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Environnement

Jour du dérèglement : la France est désormais à découvert climatique pour le reste de l'année

Le 5 mars 2020, la France est en "dette climatique" jusqu'à la fin de l'année.
©Elquest/Shutterstock

À compter de ce jeudi 5 mars 2020, la France est en dette climatique jusqu'à la fin de l'année. Selon une étude de Carbone 4, le pays a atteint en deux mois son "jour du dérèglement", dépassant son plafond d’émissions de CO2 "autorisées" pour parvenir à l'objectif de neutralité carbone en 2050.

Après le jour du dépassement, voici le jour du dérèglement. À compter de ce 5 mars 2020, l'Hexagone est désormais en dette climatique jusqu'à la fin de l'année, puisqu'elle a dépassé son "plafond" d'émissions annuelles par rapport à son objectif de neutralité carbone. En deux mois, la France a grillé ses cartouches, émettant plus de CO2 qu'elle n'est en capacité de rejeter. Selon les projections du cabinet indépendant Carbone 4, le pays devrait émettre cette année quelque 450 millions de tonnes d'équivalent CO2, soit cinq fois plus que son plafond annuel de 2050, fixé à 80 millions. 

En retard sur ses propres objectifs, des chiffres appuyés sur les textes d'Etat

80 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an d'ici le demi-siècle, c'est l'objectif mis sur papier dans le cadre de la loi énergie-climat, conformément à l'accord de Paris pour atteindre la neutralité carbone. En effet, selon le gouvernement, c'est à ce niveau que se situeront les capacités d'absorption de CO2 maximales du pays. 

Or, à ce rythme, la France ne pourra atteindre ce scénario qu'en 2085, d'après l'étude commandée par les organisateurs de l'Affaire du siècle. Pour connaître la date du dérèglement, Carbone 4 s'est basé sur les chiffres avancés par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), feuille de route de la politique climatique du pays. L'objectif des 80 millions de tonnes de CO2 a ensuite été comparé avec l'estimation des émissions de 2020, "réalisée en appliquant aux émissions de 2017 le taux moyen de baisse annuelle sur la période 2011-2017 (dernière année pour laquelle des données officielles corrigées des variations climatiques sont disponibles)", précise Greenpeace - parmi les commanditaires de l'étude - dans son communiqué. Suivant l'objectif fixé par la SNBC, les calculs excluent toutefois les émissions liées au transport maritime et aérien, de même que les émissions dites "importées" - c'est-à-dire celles qui entrent sur le territoire via les produits importés.

En juin dernier, un rapport du Haut conseil pour le climat avait rappelé le pays à ses responsabilités, jugeant les efforts mis en place comme "insuffisants" pour les prochaines décennies. Le gouvernement avait alors révisé le texte de la SNBC pour augmenter ses plafonds d'émissions prévus entre 2019 et 2023, relève Le Monde. Autrement dit, le pays s'autorise donc un crédit supplémentaire à court terme, qui l'obligera à redoubler d'efforts les années suivantes s'il veut s'en tenir à ce scénario de neutralité carbone en 2050.

Le gouvernement est "encore loin de respecter ses propres lois", juge Greenpeace. Les membres de L'Affaire du Siècle "se mobilisent pour obliger l’État à tracer dès maintenant la voie de la neutralité carbone, pour qu’en 2050, le jour du dérèglement tombe un 31 décembre".

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