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Environnement

Paris compte préserver la biodiversité à la réouverture des parcs et jardins

Le Parc Monceau, à Paris.
©Kiev.Victor/Shutterstock

Un couple de canards colverts picorent au milieu d'une prairie: cette scène campagnarde se déroule dans un parc parisien, où la faune et la flore se sont épanouies pendant le confinement. Des changements dont veut profiter la mairie de Paris pour soutenir la biodiversité.

Le parc Montsouris, construit sous Napoléon III dans le sud de Paris, est l'un des plus grands espaces verts de la capitale. Comme les autres, il est fermé au public depuis la mi-mars et pourra rouvrir à partir du 2 juin. Seuls les animaux profitent de son lac, ses pelouses, ses arbustes et ses arbres, conifères, marronniers, érables...

Sa proximité avec d'autres espaces verts, une ligne de RER et la petite ceinture ferroviaire inutilisée, mais qui sert de couloir pour les bêtes, fait qu'il accueillait déjà de nombreuses espèces avant le confinement: hérissons, poules d'eau, merles, mésanges, pics épeiche, pics verts, colverts, hérons, libellules...

Au cours des dernières semaines, son visage a changé: les pelouses sont devenues des prairies, de nouvelles plantes sont apparues, des oiseaux et petits animaux ont été vus en plus grand nombre. "Le confinement a été extraordinaire car il a permis de révéler des espèces", s'enthousiasme Philippe Jacob, naturaliste à l'agence d'écologie urbaine de la Ville de Paris, lors d'une visite pour la presse. "Nous avons doublé le nombre d'espèces végétales observées", avec une apparition de nombreuses plantes indigènes apparues de manière spontanée, comme les coquelicots, des orties, des orchidées sauvages, des graminées.

"Il y a beaucoup d'insectes cette année, beaucoup de pollinisateurs", poursuit Philippe Jacob, qui y voit le résultat du confinement et d'une "belle saison", espérant avoir "un gain non négligeable" pour ces animaux, mais aussi d'autres.

Depuis 2007, la mairie de Paris pratique une "gestion différenciée" des parcs et des espaces verts: elle consiste à supprimer les produits phytosanitaires (pesticides, désherbants...) chimiques, à favoriser la diversité de la faune et de la flore, à ne pas tondre les pelouses à ras...

Prairies urbaines 

Elle veut à présent profiter de l'expérience unique du confinement pour donner un coup de pouce supplémentaire à la biodiversité et a réalisé un diagnostic en ce sens dans plusieurs parcs. Il s'agit de "laisser une partie de la nature s'exprimer" et de "montrer aux Parisiens ce qui s'est passé" en leur absence dans les jardins, explique Pénélope Komitès, adjointe à la mairie de Paris en charge des espaces verts.

Des jardiniers s'affairent dans le parc Montsouris, tondent, élaguent un arbre, ratissent les allées. Mais ils prennent soin de laisser des herbes hautes en lisière des clôtures du parc et des parties boisées, ainsi que sur certaines pelouses, les autres étant tondues pour que les Parisiens puissent s'y installer quand les parcs rouvriront.

D'autres gestes simples sont de "laisser pousser les clématites sur les grilles", "de ne pas couper le lierre quand il y a en a" pour offrir des lieux de nidification, "de ne pas aller piétiner les sous-bois", de ne pas ramasser tout les branchages et les feuilles tombés au sol, refuge pour les vers de terre, de tailler les arbustes après la floraison pour favoriser les insectes pollinisateurs, énumère Pénélope Komitès.

"Le but est de laisser les clairières créées le plus tard possible" avec des fauches tardives, fait savoir Jean Janicot, responsable du pôle d'exploitation des jardins des 6e et 14e arrondissements. Des panneaux explicatifs seront installés pour demander aux habitants de respecter les prairies urbaines et les lisières, tout en leur donnant des explications sur les espèces ainsi protégées.

"Nous allons prendre en compte les usages du parc, qui est très fréquenté par les familles", assure Carine Petit, la maire du XIVe arrondissement, où se trouve Montsouris. Pas question donc de fermer des parties du parc aux visiteurs qui y auront de nouveau accès, ni de le laisser retourner à l'état sauvage.

"Il faut un équilibre entre plantes indigènes et horticoles", plantées par l'homme, pour "garder l'esprit du jardin", abonde Jean Janicot.

Avec AFP.

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