Ce mardi 27 janvier 2026, on ressent comme un air de déjà vu à Washington. Les États-Unis tournent le dos une nouvelle fois à l'accord historique de la COP21. Il s’agit du second désengagement sous la présidence de Donald Trump, après une première sortie actée à la fin de son mandat en 2020. Entre les deux, Joe Biden avait réintégré les États Unis dans l’Accord de Paris dès 2021.
Cette fois, le retrait est effectif et s’inscrit dans la durée. Réélu, Donald Trump restera en fonction jusqu’en 2029 et ne pourra pas se représenter, la Constitution américaine limitant la présidence à deux mandats. Les États Unis ne seront donc plus soumis aux obligations de l’Accord de Paris pendant au moins trois ans, avant l’arrivée d’une nouvelle administration susceptible de revenir sur cette décision.
Quels que soient les accords internationaux auxquels les États-Unis participent, il sera dans leur propre intérêt de réduire la consommation de combustibles fossiles et d'investir dans les énergies renouvelables pour des raisons économiques.
Un retrait qui rompt avec les engagements collectifs pris dans le cadre de l’accord : maintenir "l'augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels" et poursuivre les efforts "pour limiter l'augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels". Mais dix ans après la signature de près de 200 États, les objectifs sont mis à mal par les tensions géopolitiques.
Cette décision de la Maison-Blanche intervient au pire moment : l'ONU estime que la trajectoire actuelle mène à un réchauffement de 2,3 °C à 2,5 °C en 2100, bien loin des objectifs de 1,5 °C. L’absence des États-Unis dans la lutte contre la crise climatique pourrait alors aggraver une situation déjà critique. Le monde risque de se réchauffer encore un peu plus.
Difficile de faire sans le géant américain
Le pays de l'Oncle Sam a le pouvoir de renverser la tendance en matière de réchauffement climatique. Deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (11 %), il se trouve derrière la Chine qui produit 30 % de celles-ci. Au début des années 2000, les États-Unis voyaient leurs émissions diminuer grâce à la perte de terrain du charbon. Mais le pays stagne depuis quelques années, notamment depuis l'arrivée du républicain à la houppette blonde.
Sans l'un des plus gros pollueurs, les efforts des autres pays peuvent sembler vains. Mais Richard Klein, chercheur à l'Institut de l'environnement de Stockholm, se montre optimiste auprès de Nouvelle Aube : "La non-participation d'une grande source d'émissions comme les États-Unis affecte les émissions. Cependant, quels que soient les accords internationaux auxquels les États-Unis participent, il sera dans leur propre intérêt de réduire la consommation de combustibles fossiles et d'investir dans les énergies renouvelables pour des raisons économiques."
De nombreuses inquiétudes persistent, notamment concernant la suspension de contributions financières majeures. Les États-Unis s’étaient engagés à verser 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat. Cet argent destiné à aider les pays en voie de développement à réduire leur empreinte carbone tout en faisant face au réchauffement climatique ne sortira finalement pas des poches du président américain.
Pékin, sauveur de l'Accord de Paris ?
Si le retrait des États-Unis alarme les chercheurs et les ONG, la Chine revendique un rôle clé dans la bataille climatique. Malgré son niveau élevé d’émissions, le pays occupe une place importante dans la transition énergétique mondiale. Les émissions du pays ne sont pas encore à la baisse, mais elles stagnent grâce à une transition tirée par l'électricité. Par exemple, 60 % des nouvelles capacités solaires mondiales ont été installées sur les terres chinoises en 2025.
Cette place de leader des énergies renouvelables s'explique par la recherche et les avancées que fait le pays dans le domaine : "La technologie des batteries développée par les fabricants chinois a considérablement progressé. Les prix ont baissé à un point tel que le stockage devient rentable, ce qui permet à l'énergie solaire de devenir une source d'électricité dispatchable", explique Dave Jones, analyste en chef du think tank Ember, à RFI.
Même si la Chine investit massivement dans sa transition énergétique, la méthode utilisée est questionnée pour aboutir à un réchauffement inférieur à 2 degrés. La production d'électricité à l’aide du charbon n’est pas en hausse, mais elle reste importante. La Chine ne remplace donc pas encore les énergies fossiles, elle les complète avec des énergies renouvelables pour compenser des besoins en électricité toujours plus importants. Dans ce contexte, la question de la baisse de la demande énergétique et d’une plus grande sobriété devient centrale.