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Biodiversité : une application pour découvrir la faune et la flore

©Nature solutions

Arbustes, plantes, oiseaux, mammifères, petites bêtes. En ouvrant l’œil, les espèces que l’on peut découvrir au cours de balades ou de randonnées sont nombreuses. L’application "Ecobalade" permet de les identifier, sur une soixantaine de chemins déterminés.

Ses feuilles sont en forme de lance, leurs bords sont dentelés. Elles sont disposées tout autour d’une fleur de couleur rose. Il s’agit de la "Pédiculaire des bois", une "plante semi-parasitaire, tirant une partie de sa subsistance directement des racines des plantes voisines" qui "s’installe en lisière des chemins ou de la lande littorale", peut-on lire sur "Ecobalade". Cette application à destination du grand public répertorie la faune et la flore que l’on peut découvrir le long de plusieurs sentiers de promenade ou de randonnée. Entrevue avec Olivier Rovellotti, directeur de Natural Solutions et "informaticien de plus en plus écologue", à l’origine d’ "Ecobalade".

En quelques mots, comment fonctionne l’application "Ecobalade" ?

Nous sommes une société de services spécialisée dans les données de la biodiversité, créant principalement des outils pour les professionnels. Avec "Ecobalade", nous avons réfléchi à comment démocratiser cette biodiversité, notamment en se basant sur une centaine d’espèces communes faciles à déterminer et évidentes qui se trouvent sur un parcours. Il s’agit d’un sentier d’interprétation numérique. Une fois que le parcours est téléchargé, on dispose d’une clé de détermination dédiée à ce parcours avec des critères mis en évidence : couleur de la fleur, type de feuille etc. Pour les oiseaux, on va pouvoir écouter leurs chants en amont et faire des déterminations à l’oreille. Afin d'aller plus loin, nous proposons d’autres applications, notamment l’INPI Espèces, créée avec le muséum d’histoire naturelle de Paris et dont le mode de fonctionnement est participatif. Cela s’adresse à un naturaliste un peu plus averti. "Ecobalade" n’est pas un outil participatif, c’est uniquement de la découverte.

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Quel est le modèle économique pour cette application ?

Nous vendons les sentiers d’interprétation numérique aux territoires qui veulent notamment mettre en avant leur biodiversité, qui ont un projet éducatif, ou bien qui ont déjà un sentier d’interprétation et veulent y ajouter un volet numérique plus interactif. Pour les autres outils, il s’agit de prestations de développement pour des clients. L’objectif étant d’être le "big data" de la biodiversité mondiale et d’apporter une gestion plus fine du territoire.

Avez-vous prévu de prochains développements ou des enrichissements pour l’application "Ecobalade" ?

Nous allons y intégrer un module qui était une application concurrente mais qui fait de la photo d’identification. Cela va permettre d’intégrer l’analyse de photos automatique. Nous allons également ajouter de plus nombreux parcours (autour de 60 balades ou randonnées sont répertoriées à ce jour – ndlr). Pour les territoires, l’objectif est aussi de leur apporter plus d’informations en temps réel, de leur fournir une idée de la fréquentation. Certaines destinations subissent les effets du tourisme de masse. L’idée, à terme, est également d’offrir des itinéraires bis pour réorienter les gens vers des destinations moins fréquentées.

Quel est l’objectif principal de l’application ?

La grande idée, c’est de pouvoir faire des safaris nature en France, même dans des territoires a priori peu connus du grand public. On peut, dans une logique de slow tourism, prendre le temps de découvrir cette biodiversité exceptionnelle, n’importe où. Même à Paris, il y a des promenades en bord de Seine. Si l’on prend le temps de regarder les plantes ou les fleurs, cela offre un moment d’émerveillement. L’idée est vraiment de ralentir et de découvrir ce qui se passe juste à côté de chez soi. Une espèce dont on connaîtra le nom, on va lui accorder une importance particulière, un attachement particulier. Mon objectif est que cette attention se transforme en une envie de protéger. Je viens des sports de plein air – randonnée, escalade, plongée sous-marine - et je sais que quand on a eu un contact intense avec cette nature, on y est plus attaché.