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Fin des emballages plastiques : quelles conséquences dans le quotidien des Français ?

©ITTIGallery/Shutterstock

Alors que le plastique a longtemps été valorisé par la grande distribution pour ses services rendus, il est aujourd’hui peu à peu balayé des supermarchés, et des ménages. Interview avec la sociologue Sophie Dubuisson-Quellier, directrice de recherche au CNRS et membre du Haut Conseil pour le climat, qui revient sur l’évolution des comportements des consommateurs vis-à-vis du plastique. 

Dès le 1er janvier 2022, une trentaine de fruits et légumes seront vendus sans plastique dans les supermarchés. De quoi inciter les industriels à repenser leurs modes de production et de distribution, mais aussi encourager les Français à changer leurs habitudes de consommation, et leurs pratiques au quotidien. Eclairage sur ce changement de cap avec la sociologue Sophie Dubuisson-Quellier, qui a notamment mené des travaux sur la consommation engagée

Désormais chassé de toutes parts, le plastique a aussi connu ses heures de gloire au point d'envahir les ménages des Français. Comment s'est-il imposé dans leur quotidien ? 

Dans les années 70-80, le plastique va être valorisé par les industriels et la grande distribution à travers les services qu’il rend aux consommateurs. Ce discours de service rendu est également adossé à la gestion de contraintes logistiques propres à la chaîne de fabrication et de distribution. C'est l'ère du libre-service. Les produits sont manipulés par les consommateurs dans les magasins. Le plastique permet de transporter et d'emballer les produits alimentaires qui sont proposés en petite quantité, comme les compotes, les yaourts, ou encore les tranches de jambon. Le client n’a également plus besoin de se préoccuper de la question de la conservation des aliments. Les dates de péremption sont affichées sur les emballages. 

A partir de quel moment émerge-t-il une critique autour du plastique ?  

Ce basculement opère dans les années 70 avec la critique écologiste qui se développe ensuite dans les années 80, 90, 2000. Portée par des mouvements militants, elle met en évidence les effets néfastes du plastique sur l’environnement tout en s’articulant à une critique de la société de la consommation. Les comportements de l'offre sont ciblés tout comme ceux des consommateurs à qui l'on demande de faire des efforts, notamment en se débarrassant de ces plastiques.

Aujourd’hui, la vente en vrac et les pratiques zéro déchet se développent. En quoi ces alternatives nécessitent un changement des mentalités ?  

La disparition du plastique impose de réintégrer certaines tâches au sein du foyer. Se débarrasser du plastique, c’est par exemple nettoyer ce qui est réutilisable plutôt que jeter. Dans les années 60-70, le plastique a été présenté par les industriels et les distributeurs comme une façon de libérer les femmes d’une série d'activités domestiques.

Le développement des pratiques zéro déchet pose désormais la question de la répartition de ces tâches, que ce soit au sein des ménages ou au travail. Qui va par exemple gérer les carafes d’eau et laver les verres à la fin des réunions ? 

 
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