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Environnement

Jardinez au naturel en six étapes !

©Syda Productions/Shutterstock

Les Français aiment jardiner ! Notre pays compte plus de 17 millions de jardiniers amateurs et ce nombre ne cesse d’augmenter. Même en pleine ville : terrasses, balcons, rebords de fenêtres, tout est bon à planter. Alors mettre les mains dans la terre, c’est bien, mais le faire de manière écoresponsable, c’est mieux ! Voici comment sauter le pas, en six étapes simples.

"Il faut cultiver notre jardin", disait Voltaire. Oui, mais pas n’importe comment, et les jardiniers l’ont bien compris ! Entre 2009 et 2013, l’utilisation de pesticides dans les zones non agricoles a baissé de 3,4 %. La loi Labbé s’inscrit dans cette lancée, et interdit depuis le 1er janvier 2019 la vente, l’usage et la détention de produits phytosanitaires de synthèse par les particuliers. Mais attention, il faut ramener vos pesticides en déchetterie ou en points de collecte, afin d’éviter de polluer les sols et les cours d’eau. Cette loi s’applique déjà aux collectivités locales depuis 2017. Dans les jardins, publics et privés, place à la nature sans produits chimiques !

Pour se conformer à cette loi, les solutions ne manquent pas. Cela nécessite simplement quelques connaissances, et un peu d’huile de coude. Suivez le guide :

1. Connaître la nature de son sol

© Gabriel Jimenez / Unsplash

Tout d’abord, il faut bien connaître son sol. Support de vos plantes, mais surtout milieu vivant à part entière, il en existe trois grands types :

  • Argileux (lourd) : Difficile à travailler, il retient bien l’eau et les minéraux, mais il s’engorge vite et empêche un enracinement profond des racines. Conseil : ajoutez de la matière organique (compost) pour l’enrichir et le rendre plus meuble.
  • Limoneux (riche) : Très fertile, il est facile à travailler mais développe une croute en surface sous l’effet de la pluie et des arrosages. Conseil : plantez-y des végétaux toute l’année, même l’hiver, pour qu’il ne s’imperméabilise pas.
  • Sableux (léger) : Sans cohésion, perméable à l’air et à l’eau, il retient mal l’eau et les minéraux. Conseil : utilisez fréquemment des amendements pour le garder fertile.

Vous pouvez déterminer la nature de votre sol avec un test simple : prenez une poignée de terre au creux de votre paume, et malaxez-la jusqu’à obtenir une petite boule de terre. Si elle est souple et malléable, votre terre est argileuse. Si elle est friable et se défait facilement, votre terre est limoneuse. Si vous n’arrivez pas à faire de boule car la terre se délite, votre sol est sableux. Pour les plus courageux, vous pouvez estimer la texture de votre sol de manière plus précise ici.

Il est aussi important de déterminer le pH du sol, qui correspond à la capacité du sol à absorber les nutriments. L’échelle du pH va de 1 à 14. En dessous de 7, il est dit "acide", au-dessus de 7, il est dit "alcalin". Le pH neutre est situé à 7, c’est ce vers quoi il faut tendre pour convenir à un maximum de plantations. Aucun sol n’est parfait, le tout est de savoir les équilibrer pour compléter ce qui leur manque. Par exemple, ajouter de la chaux si vous avez un sol trop acide, ou de la tourbe si vous avez un sol trop calcaire.

En fonction de tous ces éléments, vous pourrez déterminer quelles plantes s’épanouiront le mieux selon votre sol, en demandant conseil dans une jardinerie, ou en faisant une recherche personnalisée, ici par exemple.

2. Utiliser du compost

©Evan Lorne/Shutterstock

Pour enrichir votre sol de matière organique, qui apportera des nutriments nécessaires à un bon développement, misez sur le compost ! Faire son propre compost est très simple : il suffit le suivre le guide de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME).

Pour réussir ce « terreau maison », réunissez vos déchets dans un bac ou dans un coin de votre jardin, et laissez les micro-organismes (bactéries, champignons) et les insectes les décomposer pour vous. Mais attention, on ne jette pas tous les types de déchets au compost !

  • Déchets organiques de cuisine : oui ! Épluchures, coquilles d’œufs (avec parcimonie et à concasser), sachets de thé et marc de café.… Tout est bon à composter, sauf les matières grasses et les laitages, l’ail et les os. Attention aux idées reçues : les peaux d’agrumes se compostent !
  • Déchets de jardin : oui ! Jetez au compost les feuilles mortes, la pelouse tondue, les mauvaises herbes, les branches et autres végétaux (coupés ou broyés), mais attention, pas de bois traité, de charbon de bois ou de végétaux malades.
  • Déchets divers : oui mais pas tout ! Vous ne pouvez jeter que les cendres de bois (froides), la sciure et copeaux de bois, les serviettes et mouchoirs en papier, le papier et carton non imprimé.

Comment savoir si mon compost est prêt à être utilisé ? Au bout d’au minimum deux mois, une partie du compost est devenue d’aspect homogène, de couleur sombre, avec une odeur de forêt et une texture grumeleuse. Vous pouvez alors l’incorporer à votre terre. Pour connaître le bon moment et le bon endroit, rendez-vous en page 16 du guide de l’ADEME. Vous pouvez aussi préparer vos propres engrais verts grâce au site jardiner-autrement.fr. Lancé conjointement par le ministère de l’Environnement et la Société Nationale d’Horticulture de France, il regorge de conseils pour vous accompagner à la mise en place d’un jardinage raisonné. Si vous préférez acheter des engrais, vérifiez qu’ils soient naturels qu’ils portent l’Écolabel européen.

3. Réduire sa consommation d’eau

©Chayatorn Laorattanavech/Shutterstock

Pour arroser votre jardin, misez sur l’eau de pluie grâce à un réservoir. C’est gratuit et cela évite de sur-utiliser l’eau de ville ! Elle est aussi réputée meilleure pour le jardin car elle ne contient ni chlore ni calcaire, cela ne modifiera donc pas la nature de votre sol. Bonus : réutiliser certaines eaux de cuisson (non salée et froide) de légumes bio pour arroser vos plantes, cela leur apportera des minéraux supplémentaires.

Pensez aussi à arroser au bon moment, tôt le matin ou le soir, afin de limiter l’évaporation de l’eau. Pas besoin d’en verser des litres tous les jours : n’arrosez que si la terre est sèche et vérifiez la quantité d’eau dont ont besoin vos plantes en fonction de leur espèce.

Autre astuce : pailler ! Disposez des déchets végétaux (tonte de pelouse, branchages broyés, résidus d’élagage…) autour de vos plantes permet de garder l’humidité du sol, et donc de moins arroser. Il permet aussi d’améliorer la structure de votre sol en augmentant son taux d’humus, et d’abriter des insectes bénéfiques au jardin. Pour tout savoir du paillage, rendez-vous sur le site l’ADEME, ou à la page 19 de leur guide.

4. Inviter la biodiversité dans son jardin

©tektur/Shutterstock

Pour un jardin écoresponsable, dites oui à la nature et oubliez l’herbe parfaite ! Le temps où l’on aspergeait plantes et gazon de produits chimiques pour tuer les insectes et les mauvaises herbes est révolu. Il s’agit maintenant de rétablir un équilibre naturel. Pour y arriver, différentes possibilités s’offrent à vous, et elles peuvent bien sûr être combinées. 

  • Laisser une partie de votre jardin "au naturel", sans aucune intervention, afin de recréer un écosystème.
  • Se renseigner sur les bonnes associations de plantes, afin qu’elles se protègent mutuellement des nuisibles. Si vous êtes envahis de mauvaises herbes, les eaux de cuisson des pommes de terre, riz ou pâtes, qui contiennent de l’amidon, sont un très bon désherbant.
  • Semer des fleurs mellifères pour aider les abeilles et installer des cabanes à oiseaux et/ou à insectes dans votre jardin.
  • Favoriser la présence des prédateurs naturels pour limiter l’impact des nuisibles. Les insectes et animaux "auxiliaires" du jardinier sont nombreux ! Par exemple, les coccinelles empêcheront les pucerons de dévorer vos rosiers, et les hérissons sont de formidables alliés pour grignoter limaces, escargots et autres chenilles.
© Alexas Fotos / Pixabay

Protégez les hérissons !

Ces adorables frimousses pourraient disparaître d’ici 2025 si nous ne faisons rien. Aidez-les à survivre en bannissant les produits chimiques de vos jardins, en installant des haies, en laissant une planche de bois à moitié immergée dans vos bassins ou piscine afin qu’ils puissent s’y agripper et remonter, faites des trous (10 cm environ) dans le bas des grillages qui vous séparent de vos voisins pour qu’ils puissent circuler… Et surtout, les gestes à éviter : déranger une famille de hérissons dans son nid, réveiller un hérisson pendant son hibernation, toucher des hérissons à main nue (surtout les bébés, si vous laissez votre odeur leur mère les abandonnera), disposer du pain ou du lait dans le jardin (ils y sont intolérants). Plus de renseignements sur le site de la LPO.

5. Privilégiez les traitements bio

© Commission Européenne

Si vos plantes tombent malades, utilisez en priorité des traitements biologiques, afin de limiter votre impact sur l’environnement. Et surtout, observez régulièrement vos plantes avant d’opter pour un traitement curatif ! Si vous remarquez un problème rapidement, il sera plus facile d’agir. Parfois, ce sont des maladies qui nécessiteront un traitement, mais il s’agit le plus souvent d’un déséquilibre facile à régler : manque ou trop-plein d’arrosage, insectes ravageurs qui peuvent être éloignés grâce à des insectes auxiliaires… Le site jardiner-autrement vous aide à déterminer qui est le coupable !

6. Ne pas brûler ses déchets verts

La combustion des "déchets verts" est très néfaste pour la santé et l'environnement.
© egschiller / Shutterstock

Non seulement cela pollue, mais en plus c’est interdit ! Au contraire, il existe plein d’alternatives pour les utiliser dans le jardin. Et si vous n’en voulez vraiment pas, vous pouvez les jeter dans la poubelle dédiée aux déchets verts (se renseigner sur le ramassage auprès de sa commune).

Et voilà, vous êtes prêts à jardiner en mode éco-responsable !

En partenariat avec l'ADEME.

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