+4 °C en France métropolitaine et en Corse à l’horizon 2100 selon les projections scientifiques. Dans ce contexte, Paris aurait le climat actuel de Montpellier.
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Politique

Climat : pourquoi l’État fixe désormais une trajectoire officielle de réchauffement

Le gouvernement français a ajouté le dimanche 25 janvier le rythme du réchauffement climatique à la réglementation. Après une consultation publique lancée en septembre, le texte permet de mettre en place des politiques d’adaptation en se basant sur les projections mondiales.

Quatre degrés de plus en France métropolitaine à l'horizon 2100 par rapport à la période pré-industrielle, 2,9 °C à la Réunion, 2,7 °C en Martinique… Dans un arrêté publié au Journal officiel, le gouvernement inscrit le rythme du réchauffement climatique dans la réglementation. L’ensemble des plans locaux et nationaux d’adaptation à la crise climatique dispose désormais d’une référence.

Après plusieurs mois d’attente, l'arrêté fixant la Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC) permet d’y voir plus clair. Ce scénario constitue désormais la référence pour actualiser les référentiels de risque, les normes et les réglementations techniques dans de nombreux secteurs : bâtiment, transport, énergie… Dans le cadre des activités économiques, des études de vulnérabilité pourront être réalisées en s’appuyant sur la TRACC.

Une trajectoire construite sur les projections scientifiques

Pour la France métropolitaine et la Corse, le réchauffement anticipé par ce document est de 2 °C en 2030, 2,7 °C en 2050 et donc de 4 °C à l’horizon 2100. Du côté des DROM, les hausses seront moins importantes : la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Martin s'attendent à +1,4 °C en 2030, +1,9 °C en 2050, et +2,7 °C à l'horizon 2100. Même constat pour La Réunion (+2,9 °C à l'horizon 2100), Mayotte (+3 °C) et la Guyane (+3,5 °C).

Ces trajectoires s'appuient sur les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), ainsi que ceux des chercheurs français et de Météo-France. La TRACC prend donc en compte les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi que les engagements des États dans le cadre de l'Accord de Paris. Elle sera révisée à échéance régulière en fonction du niveau de réchauffement mondial atteint.

"L'Europe se réchauffe deux fois plus vite"

Si la TRACC représente une avancée dans l'adaptation de notre quotidien en prévision du réchauffement climatique, les données montrent une tendance en Europe : "Depuis les années 1980, l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui en fait le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre", indique Copernicus. Perte des surfaces enneigées, circulation atmosphérique, désertification… De nombreux facteurs font que le Vieux continent, et donc la France métropolitaine, voient leur température grimper à toute vitesse.

Les DROM sont bien moins impactés car les grandes quantités d’eau permettent de ralentir le réchauffement : "L'océan utilise une partie de l'énergie via l'évaporation de l'eau et non sous forme de hausse des températures.", explique Aurélien Ribes, chercheur au Centre national de recherche météorologique. Néanmoins, les pays européens conserveront des conditions de vie relativement favorables grâce à des températures plus modérées et à des capacités d’adaptation importantes.