Le loup, par Michael LaRosa
©Michael LaRosa
QUESTION DE LA SEMAINE

Favoriser le retour des animaux sauvages en pleine nature, un combat de tous les jours

ID vous a posé la question suivante en début de semaine : La réimplantation d’espèces animales sauvages en France vous semble-t-elle nécéssaire ? Pour la quasi totalité des votants, la réponse est oui. Réinstaurer l’équilibre naturel des espèces, une tâche ardue tant l’homme s’est imposé comme un mâle dominant sur l’ensemble du globe.  

Certains acteurs se mobilisent néanmoins pour la protection de la faune et de la flore. C’est le cas de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui lutte depuis près de 40 ans pour la réhabilitation des espèces. 

Cette semaine, ID vous a demandé si vous étiez favorables à la réimplantation d’espèces animales sauvages en France. À date de publication de cet article, vous êtes une entière majorité (92 %) à voter oui.

Sondage

La réimplantation d’espèces animales sauvages en France vous semble-t-elle nécessaire ?

Choix

Le putois, la fouine, le renard, etc. Toutes ses espèces sont dites "nuisibles". Fixé par le ministère de la Transition Écologique et solidaire, ce classement recense les espèces "susceptibles d'occasionner des dégâts, communément appelés animaux nuisibles" en raison de "l'atteinte qu'ils peuvent porter à la santé et à la sécurité publiques, à la protection de la flore et de la faune, aux activités agricoles, forestières, aquacoles et à d'autres formes de propriété."

Si ces animaux n’attisent que rarement l’empathie du grand public, ils constituent pour l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) une source de révolte et de combat permanente. "Le renard, par exemple, est toujours considéré comme un 'nuisible', alors que son rôle sanitaire et écologique est dorénavant largement documenté par de nombreuses études scientifiques. En consommant chaque année des milliers de rongeurs (souris, campagnols, mulots, etc.), non seulement le renard contribue à protéger les cultures, mais en plus il ‘nettoie’ la nature des proies malades", explique Richard Holding, chargé de communication de l’ASPAS. 

Depuis près de 40 ans, l’ASPAS défend la condition animale et les espèces jugées insignifiantes, encombrantes ou chassées. Afin de favoriser la réintroduction naturelle des différentes espèces, elle a mis en place plusieurs réserves de vies sauvages en France. L’objectif : reconstituer des îlots de nature intacte, sans impact lié à une quelconque activité humaine. "Dans la majorité des Parcs nationaux, on autorise la coupe de bois, l’élevage, et des dérogations sont souvent accordées aux chasseurs. Rien de tout cela dans les Réserves de Vie Sauvage de l’ASPAS, où le niveau de protection est à son maximum. La nature n’est pas mise sous cloche pour autant, puisqu’elle évolue et n’est pas barricadée. Nous maintenons ouverts des sentiers de découverte, pour la randonnée contemplative, ou plutôt immersive", explique Richard Holding.

De manière générale, nous dénonçons tous les abus liés à la chasse, et l’hypocrisie de la ‘mission de régulation’ que se donnent les chasseurs qui se targuent d’être les ‘premiers écologistes de France’.

Néanmoins, le chargé de communication de l’ASPAS observe un changement de mentalité de la part du grand public. "Nous notons ces dernières années, aidée par les associations et les réseaux sociaux, une immense prise de conscience citoyenne face a besoin de protéger la faune et la flore". Un changement de paradigme qui se traduit aussi par des actions concrètes. "Beaucoup de choses ont changé en 40 ans. Le loup est revenu naturellement en France, des lynx et des ours ont été réintroduits dans le Jura et les Pyrénées, des vautours dans le Vercors." analyse-t-il.

Si des actions concrètes sont menées pour permettre à la nature de reprendre ses droits, Richard Holding identifie néanmoins quelques entités comme "ennemis" de la nature. "De manière générale, nous dénonçons tous les abus liés à la chasse, et l’hypocrisie de la ‘mission de régulation’ que se donnent les chasseurs qui se targuent d’être les ‘premiers écologistes de France’". En outre, d’autres acteurs s’opposent aux espèces animales protégées, estime-t-il."L’État est aussi un ennemi des espèces strictement protégées, comme le loup, dont il autorise l’abattage d’environ 20 % de la population en 2020. Or il est démontré que cette politique de tirs est contreproductive et dangereuse pour l’espèce, dont le seuil de viabilité est estimé à environ 2000 individus par l’UICN."

Les associations de chasseurs contactées par ID n'ont pas encore répondu à nos sollicitations. 

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