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Mariage : Un livre pour proposer des solutions écoresponsables

Claire Tranier, co-autrice du livre Mariage green.
©DR

La préparation d'un mariage demande une organisation importante. Toutefois, le coût environnemental d'un tel événement est rarement pris en compte. Claire Tranier, co-autrice du livre "Mariage Green", propose des pistes pour réaliser un mariage écoresponsable. Entretien.

Choix du traiteur, du lieu, du nombre d'invités...L'organisation d'un mariage nécessite énormément de préparation et de ressources, qui peuvent avoir un impact considérable au niveau écologique. La prise de conscience touche de plus en plus les organisateurs et les futurs mariés. ID a rencontré Claire Tranier, qui propose dans son livre Mariage Green des solutions pour s'organiser sans stress et à son niveau.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je suis la co-autrice du livre Mariage Green avec Anne Ventura, qui a réalisé toute la partie DIY [Do It Yourself, NDLR], tandis que je me suis occupée de toute la partie sur les conseils et l’organisation. Je suis également graphiste, spécialisée dans les faire-part de mariage. Je suis dans cet univers depuis plusieurs années, et je me suis intéressée au mariage écoresponsable dans le cadre de l’organisation de mon propre mariage en 2018.

C’est donc une initiative issue de votre propre expérience ?

En partie, oui. Je trouvais qu’il n’y avait pas énormément d’informations sur le sujet. C’était assez compliqué de trouver des solutions à certains problèmes. Aujourd’hui, il y a énormément de prestataires de mariages qui sont conscients des problématiques écologiques et qui proposent des alternatives intéressantes. Je pense notamment aux traiteurs qui ont changé leurs menus. Il y a aussi les photographes qui vont réfléchir à de nouvelles solutions pour remettre les photos aux invités via des galeries, mais qui veulent également limiter au maximum l’empreinte écologique de leurs photos.

Tous les prestataires que je côtoie au quotidien recherchent des solutions alternatives pour limiter leur empreinte carbone, que ce soit au niveau des transports, mais également dans leurs choix au niveau des partenaires de production dans tous les domaines. Ce n’était pas le cas lors de mon propre mariage. Par exemple, j’ai dû batailler avec mon traiteur pour ne pas avoir de foie gras. Aujourd’hui, je trouve que les prestataires sont très à l’écoute de leurs clients, de leurs demandes. Ils sont également ravis de proposer des solutions qui sont plus en accord avec leurs valeurs.

Comment éviter de tomber dans le piège du greenwashing lorsqu'on propose un mariage écoresponsable ?

Le piège, c’est de se focaliser sur des petits détails qui n’ont pas du tout d’impact. Par exemple, les faire-part imprimés, c’est l’équivalent de 2 à 3 kilos de CO2 alors qu’un mariage représente entre 10 et 15 tonnes. Ce n’est donc pas le plus important. La priorité, c’est les transports. Il faut optimiser au mieux les transports, en se mariant le plus proche possible du lieu où réside un maximum d’invités.

Il s’agit donc de prendre la liste d’invités et de faire des calculs pour voir, dans le cadre d’un couple français qui se marie en France, où sont situés les invités pour se marier là en priorité. Il y a bien sûr des trajets que l’on ne pourra pas empêcher, mais l’idée c’est d’anticiper dès le départ pour optimiser les transports.

Est-ce qu’il y a d’autres postes à surveiller en raison de leur impact ?

Avec les transports, il y a inévitablement la question de la lune de miel. Qui dit avion long-courrier dit forcément émissions élevées. Il faudrait donc privilégier une lune de miel soit en France, soit en Europe, avec des moyens de transport plus "doux" comme le train. Il y a aussi la possibilité de faire une lune de miel à vélo, avec notamment la Viarhona ou la Vélodyssée. Il y a également énormément de lignes de train qui permettent de faire un petit tour d’Europe qui peuvent être très sympa et qui permettent d'éviter de prendre l’avion.

L’idée ce n’est pas d’atteindre la perfection, c’est d'identifier les points qui sont les plus impactants et d’aller vers eux en priorité. "

Il s’agit vraiment d’une remise en question de nos pratiques. nous sommes tellement habitués à prendre l’avion aujourd’hui que l’on ne va pas forcément réfléchir aux autres solutions. Si on veut aller en Italie on va regarder en premier les vols, en se disant que ça sera moins cher et plus rapide que le train. Le train est vraiment le mode de transport le plus écologique actuellement, si on le compare à la voiture et l’avion.

Comment faire face à certaines voix qui pourraient dire : "c’est le plus beau jour de ma vie, j’ai envie de me faire plaisir" ?

L’idée ce n’est pas de mettre des interdits, c’est vraiment que chaque couple réfléchisse aux choses qui le touche en particulier, et qui lui sont accessibles. Si un couple souhaite faire sa lune de miel dans un endroit précis, c’est tout à fait possible, du moment qu’ils font attention au reste. L’idée c’est vraiment de s’écouter, mais d’avoir conscience de l’impact. Si l’on prend en compte le trajet des invités ainsi que la lune de miel, c’est environ 80% du bilan carbone d’un mariage.

Vous avez déjà imaginé ou vu le mariage écoresponsable "parfait" ?

J’en ai vu un très beau en Rhône-Alpes il y a deux ans. C’était un mariage zéro déchets où les mariés avaient tout pensé de A à Z. L’idée ce n’est pas d’atteindre la perfection, c’est d'identifier les points qui sont les plus impactants et d’aller vers eux en priorité. Un mariage aura forcément un impact, notamment en grand comité avec une centaine d’invités. Dans le livre, je donne des conseils pour passer d’environ 10 tonnes de CO2 à 2 tonnes pour un mariage de 100 invités. Techniquement c’est vraiment possible, mais ça demande beaucoup d’efforts. Il serait plus réaliste de passer de 10 tonnes à 5 tonnes.

Aujourd’hui, on voit que les gens sont de plus en plus attentifs à ces sujets d’éco-responsabilité, ce qui amène parfois à des solutions originales. Est-ce que vous avez quelques exemples?

Une solution que j’adore, c’est par rapport aux alliances. Il y a de plus en plus de couples qui décident d’utiliser des bijoux de famille qu’ils ont reçu soit en héritage, soit de baptêmes qu’ils ne portent jamais. Ils vont les transmettre à un joaillier qui va les fondre pour faire de nouvelles alliances. Je trouve ça super au niveau écologique, mais également au niveau symbolique. Cela permet de donner une nouvelle vie à des objets qui trainent au fond d’un placard. La joaillerie est une activité extrêmement polluante, il y a des problèmes liés à l’orpaillage illégal et à l’extraction de l’or. Je pense que si on a cette possibilité, c’est une alternative vraiment originale et intéressante.

Un autre point important pour un mariage, ce sont les fleurs. Aujourd’hui, environ 80% des fleurs vendues en France sont importées. Elles ont un impact carbone aussi important que tous les repas d’un mariage réunis, en raison de leur transport de pays comme le Kenya vers les Pays-Bas, puis vers la France. Mais les fleurs produites aux Pays-Bas sous serre sont également très polluantes. Je conseille donc de regarder sur le site du Collectif de la Fleur Française, qui recense tous les producteurs de fleurs et les grossistes qui s’engagent à travailler avec une majorité de fleurs françaises, donc locales et de saison. Cela permet de diviser par 20 l’impact des fleurs sur un événement, ce qui n’est pas négligeable dans un mariage.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Écoutez la chronique Social Lab ici

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