59 % des Français interrogés ont confiance en les médias traditionnels pour s’informer sur la crise climatique, selon une étude de la Fondation Descartes.
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Climat

Climat : ce que les Français attendent des médias

Réchauffement climatique, catastrophes naturelles, canicules… Les médias s’emparent depuis plusieurs années des problématiques environnementales. Pour autant, les Français demeurent mal informés sur le sujet, selon la dernière étude de la Fondation Descartes. En creux, une question centrale se pose : les médias répondent-ils vraiment aux attentes du public en matière d’information climatique ?

Alors que la France enregistre l'une de ses années les plus chaudes en 2025, la population croit de moins en moins au réchauffement climatique. C’est le constat d'une étude menée par le directeur de la Fondation Descartes, Laurent Cordonier, publiée en ce début d’année. Pendant que les scientifiques s’accordent sur l'impact des activités anthropiques sur la crise climatique, 9,2 % des personnes interrogées nient l'existence du dérèglement climatique. 

Les Français sont également moins nombreux en 2025 qu’en 2022 à considérer que le réchauffement climatique est essentiellement le résultat de l'activité humaine (48,8 % en 2025 contre 54,9 % en 2022). Pourtant, le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) rappelle que les activités humaines sont responsables, "sans équivoque", du réchauffement global de la planète.

Des médias qui ne remplissent pas leur fonction d'information

Dans ce contexte, les journalistes jouent un rôle important dans la sensibilisation au réchauffement climatique. Ils ont ainsi un rôle clé pour expliquer l’origine humaine de la crise climatique et rendre lisibles les pistes de solution. Pour autant, cette tâche ne suffit pas, selon le docteur en sciences sociales et auteur de l'étude : "La couverture médiatique du climat ne remplit visiblement pas pleinement sa fonction d'information du public". 

En dépit d’une information jugée donc lacunaire, la perception du travail des médias apparaît moins négative qu’il y a trois ans. Si les scientifiques restent les sources les plus fiables aux yeux du public (70,5 % de confiance en 2025), les médias traditionnels s’en sortent également très bien : 59 % des personnes interrogées ont confiance en ces entreprises de presse. Le gouvernement (23,2 %) et les réseaux sociaux (19,1 %) peinent à convaincre de leur côté. 

Parler "plus" et "mieux" du sujet 

Les journaux, radios et chaînes de télévision représentent dès lors des canaux de diffusion importants pour les problématiques environnementales. Signe que les médias s’emparent de la question climatique, les Français sont nettement moins nombreux à penser que les médias ne parlent pas assez de l'environnement (27,2 % en 2025 contre 42,3 % en 2022). 

Du fait des nombreuses catastrophes climatiques et des températures extrêmes, les journalistes abordent de plus en plus les changements climatiques. Mais, selon l'étude, les Français interrogés sont critiques du traitement médiatique : "Anxiogène", "catastrophiste", "émotionnel"… La population relève un manque de pédagogie (55,9 %), d'informations concrètes (57,4 %) et surtout d'orientation vers des solutions (64,7 %).

"Il faut parler non seulement plus du sujet, mais mieux : informer davantage par la connaissance scientifique, orienter davantage vers les solutions. C’est non seulement un attendu de la population, mais c’est aussi un moyen d'éviter une forme de découragement des Français sur le sujet", conclut le directeur de la Fondation Descartes.