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Défi "Rien de neuf" : sortir du plaisir par la possession

Marine Foulon, chargée de communication pour Zero Waste France.
©Melanie Fourcy

Le Défi "Rien de neuf" a été lancé en 2018. Pour la seconde édition qui a débuté le 1er janvier 2019, Zero Waste France a adopté le même concept : essayer d’acheter le moins d’objets neufs possible durant une année. Marine Foulon, chargée de communication de l'association, nous dresse le bilan du Défi "Rien de neuf" 2019.

Quels sont les objectifs de ce Défi "Rien de neuf", que suis-je censé faire si je souhaite y participer ? 

La première étape lorsque l’on tente de ne pas acheter d’objet neuf, c’est d’abord commencer par se poser les bonnes questions. À chaque intention d’achat, il faut se demander : a-t-on vraiment besoin de cet objet ? Pour répondre à cette question, il y a plusieurs mécanismes à mobiliser : est-ce que cet objet va vraiment m’être utile ? N’ai-je pas déjà la même chose chez moi ? À cela, les participants nous disent qu’ils se rendent souvent compte qu’ils n’ont pas nécessairement besoin de l’objet qu’ils projettent d’acheter. Si c’est une réelle nécessité, il faut essayer de se diriger vers les alternatives au neuf que sont : l’achat d’occasion, l’emprunt, la location, la réparation, etc. Les objets ciblés sont ceux que l’on pourrait définir comme non-consommables c’est-à-dire : les meubles, les livres, les vêtements, la tech, etc. En fin de compte, tout ce qui n’est pas alimentaire ou hygiène et cosmétique.

En quelques chiffres, que peut-on retenir du défi à travers votre initiative ? 

Le chiffre le plus important à retenir, c’est celui qui établit qu’à la fin de l’année 2019 le défi réunissait plus de 30 000 participants. Ce sont des participants inscrits cette année, nous sommes repartis de zéro par rapport à la précédente édition. Ensuite, le bilan, issu de plusieurs études menées par Zero Waste, a permis de déterminer les différents comportements des participants et a fait ressortir 60 % de nouvelles participations, par rapport à 2018. 

Qui sont-ils les participants au défi rien de neuf ?

Certains profils ressortent, on compte principalement des femmes qui ont entre 25 et 45 ans. Pour les situations maritales, ce sont majoritairement des familles ou des personnes vivant en couple. La plupart d’entre eux vivent dans des agglomérations de plus de 5 000 habitants, hors Paris et l’autre majorité vit en zone rurale. Enfin, beaucoup des personnes inscrites étaient déjà dotées d’une sensibilité environnementale : le défi était vraiment pour eux un cadre qui leur a permis d’avoir plus d’idées pour réduire leur impact environnemental et ainsi d’aller plus loin dans la démarche. 

Quelles sont les motivations des participants ? Avez-vous réussi à faire ressortir ce qui les poussent à relever ce défi ? 

La motivation partagée par quasiment tous les participants, c’est la volonté de réduire leur impact, de s’engager et d’entreprendre un acte militant en profitant d’un cadre qui leur permette d’avancer dans leur démarche. Ensuite, il y a la volonté de se désencombrer, de sortir du plaisir par la possession. Pour ces participants, cela part d’un constat concret des quantités d’objets qu’ils ont chez eux et dont ils n’ont pas forcément l’utilité. D’autres ont mis en évidence leur volonté de passer à une démarche plus collective, parce que parfois, on peut avoir le sentiment de plafonner dans sa démarche personnelle. Ceux-là sont motivés par l’envie de changer d’échelle.

La volonté de se désencombrer, de sortir du plaisir par la possession.

L’outil du défi est aussi utilisé pour faire réagir les marques ou les pouvoirs publics en boycottant certaines marques ou en tout cas, en changeant sa façon de consommer. En dernier lieu, nous avons vu que certaines circonstances pouvaient pousser les personnes à s’inscrire, notamment le fait d’avoir un enfant qui, de ce que l’on voit, déclenche une prise de conscience écologique ou simplement la volonté de faire les choses bien pour l'enfant. Nous avons d'ailleurs remarqué que d'autres circonstances sont favorables au changement de consommation : un changement professionnel, un déménagement ou un changement important qui déclenche une prise de conscience ou une volonté d’agir. 

Quelles méthodes avez-vous mobilisées pour récolter toutes ces informations ?

Plusieurs études ont été menée, l’une des principales sources sur laquelle on se repose est un travail que nous avons mené avec Valérie Guillard, enseignante-chercheuse à l’université Paris Dauphine qui a beaucoup travaillé autour de la thématique du gaspillage des objets. Elle a mené plusieurs études auprès des participants au défi. Grâce à 35 entretiens téléphoniques, répétés de juin 2018 à mars 2019, elle a suivi l’évolution dans la manière de consommer. Elle a aussi fait travailler ses étudiants sur une "netnographie", c’est-à-dire l’analyse de la communauté à travers le groupe Facebook du défi. Nous avons aussi collaboré avec l’Institut National de la Consommation sur les habitudes de consommation des participants via un questionnaire en ligne. Enfin, nous avons effectué une analyse comparative des profils et des comportements avec les participants de l’édition 2018 et 2019.

Le Défi "Rien de neuf" met en évidence les alternatives au neuf, quel est le palmarès des solutions qui permettent d’éviter l’achat neuf ? 

Tout l’enjeu du défi était de faire découvrir ces alternatives aux participants. La principale solution, c’est l’achat d’occasion, le premier réflexe pour les gens. Finalement, comme cela se rapproche de l’achat neuf, c'est plutôt simple pour démarrer. Nous avons aussi constaté que d’autres alternatives sont ressorties : la récupération, le fait de trouver des objets gratuitement auprès de son entourage ou dans des boîtes à dons. L’emprunt est une autre alternative qui a plu, celles qui ont le plus de succès sont finalement, celles qui ne représentent pas de coûts financiers et qui sont liés à l’entraide, à l’échange entre les participants. 

L’achat d’occasion, le premier réflexe pour les gens.

Il est nécessaire de faire connaître les alternatives au neuf qui existent et d’en développer de nouvelles où il n’y en a pas afin que ce soit plus simple de changer sa façon de consommer, c’est un des objectifs du défi. Des lieux permettent l’accompagnement des citoyens pour se réapproprier des savoirs et des compétences comme la réparation d’objets ou de vêtements. Il existe des "repairs cafés" et d’autres lieux où l’on peut aller faire réparer ses objets, ils encouragent les gens à faire les choses eux même et leur permettent d'avoir plus confiance en les services de réparation. Ce sont aussi des espaces de rencontre et de discussion pour que les gens puissent échanger et poser leurs questions. 

La coopération est aussi importante, est-ce qu’elle est recherchée lorsque l’on se lance dans ce type de démarche ? 

Oui, et c’est à la fois une coopération dans le sens ou les gens s’échangent des objets, se rendent service… Mais c’est aussi une entraide morale, de soutien, lorsque l’on se lance dans une nouvelle démarche ce n’est pas toujours évident et cela amène parfois les gens à se poser des questions. Nous l'avons constaté sur le groupe Facebook dédié aux participants du défi : des gens posaient des questions, d’autres partageaient leurs difficultés, leurs doutes, leurs victoires, leur bilan… Au final, sur l’année, nous avons eu 2 464 publications sur ce groupe Facebook, preuve que les gens s’échangent conseils et informations pour avancer et s'entraider. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab de Valère Corréard, c'est par ici:

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