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Seconde main à Noël : "Ce qui compte ce n’est pas le cadeau, c’est l’intention"

Pierre Galio, chef du service consommation responsable à l’ADEME.
©DR/ADEME

Les fêtes de Noël engendrent un pic de consommation chaque année, notamment pour l’achat de cadeaux. Mais l'impact environnemental lié à leur fabrication et leur transport pousse de plus en plus de Français à offrir des cadeaux de seconde main. Pierre Galio, chef du service consommation responsable à l’ADEME, explique les intérêts de cette démarche.

Avec les fêtes de Noël qui approchent, les commandes de cadeaux sont en pleine effervescence. Cependant, cette période est également marquée par une empreinte environnementale conséquente. L’ADEME estime par exemple que 20 000 tonnes de papier cadeau sont consommées chaque année à cette période. 

Face à l’ampleur de ce phénomène, les Français envisagent de plus en plus d'offrir des cadeaux de seconde main. ID a rencontré Pierre Galio, chef du service consommation responsable à l’ADEME, pour comprendre les enjeux économiques et culturels qu'ils représentent.

Que représente le marché des cadeaux de noël et leur poids écologique ?

Nous n’avons pas encore de données environnementales sur le sujet des cadeaux en soi. Pour ce qui est des fêtes de Noël, qui incluent en plus des cadeaux les transports ou l’alimentation, c’est un temps fort en matière de chiffre d’affaires. Il est important de rappeler que les principaux impacts environnementaux des produits qui nous entourent sont souvent émis lors des étapes de fabrication. Face à cela, favoriser le réemploi permet d’éviter, ou du moins décaler, la fabrication de produits neufs, et donc leur impact environnemental sur les fêtes de Noël. 

Non seulement l’offre existe, mais elle continue de se développer"

Quelles sont les possibilités d’accéder aux produits de seconde main ? Il doit y avoir une multitude d’offres au regard de nos habitudes de consommation actuelles...

Il existe en effet de nombreuses possibilités d’accéder à des produits de seconde main : les recycleries, les différentes bourses aux jouet, les vide-greniers ou tout simplement les sites internet dont les plus connus permettent d’accéder à une offre illimitée comparée à son besoin réel. Non seulement l’offre existe, mais elle continue de se développer. Il faut avoir ce réflexe de penser à choisir des produits de seconde main ou d’occasion plutôt que neufs.

La seconde main subit plusieurs idées reçues : les objets durent moins longtemps, les cadeaux sont considérés comme "au rabais"...Est-ce le cas ? 

Il y a un paradoxe dans cette logique parce que le but des objets de seconde main c’est d’allonger leur durée de vie en passant d’une main à une autre.

Pour les jouets par exemple, la difficulté réelle est davantage "l’obsolescence" des enfants qui ne veulent plus jouer avec les équipements plutôt que leur durée de vie, hors produits électroniques ou à piles. Les jouets ont une durée de vie souvent très longue, et l’objectif est d’éviter de les multiplier parce qu’on sait que plus les enfants ont de jouets, moins ils passent de temps à développer leur imaginaire.

Malgré tous ces avantages, qu’est-ce qui fait que nous ne voyons toujours pas de généralisation d’offre de cadeaux de seconde main, surtout dans les fêtes de fin d’année ?

Il y a tout d’abord un frein culturel à cette tendance, notamment la peur de la perception de la personne qui va recevoir le cadeau : on craint qu’elle se sente dévalorisée à nos yeux. C’est cet imaginaire collectif qu’il faut avant tout faire évoluer. Ce qui compte ce n’est pas le cadeau, c’est l’intention. On peut même trouver des produits en seconde main que l’on ne trouve pas en neuf. Si on change cette perception, en se concentrant davantage sur le geste que sur le cadeau, on peut dépasser cette perception. 

On peut aussi appliquer cette réflexion pour les emballages cadeaux : on peut très bien réutiliser ceux de l’année d’avant au lieu d’en utiliser des neufs qui vont être déchirés et jetés immédiatement après ouverture. Avec l’Humanité et l’intention qu’on met, on peut avoir un très beau cadeau.

Ensuite, il y a la question du besoin : on peut aussi recueillir le besoin de la personne pour être sûr de ne pas se tromper, et finalement trouver l’objet de seconde main qui va y correspondre.

Il y a également l'enjeu économique : le marché des cadeaux est immense et en acheter permet de créer des emplois. Est-ce une question légitime ?

Dès que l’on parle de démarche de "sobriété", qui consiste à se demander ce dont on a besoin et éviter d’en acheter trop, il est légitime de se demander comment cela impacte l’économie, qui est basée sur la consommation intérieure. 

Il faut quand même se rappeler que la majorité des jouets est importée, et creuse donc la balance commerciale française. À l’inverse, acheter de la seconde main permet de créer des emplois d’insertion et non-délocalisables, comme ceux liés à la réparation des jouets, tout en limitant les impacts environnementaux. 

Le développement de ces boucles de réemploi et de réparation permet de créer de l’emploi et de la valeur locale. On parle désormais beaucoup de la relocalisation de la fabrication, qui peut être très intéressant si on se base sur une approche durable. Mais il ne faut pas croire que le réemploi n’amène pas d’emplois à valeur ajoutée sur le territoire.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Écoutez la chronique Social Lab ici.

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