"Quand on est expert pour les assurances, on n’est pas climatosceptiques", affirme Jean-Vincent Raymondis, président de Saretec. "On est même aux premières loges pour voir les dégâts du changement climatique", poursuit-il dans les colonnes de Challenges.
Un constat qui a conduit plusieurs acteurs du secteur à s’unir. D’un côté, des assureurs, Generali, MAIF et Société Générale Assurances. De l’autre, des spécialistes de l’expertise et de l’ingénierie des risques, Saretec et Sixense. Ensemble, ils ont lancé Geoya.
Cette alliance repose sur un diagnostic partagé : la multiplication des sinistres liés au changement climatique fait peser un risque croissant sur l’équilibre économique du secteur de l’assurance.
À mesure que sécheresses, inondations ou tempêtes gagnent en fréquence et en intensité, le modèle assurantiel est mis sous tension par des indemnisations toujours plus lourdes. C’est dans ce contexte que s’inscrit la création de Geoya, avec une ambition claire : agir en amont des catastrophes, plutôt que d’en gérer uniquement les conséquences.
1 euro investi en prévention permet d’éviter jusqu’à 8 euros de dommages.
La coentreprise propose une gamme de diagnostics, d’outils et de services destinés aux particuliers comme aux professionnels, afin de limiter l’exposition aux risques climatiques et réduire l’ampleur des dommages futurs. "Nous voulons intervenir avant le sinistre, pour en réduire le coût et mieux protéger nos clients", résume Hélène N’Diaye, de MAIF.
"On arrive aux limites du système"
Une réalité que confirment déjà les chiffres. Les catastrophes climatiques sont de plus en plus nombreuses et causent des dégâts majeurs. Selon l’ONG Christian Aid, les dix cataclysmes les plus coûteux de 2025 ont provoqué 122 milliards de dollars (103 milliards d’euros) de dégâts. Un coût majeur, mais qui reste inférieur aux 200 milliards de dollars enregistrés en 2024.
Rien qu’en France, les montants des indemnités liées aux sinistres climatiques représentent 7,16 milliards d’euros par an sur la période 2022-2024. Une tendance à la hausse qui conduit la Caisse centrale de réassurance (CCR) à augmenter les cotisations de 12 % à 20 %.
"On arrive aux limites du système, on ne peut pas tout répercuter sur les clients", déplore Régis Lemarchand, directeur général délégué de Generali France. Pour redresser la barre, les assureurs misent donc sur l'adaptation pour préserver un système qui n’avait étonnamment pas prévu le désastre des changements climatiques. Hélène N’Diaye soutient que "1 euro investi en prévention permet d’éviter jusqu’à 8 euros de dommages", de quoi limiter la casse en attendant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
