COVID-19, dengue, tuberculose, grippe… Les maladies infectieuses sont aggravées par le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Selon trois chercheurs suisses en pédiatrie, les enfants figurent parmi les populations les plus exposées : "Les changements climatiques représentent un danger croissant pour les systèmes biologiques partout dans le monde et influencent la transmission de maladies infectieuses."
Dans leur rapport publié en décembre 2025, ils appellent à un renforcement du contrôle des infections dans le système de santé. Depuis 2018, les maladies vectorielles ont connu une croissance significative et l’organisation sanitaire peine à répondre. "On a eu l'an dernier un record de transmission locale en France de dengue, de chikungunya", affirme Kévin Jean, épidémiologiste à France Inter. Il devient alors nécessaire de comprendre par quels mécanismes le dérèglement climatique impacte leur propagation.
"Un problème de santé publique"
Alors que les scientifiques observent un boom des maladies infectieuses, l’origine de cette propagation est multifactorielle : "Les variations de température, d’humidité et de la qualité de l’air ainsi que des événements climatiques extrêmes influencent la propagation de maladies des voies respiratoires comme le VRS et la grippe saisonnière", affirment les chercheurs suisses. Mais ce n’est pas tout, puisque les mouvements de populations forcés par le réchauffement climatique favorisent la contagion des virus.
Kévin Jean, chercheur au département de biologie de l’ENS, alerte sur la gravité de la situation : "On n'est plus sur quelque chose d'anecdotique, on est sur un problème de santé publique". Mais le scientifique n’est pas très optimiste quant à notre avenir en matière de santé : "on s'attend à ce que tous ces effets augmentent, tant qu'on ne s'attaque pas à la source du problème", déplore-t-il.
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Manque de ressources pour anticiper
Si le lien entre les changements climatiques et la propagation des maladies infectieuses est établi, le manque de recherches autour de ce sujet limite notre capacité à anticiper le danger. La faible réaction politique est accompagnée d’un retard scientifique selon un article publié par des chercheurs de l’Université de Hunan (Chine). L’étude s’intéresse aux publications scientifiques qui font référence à ce lien entre crise climatique et maladies infectieuses.
Le constat est inquiétant : la littérature scientifique anglophone a connu une transformation importante avec un fort intérêt pour cette problématique. Au contraire, du côté de la Chine (premier pays en nombre de publications scientifiques), les publications ne prennent pas la même direction. "Les traditions académiques et les orientations de recherche distinctes" mènent à cette différence d’orientation des sujets d’étude. Face à l’accélération du réchauffement climatique, les chercheurs appellent à une mobilisation accrue pour prévenir de futures crises sanitaires.