Si la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen "venait à passer de force en imposant une application provisoire, cela constituerait en l'état, eu égard au vote qui a eu lieu hier (mercredi) à Strasbourg, une forme de viol démocratique. Je n'imagine pas que ça puisse être le cas", a déclaré jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur Europe1/Cnews.
Avant la décision de la justice européenne, la Commission a le droit d'appliquer le traité à titre provisoire. Mais ce n'est pas tranché à ce stade, souligne Bruxelles, qui a fait part de sa "profonde déception" après le vote, serré, du Parlement. Pour Maud Bregeon, "les conséquences, notamment sur le lien qu'ont les peuples avec l'Union européenne, seraient profondément délétères".
Mettre en oeuvre l’accord au plus vite
Elle a en outre vivement critiqué Ursula von der Leyen, lui contestant le rôle qu'elle a pourtant d'incarner l'UE. La présidente de la Commission "n'incarne pas l'Union européenne. Ceux qui incarnent l'Union européenne, ce sont les eurodéputés, ce sont les chefs d'État, ce sont les peuples et les intérêts qu'ils ont en commun", a-t-elle estimé, alors que la Commission est l'une des trois institutions de l'UE.
La saisine de la Cour de justice de l'UE pourrait retarder d'un an et demi le vote global du Parlement européen sur la ratification de ce traité conclu avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. La Commission comme la majorité des États européens étaient favorables à ce traité de libre-échange. Tous soulignaient la nécessité de mettre en oeuvre l'accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l'Europe.
Avec AFP.