La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva.
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Politique

Accord UE-Mercosur : qu’est-ce qui va changer ?

Destiné à ouvrir les échanges entre l’UE et les pays du Mercosur, le traité a été approuvé le 9 janvier par les États membres. Ursula Von Der Leyen devrait se rendre prochainement au Paraguay pour ratifier l’accord. ID fait le point sur ce qui va changer à compter de cette signature.

Après plus de 27 ans de négociation, la Commission européenne doit procéder à la signature officielle de l’accord de libre-échange le 17 janvier au Paraguay. Malgré un vote contre, la France n’a pas réussi à enrayer la machine lors de la dernière réunion des ambassadeurs européens, le vendredi 9 janvier. 

Présenté par l’Union européenne comme un apport géopolitique et économique majeur, l'accord suscite une forte opposition de la classe politique, du secteur agricole et des consommateurs français. Négocié par le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et la Bolivie, il constituera le plus grand traité commercial signé par l’UE avec plus de 780 millions de consommateurs.

Représentant un cinquième de l’économie mondiale à eux deux, le Vieux Continent et le Marché commun du Sud devraient voir leur PIB augmenter grâce à ce texte : 0,1 % de croissance supplémentaire dans l’UE à l’horizon 2032 (0,3 % pour le Mercosur) selon une analyse commandée par la Commission européenne. Mais alors qu'est-ce qui va changer concrètement ?

Produits agricoles contre voitures

Le principal objectif de l’accord est de faciliter le commerce entre les deux blocs : protection contre l’imitation de 344 produits européens, suppression de la quasi-totalité des droits de douane, ouverture de nouveaux quotas d’importation… Les entreprises européennes et sud-américaines bénéficient d’un cadre plus favorable au développement des exportations. 

Dans le détail, 99 000 tonnes de bœuf par an pourraient entrer en Europe à un taux préférentiel (7,5 %), ainsi que 60 000 tonnes de riz et 45 000 tonnes de miel sans obstacle tarifaire. De l’autre côté, les droits de douane du Mercosur devraient baisser progressivement pour de nombreux produits européens, notamment dans le secteur automobile. C’est ce dernier point qui a convaincu l’Allemagne et l’Italie de voter pour.

Moins chers, mais avec moins de normes

Si l’accord permet d'accroître les échanges et la compétitivité, certains secteurs dénoncent une concurrence déloyale. C’est notamment le cas des agriculteurs et éleveurs, dans les rues depuis début décembre : "Un producteur de viande bovine au Brésil ou en Argentine utilise des hormones ou des accélérateurs de croissance qui sont interdits en Europe depuis plus de 20 ans", dénonce Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. 

Les normes sanitaires et environnementales européennes ne s’appliquant pas aux pays du Mercosur, leurs produits sont bien moins chers. Pour y faire face, des mesures de sauvegarde sont tout de même présentes dans le texte. En réponse aux inquiétudes des agriculteurs, les États membres pourront ouvrir une enquête en cas de déstabilisation du marché. À cela s’ajoute la protection d’indications géographiques de l’UE et un "filet de sécurité" de 6,3 milliards d’euros, mesures jugées insuffisantes par les syndicats.