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Politique

Présidentielles 2022 : retrouvez notre live sur le débat de l'entre-deux tours

Marine Le Pen et Emmanuel Macron, à Paris, le 10 avril 2022.
© JOEL SAGET, ERIC FEFERBERG /AFP

Grande absente en 2017, l'écologie fait partie cette année des thèmes abordés lors du débat télévisé de l'entre-deux tours qui oppose Emmanuel Macron et Marine Le Pen ce mercredi 20 avril. Pour suivre l'ensemble des déclarations des candidats, et les temps forts de ce face-à-face, retrouvez ici notre direct. 

Plutôt silencieux sur le sujet de l'écologie pendant la campagne présidentielle, les deux candidats en lice pour l'Elysée, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, auront tenté de rattraper leur retard lors du week-end pascal. Alors que le président sortant a promis de nommer un Premier ministre "chargé de la planification écologique", la candidate RN (Rassemblement national) s'est défendue de tout climatosceptiscisme, assurant par ailleurs qu'elle ne sortirait pas de l'accord de Paris. Ce sprint final suffira-t-il pour convaincre ? Pas si sûr.

Les programmes écolo des deux candidats sont aujourd'hui décriés par plusieurs organisations environnementales, comme Greenpeace France qui déplore des mesures insuffisantes pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici 2050. La situation est pourtant urgente. Le dernier rapport du Giec donne jusqu'à 2025 pour atteindre un pic des émissions. 

A l'occasion du débat de l'entre-deux tours, la rédaction d'ID se mobilise pour suivre les échanges des candidats sur le thème de l'écologie. Retrouvez le live d'ID sur Twitter, ici.

Dans une lettre ouverte à Gilles Bouleau et Léa Salamé, les deux journalistes qui présentent le débat de l'entre-deux tours, ce mercredi 20 avril, des associations comme Quota Climat ou encore Exctinction Rebellion ont demandé d’insister “sans relâche” auprès des candidats pour obtenir “des réponses articulées, chiffrées, cohérentes et surtout à hauteur des enjeux”. Elles ont également réclamé qu'au moins 20% de leurs questions soit consacré à l’écologie. Leur message sera-t-il entendu ? Réponse lors de ce débat à suivre ici, et sur Twitter.

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Il est 22h26. Après le pouvoir d'achat, la politique internationale, les retraites et la santé, Emmanuel Macron et Marine Le Pen confrontent leur projet autour de l'environnement.

Gilles Bouleau pose la première question :

  • "Quelles sont les deux mesures que vous mettrez en place pour lutter contre le réchauffement climatique ?"

Marine Le Pen prend la parole. "J'arrête l'hypocrisie qui refuse de voir que c'est le modèle fondé sur le libre-échange qui tue la planète. J'ai conçu mon programme autour du localisme. Je veux que l'on puisse produire au plus près. L'Etat doit assumer cette responsabilité. Il faut arrêter d’importer la moitié de nos fruits et légumes. C’est par l’intermédiaire du patriotisme économique que l’on pourra faire en sorte que les collectivités locales, l’Etat, s’engagent à acheter - pas bio parce qu’il y a du bio étranger - mais s’engagent à acheter français. Que l’on puisse avoir des produits français dans les cantines collectives françaises." Elle poursuit. "Le modèle de libre-échange fait également beaucoup de mal aux animaux, et aux agriculteurs."

Avant de répondre à son tour, Emmanuel Macron invective Marine Le Pen : "Votre programme n'a ni queue, ni tête. Vous souhaitez baisser la TVA sur les hydrocarbures, énergie fossile très polluante", avant d'ajouter : "Vous êtes climato-sceptique."

Il dévoile ensuite ses mesures pour lutter contre le réchauffement climatique : "Je veux aller deux fois plus vite dans le quinquennat qui vient. Je souhaite mettre en place un Premier ministre chargé de la planification énergétique d'une part, et de la planification territoriale d'autre part. Pour la production des énergies mais aussi pour la transition.

Ma deuxième proposition est de continuer d'améliorer les grandes cycles de production des modes de vie : la rénovation thermique des bâtiments pour la sobriété avec 700 000 logements par an. Nous en avons fait 650 000 en 2021. C'est aussi un levier de création d'emplois pour nos artisans. Troisième chose, aider nos compatriotes à changer leur véhicule en les accompagnant vers des véhicules électriques et hybrides, produits en France."

Emmanuel Macron continue de développer son projet : "Il faut accompagner la transition industrielle, comme la transition agricole pour pouvoir réduire leurs émissions, non pas par injonction mais par investissement"

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Léa Salamé demande à Marine Le Pen si elle souhaite répondre à Emmanuel Macron. 

La candidate RN prend la parole : "Je ne suis absolument pas climato-sceptique. En revanche, vous êtes un peu climato-hypocrite. C'est peut-être pour cette raison que les gens ne vous croient pas. Vous êtes le pire de l'écologie punitive. Vous avez accompagné des choses qui sont d'une grande violence pour les classes moyennes et les classes modestes, toutes les décisions qui consistent à culpabiliser les gens car ils ne s'achètent pas une voiture électrique. (...) Cette écologie punitive est inutile. Elle crée des souffrances, des situations de fragilité. Ca tombe toujours sur ceux qui n'ont pas les moyens. Ceux qui ont les moyens n'ont pas ce genre de problèmes. Je suis profondément en désaccord avec cela."

Elle ajoute : "je suis pour la transition mais dans le temps." Marine Le Pen souligne par ailleurs "les changements de pieds" d'Emmanuel Macron sur l'énergie, "un élément structurant de l'avenir d'un pays".

"Vous avez démarré votre mandat en fermant Fessenheim alors qu'aucune justification de sécurité ne le permettait. Vous avez envisagé de fermé 14 réacteurs nucléaires (...) et puis à la fin de votre mandat vous dîtes 'je me suis trompé'. Nous avons perdu dix ans à déstabiliser une filière nucléaire qui avait besoin d'être renforcé, de visibilité dans l'avenir. Vous avez fait par ailleurs le choix des éoliennes et du solaire. L'éolien étant le pire. C'est une absurdité écologique et économique, une gêne fondamentale pour la biodiversité..."

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Gilles Bouleau interpelle Emmanuel Macron sur le développement des éoliennes en mer.

Le président sortant répond en revenant sur les propos de Marine Le Pen sur la filière nucléaire. "Je me suis occupé de la restructuration du secteur nucléaire qui était en train de s'effondrer." 

Il poursuit : "J'assume totalement Fessenheim (...) qui était la plus vieille centrale en service. Il n'y avait plus d'investissements depuis 2012. (...) Face à ces difficultés, (...) j'assume d'avoir fermé nos centrales thermiques. J'ai eu pendant ces cinq ans une vraie stratégie. J'ai reposé dès 2018 la question de la baisse du nucléaire qui avait été voté en 2015, en demandant à l'Agence internationale de l'énergie et à RTE de me faire une analyse. Quand elle m'a été rendue, je l'ai suivie. Les experts disent d'ailleurs très clairement que votre programme est intenable, en expliquant qu'il n'y a pas de stratégie de sortie des énergies fossiles qui passent par le tout nucléaire. Votre stratégie n'est pas possible. On ne peut pas remplacer le renouvelable actuel par du nucléaire. Il faut faire les deux."

Emmanuel Macron aborde la question de l'éolien en mer : "Vous allez démanteler les éoliennes qui existent ce qui coûte un argent fou. Je trouve que l'argent du contribuable pourrait être mieux utilisé. D'autant que dans toutes ces filières, nous créons de l'emploi en France. J'étais au Havre, dans une usine la semaine dernière, où en France, nous produisons notamment des pales pour les éoliennes en mer. Cela se fait de concert avec les pêcheurs, avec l'ensemble des usages."

Il ajoute : "le seul moyen de répondre au défi climatique, c'est de faire de l'énergie renouvelable et du nucléaire. Il faut faire les deux sans répéter les erreurs du passé. Il faut développer les filières industrielles dans notre pays, comme j'ai commencé à le faire durant ces cinq années, de la batterie électrique jusqu'aux éoliennes. Comme je veux continuer de le faire."

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Léa Salamé laisse Marine Le Pen répondre à Emmanuel Macron. Elle prend la parole : "j'ai rencontré les pêcheurs. Ils sont tous vent debout. Cela va ruiner la filière de la pêche. Tous (les projets) ont été actés sauf ceux en face du Touquet".

Emmanuel Macron s'interpose : "Mais arrêtez".

Marine Le Pen poursuit : "j'ai toujours dit que j'engagerai le chantier du démantèlement. Il y en a déjà 2 000 qui vont arriver en bout de course. En bout de course, ce n'est pas l'Etat qui paie. C'est l'exploitant qui démantèle. Et c'est cautionné auprès de la Caisse des dépôts. En revanche, ce que je démantèlerai, ce sont les éoliennes qui représentent un trouble anormal de voisinage. De plus en plus de tribunaux en constatent. On fera des référendums. On demandera l'avis aux gens. (...) Il faut s'appuyer sur l'hydroélectricité dans notre mix énergétique. Nous aurons également demain de plus en plus d'hydrogène vert."

Emmanuel Macron interpelle une nouvelle fois Marine Le Pen : "Comment on le fait l'hydrogène vert ?"

La candidate RN répond : "Avec du nucléaire !" Le président sortant lui rétorque : "le nucléaire est aujourd'hui utilisé pour chauffer les Français. Avec votre stratégie, vous n'arriverez pas à ouvrir des centrales avant 2035. Ne vous en déplaise, vous avez le temps industriel Madame Le Pen."

Elle ajoute : "je ne suis pas comme vous. Je ne ferme pas Fessenheim, en sachant que ça risque de poser des problèmes de production."

Emmanuel Macron reprend la candidate à nouveau : "l'hydrogène n'est pas une source d'énergie". Celle-ci répond : "Mais j'ai bien compris". Les échanges entre les deux candidats se prolongent autour du mix énergétique.

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Léa Salamé rappelle le chrono. Le temps de parole est écoulé sur le sujet de l'écologie. Le ping-pong entre les deux finalistes pour l'Elysée aura duré environ 20 minutes, avec une grande place accordée à l'énergie.