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"Il faut traquer le plastique à usage unique"

Moïra Tourneur, responsable plaidoyer chez Zero Waste France
© DR

Face au plastique à usage unique et à la pollution qu’il génère, on se demande comment se débarrasser de cet indésirable de notre consommation. Entretien avec Moïra Tourneur, responsable plaidoyer pour l’association Zero Waste France.  

Le plastique nous entoure ; on le retrouve partout, sous différents visages, dans tous les domaines de nos vies. Il est aussi coupable de pollution des océans avec ses 10 millions de déchets qui y sont rejetés chaque année. L’association Zero Waste France milite entre autres pour la réduction du plastique à usage unique. Eclairage de Moïra Tourneur, responsable plaidoyer auprès de l'ONG.

Le plastique est aujourd'hui un sujet primordial pour ceux qui se soucient de leur impact environnemental. Est-ce un phénomène récent ? 

Oui car les problèmes liés au plastique sont, eux aussi, récents. Si à partir des années 1950, on utilisait ce matériau un peu partout, ce n’est que très récemment que l'on s’est rendu compte que le plastique se dégrade, est gourmand en ressources, et a un impact climatique conséquent. Ces dernières années, c’est aussi parce que la production et la consommation de plastique ont explosé, que l’on voit les problèmes qui y sont liés. 

Son recyclage n’est-il pas suffisant pour diminuer son impact sur le climat ? 

Premièrement, il est vrai que le plastique est recyclé mais cela ne représente que 10 % de tout ce qui est produit et consommé avec ce matériau. Deuxièmement, même pour un plastique recyclable, on ne peut récupérer qu’une partie de la matière. Par exemple, pour fabriquer une bouteille d’eau en PET, que l’on sait recycler, il faut tout de même réinjecter du plastique vierge en plus. Le plastique recyclé ne suffit pas ; on entretient donc un cycle de production du plastique infini. 

Le plastique recyclé ne suffit pas : on entretient un cycle de production infini."

Par où commencer pour se débarrasser du plastique dans son quotidien ? 

La première question à se poser est de savoir de quel plastique on parle et pour quels usages ? Un plastique à usage unique et un plastique réutilisable ne posent pas la même problématique. Le processus de fabrication est l'étape qui a l'impact environnemental le plus important, l’enjeu est alors de rentabiliser au maximum cette production. Il vaut donc mieux utiliser un plastique réemployable qu’un plastique à usage unique, qui pollue tout autant mais un usage très limité. 

Le processus de fabrication du plastique est l'étape la plus polluante, l’enjeu est alors de rentabiliser au maximum cette production."

Il faut traquer les plastiques à usage unique. Une gourde peut aisément remplacer une bouteille d’eau en plastique que l’on va certes mettre à recycler, mais qui ne le sera pas forcément. Une autre solution est d’utiliser ses propres emballages, sacs et tupperwares, lorsque l’on va chez son commerçant, plutôt que les emballages plastiques qui nous sont fournis. 

Il y a le plastique à usage unique et les emballages qui sont les deux grands piliers de la consommation courante et il y a le plastique réutilisable. Il ne faut donc pas faire une fixette sur tous les plastiques ?

On ne pourra pas se passer de ce matériau en un claquement de doigt. Alors avoir un tupperware en plastique n’est pas la fin du monde. Le plastique à usage unique va être, dans le meilleur des cas recyclé - mais ce n’est pas une solution pérenne -, et dans le pire des cas, va finir dans un incinérateur ou dans une décharge. Il va alors polluer la nature, les nappes phréatiques, l’air, le climat. Il vaut donc mieux se passer du plastique à usage unique - qui représente 40 % du plastique utilisé, et qui ne se justifie que dans de très rares cas, comme dans le domaine de la santé.  

Une nouvelle disposition législative interdit l’emballage, quand c’est possible, des fruits et légumes : cette mesure va-t-elle dans le bon sens ou n’est-elle qu’un vernis ? 

Oui puisque c’est une mesure visible qui réduit des emballages souvent inutiles, les fruits et légumes étant déjà livrés avec leur emballage naturel. Le souci est qu'elle implique une grande liste d’exemption. C’est compréhensible pour certains cas comme les fruits rouges qui sont plus fragiles, mais d’autres comme les pêches, nectarines, tomates et champignons ont un délai d’un an et demi pour se passer de plastique... Mais c’est l’intention qui compte. Et c’est ce genre de mesure qui, mises bout à bout, participe à changer les comportements des producteurs et consommateurs.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Écoutez la chronique Social Lab ici.

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