Sege Zaka a indiqué être la cible de "menaces de mort" ce mercredi 31 décembre.
©MAGALI COHEN/HANS LUCAS/HANS LUCAS VIA AFP
Société

Parler du climat au prix de sa sécurité, le combat de Serge Zaka

Le docteur en agroclimatologie a indiqué être la cible de "menaces de mort" ce mercredi 31 décembre. Ses prises de parole sur l’impact du réchauffement climatique via les réseaux sociaux ont déclenché une vague d’hostilité à son encontre.

Le spécialiste du climat et chasseur d’orages au chapeau de cow-boy, Serge Zaka, a annoncé avoir été placé sous protection policière. Au micro d’ICI Hérault (anciennement France Bleu), il évoque les conséquences de ces discours engagés : "En 2025, pour pouvoir parler du climat, il faut être protégé suite aux nombreuses menaces de mort que je reçois." Suivi par plus de 107 000 personnes sur X et plus de 35 000 sur Instagram, celui qui n’aime pas se faire appeler "influenceur" alerte depuis plusieurs années quant aux effets du changement climatique sur la production agricole.

[La haine] peut être parfois guidée par certaines entreprises qui ont des intérêts dans la finance des énergies fossiles. Le but étant d’intimider nos scientifiques pour les faire taire.

"Je suis juste un scientifique qui prend la parole, un scientifique engagé", affirme-t-il. Mais son engagement n’est pas sans conséquence sur sa sécurité et celle de sa famille. Ce n’est pas la première fois que l’homme de 35 ans évoque les répercussions de son travail sur sa vie privée. Cet été, il révélait déjà recevoir "des incitations au suicide, des appels au meurtre, mais également du racisme, parce [qu’il est] libanais". Cette situation semble être répandue dans la sphère des lanceurs d’alerte depuis le développement des réseaux sociaux. 

Monnaie courante pour les défenseurs du climat

Au micro d’RTS, il explique que cette haine est un moyen de pression : "Elle peut être parfois guidée par certaines entreprises qui ont des intérêts dans la finance des énergies fossiles. Le but étant d’intimider nos scientifiques pour les faire taire." Divulgation de données personnelles, cyberattaques, menaces… C’est le quotidien de nombreux chercheurs et activistes qui alertent sur le danger du dérèglement climatique. Selon une enquête publiée par l’ONG Global Witness en 2024, plus de 90 % des défenseurs de l’environnement et du climat sont victimes de violences en ligne.

Les plateformes du groupe Méta (Instagram, Facebook et WhatsApp) sont les plus propices à ces menaces. Deux tiers des 204 activistes interrogés déclarent avoir peur pour leur sécurité et seulement 13 % affirment être satisfaits de la réponse des plateformes après avoir rapporté le problème. Si les scientifiques et lanceurs d’alerte jouent un rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique, ce rapport alerte sur la démobilisation que ces menaces peuvent occasionner. Malgré cela, Serge Zaka ne souhaite pas arrêter son engagement : "Plus ils nous intimident, plus on fait front. Il en va de l’avenir de nos enfants."