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Entreprises

Confinement : le télétravail à l'épreuve d'un contexte inédit

Le télétravail, "ç'a été le baptême du feu"; "mon nomadisme a disparu"; avec les enfants à la maison, "il a fallu s'organiser": le confinement a bouleversé les habitudes des salariés, nouveaux ou anciens adeptes du télétravail, dans un contexte inédit et anxiogène.

"La situation est inusuelle, chacun s'adapte", résume Gérard Mardiné de la CFE-CGC, le syndicat des cadres. Les entreprises "où ça se passe le mieux" sont celles "où le télétravail se pratiquait déjà une à deux fois par semaine", indique-t-il, en rappelant qu'"il faut des outils informatiques adaptés et sécurisés".

Bousculées par les décisions du gouvernement pour freiner l'épidémie de coronavirus, certaines entreprises ont dû "improviser le télétravail", souligne François Cochet du cabinet Secafi, qui conseille les représentants du personnel. Des salariés "y étaient préparés, d'autres pas du tout. De nombreux managers ont dû diriger leurs équipes à distance et ce, bien souvent, pour la première fois", remarque Cécile Dejoux, professeure au Cnam, spécialiste du management.

Parmi les actifs dotés d'un emploi, un Français sur quatre (24%) télétravaillait à la fin mars - jusqu'à quatre Franciliens sur dix (41%) -, selon un sondage Odoxa paru jeudi. "Nettement moins développée" avant la crise sanitaire, "la pratique du télétravail explose", note Gaël Sliman de l'institut Odoxa. Un télétravail cloîtré qui "n'est pas forcément synonyme de bien-être lorsque vous êtes confiné dans un appartement de 50 m2 au coeur d'une grande métropole", relève Eric Goata du cabinet Eléas, expert en qualité de vie au travail.

"C'est un télétravail contraint et dégradé, parfois expérimenté pour la toute première fois" et "beaucoup doivent concilier ce mode de travail avec la garde d'enfants ou de proches plus âgés", renchérit la Fondation Travailler autrement.

"Télétravailler debout" 

Cadre chez Renault, Jeanne (prénom modifié) n'est pas une novice en télétravail: elle y recourt depuis onze ans, un jour ou deux par semaine. Avec le confinement, "la différence, c'est que toute la famille télétravaille en même temps, mon mari, mes enfants et moi. La difficulté, c'est plutôt d'avoir les enfants", âgés de 10 et 7 ans, mais "ils comprennent bien le besoin de silence", raconte-t-elle.

Dans sa maison avec jardin, "il a fallu organiser l'espace de travail de chacun. On a testé plusieurs techniques". "Je le vis plutôt bien car j'ai l'habitude de travailler à distance et mon lieu de vie se prête très bien à l'exercice", se réjouit-elle. Pour les enfants, "on aménage des moments où ils sont en autonomie et des moments de partage. C'est plutôt serein".

Télétravailleur aguerri, Emmanuel Torlasco a vu le confinement signer la fin d'un "nomadisme appréciable". Souvent en déplacement pour son poste de secrétaire général de l'Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction) Pays de la Loire, "en temps normal", il ne passe que "deux jours par semaine au bureau" et télétravaille chez lui, "dans le train, chez un adhérent ou même au bistrot".

A Basse-Goulaine, près de Nantes, ses "conditions de confinement ne sont pas les plus intolérables" dans sa maison avec jardin. Mais "la connexion internet n'est pas toujours optimale pour les visioconférences" et "rester au même endroit, ça perturbe". Directrice éditoriale, Caroline Ast a vécu à la mi-mars son "baptême du feu" en télétravail, comme tous ses collègues des éditions Belfond, où "personne ne télétravaillait avant".

"Les deux premières semaines, c'était la folie, avec le stress qui se rajoutait. J'avais du mal à séparer le travail et la vie personnelle. Je travaillais beaucoup plus, avec des appels tout le temps. Les gens avaient besoin de contacts." Dans son appartement parisien, elle "télétravaille debout", l'ordinateur posé "sur le plan de travail de la cuisine". "C'est ce que j'ai trouvé de mieux. Sinon, j'ai mal au dos, l'impression de ne pas être alerte."

"On s'est adapté. Des outils informatiques pas forcément nécessaires quand on pouvait se parler de bureau à bureau trouvent leur utilité à distance pour maintenir le lien social." Et "on a vu apparaître des messages comme +aujourd'hui, je vais au ravitaillement, j'angoisse un peu...+"

Avec AFP.

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