Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

En bref

Les investisseurs plus enclins à investir dans l’ESG lorsqu’ils sont d’humeur "morose"

©StockSnap/Pixabay

Un rapport publié dans la revue Economics Letters montre que les investisseurs sont plus susceptibles d’investir dans des fonds ESG lorsqu’ils sont de mauvaise humeur.

Dans le cadre d’une étude parue dans la revue Economics Letters, les professeurs Alexandre Garel, de l’école de commerce Audencia à Nantes, Adrian Fernandez-Perez, de l'Université technologique d'Auckland en Nouvelle-Zélande et Ivan Indriawan de l'Université d'Adélaïde en Australie se sont penchés sur le rôle que les émotions pouvaient jouer dans la décision d’investir dans des fonds ESG. Pour ce faire, les chercheurs ont expérimenté "deux théories concurrentes sur le rôle de l'humeur dans ce choix."

La première repose sur le fait que les investisseurs seraient plus enclins à investir dans des fonds ESG lorsqu’ils sont "d’humeur morose". Le communiqué souligne à ce propos qu’il a été montré "que les actifs considérés comme entièrement ou principalement durables surpassent les actifs moins durables en cas de crise, car les investisseurs les considèrent comme plus fiables et présentant moins de risques structurels, juridiques et de réputation".

A contrario, la seconde théorie repose sur l’idée que les investisseurs seraient plus susceptibles d’investir dans des fonds durables lorsqu’ils sont de bonne humeur. Selon cette dernière, les investisseurs de mauvaise humeur "auraient tendance à se concentrer sur eux-mêmes et moins sur les autres, et seraient moins susceptibles de choisir des investissements durables" alors que les plus heureux pourraient en revanche "se montrer plus altruistes et favoriser les investissements durables parce qu'ils profitent aux autres".

Plus d’investissement ESG pour les investisseurs de mauvaise humeur

Durant 3 ans (2018-2021), les chercheurs ont ainsi saisi "l'évolution de l'humeur moyenne des ménages" de 25 pays, en utilisant "une métrique (OR) qui mesure l'évolution du pourcentage mensuel de personnes souffrant de dépression saisonnière ou en présentant des symptômes." Le communiqué explique qu’un OR plus élevé indique "une augmentation de la dépression symptomatique" et par conséquent une baisse d’humeur. Pour les pays de l'hémisphère nord par exemple, l’OR est modéré en été et en hiver, faible au printemps et élevé en automne. De leur côté, ceux de l’hémisphère sud connaissent le schéma inverse.

Nos résultats suggèrent que, lorsqu'il s'agit d'investir dans des fonds communs de placement en actions durables, l'aversion au risque déclenchée par la mauvaise humeur est une cause plus probable d'augmentation des investissements que le bonheur potentiel lié à un comportement altruiste.

L’analyse des résultats a finalement donné raison à la première théorie. Les chercheurs ont en effet observé que lorsqu'il y a une augmentation du pourcentage de personnes en dépression saisonnière, "les investissements dans les fonds à durabilité élevée augmentent par rapport aux alternatives à faible durabilité". À titre d’exemple, pour un fonds commun de placement moyen d'une taille de 100 millions de dollars US, "cet afflux de capitaux supplémentaire équivaut à 840 000 dollars US par an".

Selon Alexandre Garel, ces résultats suggèrent que "lorsqu’il s'agit d'investir dans des fonds communs de placement en actions durables, l'aversion au risque déclenchée par la mauvaise humeur est une cause plus probable d'augmentation des investissements que le bonheur potentiel lié à un comportement altruiste. Cela n'implique pas que la tristesse soit bonne pour l'environnement ou la société, mais plutôt confirme que les investisseurs considèrent les investissements durables comme une option plus sûre".