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Environnement

Pourquoi les moineaux disparaissent-ils à Paris ?

Un moineau domestique mâle, reconnaissable à son dos brun-noir, son ventre crème, sa gorge noire et sa calotte grise.
© suju-foto / Pixabay

Depuis les années 2000, les moineaux domestiques sont en déclin dans la capitale. Oiseau très commun en France, ce passereau souffre à Paris de la disparition de son habitat et de ses aliments.

On le surnomme le "piaf" ou encore le "pierrot". Le moineau domestique fait partie des espèces d’oiseaux les plus abondantes en France. Pourtant, à Paris le cri du moineau se fait de moins en moins entendre : entre 2003 et 2016, 73% des moineaux domestiques auraient disparu de la capitale, selon une enquête réalisée par la LPO et le CORIF. Comment expliquer ce déclin ?

Le moineau à Paris : seul et en déclin

En France, il existe deux principales espèces de moineaux : le moineau friquet (passer montanus) et le moineau domestique (passer domesticus). Le premier se distingue du second par la petite virgule noire qui est dessinée sur ses joues. "Alors que son congénère le moineau domestique est le moineau des villes, le friquet est le moineau des champs", explique oiseaux.net. Ainsi, pas la peine de chercher des moineaux friquets à Paris : le dernier en date a été recensé en avril 2020 ; il s’agissait d’une observation exceptionnelle.

En revanche, les moineaux domestiques sont bien plus présents dans la capitale. Habitués à cohabiter avec l’Homme, ils sont un peu partout : dans les parcs, sur les bâtiments, et même à l’intérieur des gares ! Ce sont souvent eux que l’on voit quémander des miettes de pain aux côtés des pigeons dans les parcs et jardins.

En quinze ans, près des trois quarts des moineaux domestiques ont toutefois disparus dans la capitale. "Il est si commun qu’on ne le voit plus, on ne voit même pas qu’il n’est plus là", résume la LPO Ile-de-France.

Une victime de la modernité

L'absence de nichoir explique en partie sa disparition. Le moineau aime faire son nid dans les anfractuosités des murs. Problème : à Paris, la modernisation des bâtiments fait disparaître ces cavités tant convoitées. Jusqu’aux années 2000, on trouvait d’ailleurs moins de moineaux dans les quartiers riches, où les bâtiments sont les plus neufs. Ravalement des façades, bétonisation, rénovation des logements … et voilà le moineau privé de son habitat.

Autre raison souvent évoquée pour comprendre la chute des populations de moineaux : le manque de nourriture. Omnivores, les moineaux se nourrissent principalement de graines et d’insectes. Ils souffrent donc des pesticides, qui réduisent le nombre d’insectes en ville. D’autant plus que ce sont avant tout les jeunes qui consomment des petites bêtes.

Des solutions pour aider les moineaux parisiens

Pour contrer ce déclin, la LPO met en place des opérations pour aider les moineaux domestiques à Paris. Elle mène des opérations de sensibilisation auprès des habitants pour les encourager à s'engager à la protection de ses oiseaux. Elle les invite par exemple à installer des nichoirs ou des postes de nourrissage. La végétalisation est un autre enjeu : elle permet aux moineaux de trouver plus facilement leur nourriture - insectes comme graines.

En fin d’année dernière, la LPO a lancé avec la mairie de Paris l’opération "Quartiers moineaux". Des nichoirs ont été installés pour renforcer des colonies locales de moineaux dans trois quartiers (XIIIe, XIVe et XVIIIe arrondissements). De quoi remplacer les cavités qui manquent tant aux moineaux parisiens. Et les aider à faire remonter une courbe de population en chute libre depuis une quinzaine d'années.

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