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jour du dépassement

29 juillet 2019, le monde vit à crédit jusqu’à la fin de l’année

©Vadim Sadovski/Shutterstock

Aujourd'hui, 29 juillet 2019, nous avons consommé la totalité de nos ressources pour l'année 2019 et vivons désormais à crédit sur la planète.

Le 1er août 2018, nous avions épuisé la totalité des ressources naturelles disponibles sur l’année. En 2019, nous avons trois jours d'avance par rapport à l'an passé et vivons désormais à crédit, dès ce 29 juillet.

Chaque année, l'institut de recherche international du Global Footprint Network calcule le jour mondial du dépassement, date à laquelle la Terre n'est plus en capacité de régénérer les ressources nécessaires à la consommation humaine pour le reste de l'année. 

Un déficit de plus en plus tôt chaque année 

Concrètement, le Global Footprint Network calcule cette date grâce à la mise en relation de deux indicateurs : l’empreinte écologique de l’humanité et la biocapacité de la planète. Les données du Global Carbon Project, actualisées chaque année, permettent de fixer la date annuelle du déficit de la Terre : depuis le début des années 70, celui-ci s'accroît de manière remarquable. Le jour du dépassement mondial tombe alors de plus en plus tôt dans le calendrier. 

Au rythme de consommation de l'année 2019, les experts estiment que nous aurions besoin de l'équivalent d'1,7 planète pour satisfaire nos besoins actuels, sans pénaliser les générations futures.

Trois questions à Erwann Fangeat - Coordinateur à l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME)

  • Pourquoi calcule-t-on chaque année la date du jour du dépassement ? 

"L’observation de plusieurs indicateurs (la pêche, les terres cultivées, les pâturages, les forêts, la capacité d’absorption du CO2…) permet à l’ONG Global Footprint Network de noter notre empreinte écologique et la biocapacité de la planète à se régénérer. Ces données marquantes interpellent les gens et c’est l’objectif recherché. L’intérêt est bien de sensibiliser le public sur nos modes de consommation et sur la question des ressources avec un message clair : nous avons dépassé les limites et nous mettons en péril les besoins des générations futures."

  • Comment expliquer qu’il arrive de plus en plus tôt chaque année ? 

"Nous consommons de plus en plus et émettons de plus en plus de CO2. Cette journée met en lumière notre consommation effrénée des matières et notamment de métaux stratégiques. Actuellement, nous consommons 85 milliards de tonnes de matières et si nous ne changeons rien, en 2050, nous passerons à 183 milliards de tonnes, toutes matières confondues. Des métaux pourraient ainsi arriver en situation de pénurie d’ici quelques années."

  • Comment le faire reculer ? 

"Nous devons consommer différemment : basculer d’une économie linéaire - on extrait de la matière, on fabrique, on consomme et on jette - vers une économie circulaire : on extrait en limitant autant que possible les pollutions, on fabrique des équipements éco-conçus et qui ont un impact environnemental moindre, on partage plus, on réemploie, on répare plus, on allonge la durée de vie des produits et on recycle ceux en fin de vie pour ensuite remettre des matières premières dans les circuits de fabrication. Nous pouvons retrouver une manière de vivre plus durable. C’est à notre portée."

Propos recueillis par Priscillia Gaudan.

En partenariat avec l'ADEME. 

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