deuxième poste d'émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture". Ou encore qu'aucune mention ne soit "faite de la nécessaire mutation en profondeur de l'élevage vers le +moins et mieux+ de production et de consommation de viande".

Le financement de la politique agricole de la France repose en grande partie sur les fonds de la politique agricole commune (PAC), dont la nouvelle mouture est encore négociée à Bruxelles. Dans un rapport publié lundi, la Cour des comptes européenne estime que l'UE a échoué à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture, en dépit des sommes allouées à la lutte contre le changement climatique.

Avec AFP. 

Vous avez apprécié cette information ? Abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici ! 

Pour aller plus loin et agir à votre échelle, découvrez notre guide pratique « Slow Life : mode d’emploi pour ralentir »

Au sommaire : tout pour entreprendre un passage à une vie plus douce et apprendre à ralentir dans tous les domaines du quotidien.

Pour en savoir plus et commander votre guide, c’est par ici.

#TousActeurs