Jakarta, Indonésie, le 6 janvier 2026. Des manifestants se rassemblent devant l’ambassade des États-Unis pour afficher leur soutien au Venezuela et dénoncer l’intervention américaine, après la détention du président Nicolás Maduro et l’opération militaire menée par Washington.
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Politique

Climat : ce que la capture de Maduro révèle de la guerre des ressources

L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les États-Unis marque un tournant majeur sur la scène internationale. Officiellement justifiée par des accusations de narcotrafic, l’opération soulève de vives critiques juridiques et diplomatiques. En toile de fond, une lutte accrue pour le contrôle des ressources stratégiques, dans un contexte de dérèglement climatique et de recomposition des rapports de force mondiaux.

Le samedi 3 janvier 2026, Nicolás Maduro est tombé. Donald Trump explique l’opération de capture du président vénézuélien quelques heures plus tard, en conférence de presse : “Lors d’une nuit noire, toutes les lumières ont été éteintes à Caracas et toutes nos capacités étaient concentrées sur cette action."La ville a subi des frappes ciblées, faisant un nombre de morts encore discuté à ce stade. Le président vénézuélien est de son côté aux États-Unis, attendant son procès à New-York.

Il est accusé d'utiliser "son autorité acquise illégalement et les institutions qu’il a gangrenées afin de transporter des milliers de tonnes de cocaïne aux Etats-Unis". Entre félicitations et dénonciations, les réactions sont diverses. "Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir", affirme Emmanuel Macron dans un post sur X. Mais d’autres s’insurgent face à une "violation du droit international" à l’image de Sandrine de Sena, docteure en droit. 

Si le régime de Nicolás Maduro est donc condamné par une grande partie de la communauté internationale, les États-Unis ont des intérêts à mener une telle opération. Dans un monde empreint par la crise climatique et la raréfaction des ressources, le nouveau désordre mondial s’installe. Certains territoires attirent les convoitises des grandes puissances pour leur pétrole et leurs métaux rares. 

Vers une nouvelle forme "d’impérialisme climatique" ?

Avec 18 % des ressources pétrolières mondiales, le Venezuela cache sous son sol la plus grande réserve de la planète. L’appétit du président des États-Unis pour ce stock d’or noir est à peine voilé : le 6 janvier, Donald Trump a annoncé avoir obtenu "entre 30 et 50 millions de barils de haute qualité de pétrole sous sanction" de la part des "autorités intérimaires". 

Les bénéfices de la vente "seront sous mon contrôle, en tant que président des États-Unis", ajoute-t-il dans un message publié sur son réseau social Truth. Cette appropriation des ressources du pays d’Amérique du Sud s’inscrit dans une nouvelle forme d’influence et de domination. L’ingénieur en résilience climatique Ilian Moundib évoque un "impérialisme climatique" auprès de nos confrères de Novethic.

Cette volonté de prise de contrôle des ressources est accélérée par le changement climatique : "Quand Trump parle du Groenland en termes de sécurité nationale, il parle en réalité de contrôle des ressources et de routes commerciales dans un monde réchauffé", affirme Ilian Moundib. Le pays constitutif du royaume du Danemark est en effet une mine d’or, de nickel et de fer, essentiels pour la production de batteries. 

Une action qui pourrait en inspirer d’autres

Alors que le Venezuela représente une réserve de pétrole importante pour les États-Unis, le Groenland permettrait au pays de développer de nouvelles routes maritimes. Donald Trump menace depuis plusieurs mois de s'emparer par tous les moyens de ce bout de terre. Le président américain étudie "activement"un "achat" du Groenland, selon les déclarations du 7 décembre de Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche.

Mais la première puissance économique n’est pas la seule à convoiter des terres. La Chine pourrait s’inspirer de la manœuvre de Trump pour s’emparer de Taïwan. Bien plus qu’une histoire d’influence et de stratégie militaire, la Chine pourrait annexer les eaux taïwanaises et étendre sa zone économique exclusive (ZEE)

Le gouvernement revendique depuis longtemps la mer de Chine et le détroit de Taïwan, notamment pour l’exploitation des ressources et des routes commerciales. À mesure que le dérèglement climatique redessine les équilibres géopolitiques, l’accaparement de territoires riches en ressources pourrait être l’un des principaux motifs de conflits au 21e siècle.