QUESTION DE LA SEMAINE

Pour ou contre l’obligation du casque à vélo ? Voici ce que vous en pensez !

©Ermolaev Alexander/Shutterstock

Le débat est relancé dans le cadre des discussions autour de la loi "mobilités" à l’Élysée. ID a cherché à connaître votre opinion : pour ou contre l’obligation du port du casque à vélo ? Retrouvez les résultats du sondage dans notre article, ainsi qu’un petit florilège de vos réactions. 

Êtes-vous pour ou contre le port obligatoire du casque à vélo ?

Choix

Certains pays ont limité cette obligation à certaines zones (le casque est obligatoire hors agglomération en Espagne), ou à certaines tranches d’âge (pour les moins de 15 ans en Suède, pour les moins de 16 ans en Espagne). L’Australie a voté l'obligation totale en 1991, et la Nouvelle-Zélande en 1994. La France va-t-elle s'aligner sur les deux seuls pays du monde à avoir rendu obligatoire le port du casque à vélo ?

Quid de la législation française ? 

Quels risques pour les cyclistes ? 

Le taux de mortalité des cyclistes sur les routes reste relativement stable. Les chiffres communiqués par la sécurité routière montrent une faible augmentation de 7 % par rapport à 2016. En tout, 173 cyclistes ont perdu la vie lors d’accidents en 2017. 

En raison de ces risques, nombre d'entre vous se prononce en faveur de l'obligation du port du casque à vélo :

Pour. J'ai eu un traumatisme crânien en vélo quand j'étais enfant... il me reste encore des séquelles..

Tout à fait pour !! Ça fait longtemps que ce devrait être obligatoire pour plus de sécurité pour tout le monde.

Une étude réalisée par l’IFSTTAR – l’Institut Français des Sciences et des Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux – pose le constat suivant : les blessures les plus fréquentes touchent majoritairement les jambes et les bras. 23,3 % correspondent à des blessures au visage et 16,9 % à des blessures à la tête. Ces accidents surviennent en grande majorité hors agglomération, sur les routes départementales. 

Quelle est l'utilité réelle du casque ?

Une étude citée par Le Monde conclut que le port du casque réduit de 30 % les blessures à la tête et divise par trois les risques de blessures au visage. 

Cependant, l’ORS, l'Observatoire Régional de Santé Ile-de-France, explique que les bénéfices que la pratique du vélo aurait sur la santé seraient largement supérieurs aux risques - jusqu'à 20 fois plus élevés. L’observatoire remarque également qu’une hausse de la pratique du vélo n’implique "pas de hausse de l’accidentologie dans les mêmes proportions". 

Il s’agirait même de l’inverse ! S'il y a une chose sur laquelle les études menées dans les grandes villes s’accordent, c'est bien le fait que les risques diminuent lorsque la pratique du vélo devient plus importante : ce que l’on appelle la "sécurité par le nombre". De plus, un nombre croissant de cyclistes pourrait convaincre les autorités d'investir davantage dans des infrastructures cyclables

Mais l’aspect prescriptif d’une obligation du port du casque découragerait les cyclistes, dont le nombre diminuerait selon Harry Rutter, spécialiste des politiques publiques - cité par Le Monde. Un avis que partagent certains d'entre vous :

J’en porte généralement lors des mes sorties VTT et mes trajets hors ville mais je suis opposé à l’obligation.

Je suis contre. L'Australie à institué le port du casque obligatoire. Résultat la pratique du vélo est en chute libre. En revanche, les pays où le vélo est roi, comme les Pays Bas, n'obligent pas au port du casque. Mais ils ont adapté les infrastructures routières.

Pour son développement, contre son obligation. En l'état on ne peut pas se permettre une baisse du nombre de cyclistes, je serai pour l'obligation quand le vélo sera le mode de transport dominant, et si les stats prouvent alors son besoin.

La FUB - Fédération des Usagers de la Bicycletterapporte de son côté que "les études étrangères qui se sont intéressées aux modifications de comportements suite à l’obligation du port du casque concluent toutes à une diminution du nombre de cyclistes". D’autre part, "le nombre de blessés reste souvent le même avant et après la mise en place de la mesure" du fait de la réduction de l’effet de "sécurité de groupe". La fédération explique sur son site qu’agir sur les vitesses autorisées pourrait par exemple être plus efficace : "ce sont ces mesures qui auront un réel impact sur les mauvais chiffres de sécurité routière et non l’obligation du port du casque".