Les assureurs redoutent les épisodes d'intempéries et de crues comme celui en cours en ce moment dans l'Ouest de la France.
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Climat

Les crues, un phénomène redouté par les assureurs

Coûts importants, fragilisation des habitations... Les assureurs redoutent les épisodes d'intempéries et de crues comme celui en cours en ce moment dans l'Ouest de la France, dans le sillage de la tempête Nils.

La présidente de France Assureurs Florence Lustman a annoncé mardi le lancement d'une "mission de reconnaissance commune", un dispositif rare destiné à "accélérer les indemnisations dans les zones" touchées par les crues "les plus difficilement accessibles". Deux assureurs mutualistes, la Macif d'un côté et le groupe Covéa (Maaf, MMA, GMF) de l'autre, avaient annoncé dès vendredi plusieurs mesures dont l'extension du délai de déclaration pour leurs assurés, de 5 à 30 jours.

Que faire en cas d'inondation?

Avant même de penser à l'assurance, le premier réflexe en cas de crue est de s'informer de l'évolution de la situation auprès du service de prévention Vigicrues et de sa mairie. Marie Corbineau, responsable chez L'olivier Assurance, conseille également de prévoir un kit d'urgence (vêtements, nourriture, lampe de poche, couvertures, chargeurs) et de mettre à l'abri ou en hauteur les objets de valeur (sentimentale ou financière) ainsi que les documents importants. Il est vivement déconseillé par les assureurs d'utiliser son véhicule pendant l'épisode de crue.

Chaque assuré doit ensuite faire une déclaration de sinistres à son assureur, qui pourra mandater un expert. En attendant son passage, les assurés sont invités à prendre des photos et à dresser la liste des biens endommagés, en étayant leur dossier de factures par exemple. Il est important de ne rien jeter et de ne pas engager de travaux de réparation avant le passage d'un expert. Concernant les intempéries commencées la semaine dernière, incluant la tempête Nils, le groupe Covéa comptait à lui seul 35 000 sinistres lundi soir, quand la Maif en dénombre autour de 20 000 et Macif 15 000. Ils concernent principalement l'assurance multirisques habitation (MRH).

Mon contrat me couvre-t-il ?

Pour les inondations, oui. "Tous les contrats d'assurance de biens (multirisques habitation, multirisques entreprise...) comportent obligatoirement une garantie catastrophes naturelles", souligne France Assureurs sur son site internet. Les habitations touchées peuvent en revanche être inhabitables plusieurs mois, préviennent les assureurs, notamment à cause du temps de séchage des murs. En revanche, les tempêtes comme Nils, qui a traversé la moitié sud de la France la semaine dernière, ne rentrent pas obligatoirement dans le champ des catastrophes naturelles, cela dépend de leur intensité.

"Il est très rare que les tempêtes fassent l'objet d'arrêtés catastrophe naturelle", souligne Mme Corbineau. Les assurés seront alors couverts par leur garantie événements climatiques (tempête, grêle, neige). La différence est essentiellement pour les assureurs, qui ne pourront pas s'appuyer sur le régime "catnat", un partenariat public-privé en vigueur depuis 1982, et qui vont par conséquent faire face à un coût plus important.

Combien vont coûter les dégâts de la tempête Nils ?

Cher. La tempête Nils dans son ensemble est "un événement de grande ampleur (...), parmi les plus importants de ces dernières années", explique auprès de l'AFP Yann Arnaud, directeur réponses besoins sociétaires à la Macif. La Caisse centrale de réassurance (CCR) a dévoilé mardi une première estimation du coût des dégâts des inondations, toujours en cours dans plusieurs départements: 20 à 30 millions d'euros, concentrés pour le moment dans le Sud-Ouest. Le passage de la tempête Nils la semaine dernière devrait coûter bien plus cher: environ un milliard d'euros, pour quelque 250 000 sinistres (chutes d'arbres, toitures abimées...), selon la même source.

"C'est un événement qui n'est pas terminé", prévient par ailleurs M. Arnaud, qui craint beaucoup "la reprise de la pluie" sur des sols déjà gorgés d’eau. A moyen terme, les épisodes de fortes pluies font davantage travailler les sols, qui se gonflent aujourd'hui et se détendront demain à la prochaine sécheresse, causant des dégâts importants sur les habitations. Que les assureurs auront aussi à assumer. L'Etat a d'ailleurs actualisé ce mois-ci la carte des zones exposées à ce phénomène, dit de retrait-gonflement des argiles (RGA): elles représenteront le 1er juillet 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % actuellement

Avec AFP.