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Environnement

Hérault : à Lodève, la renaissance d'une rivière "réenchante" les habitants

© Frederic Perez /Unsplash

Elle traversait la ville, se chargeait de quelques eaux usées sans que les habitants ne fassent vraiment attention à elle. Mais depuis un projet de "renaturation", la rivière Soulondres, ses crevettes et ses oiseaux plongeurs "émerveillent" les habitants de la commune de commune de l'Hérault. 

"Historiquement, à part les propriétaires de chiens, les habitants de Lodève côtoyaient assez peu la rivière", souligne Jean-Pablo Vezzoli, un des animateurs du projet, "ambassadeur de la biodiversité" chargé de retisser le lien entre la Soulondres et la ville de 7.500 âmes, où taux de pauvreté et de chômage dépassent largement les moyennes nationales.

Un projet citoyen pour restaurer la rivière

Considéré comme l'un des plus aboutis du genre par l'Agence de l'Eau, l'organisme chargé en France de lutter contre la pollution des eaux, ce projet citoyen doté d'un budget de 300.000 euros (2019-2022) associe des habitants, des associations et la communauté de communes du Lodévois et du Larzac.

L'association "Oeuvre d'eau" a commencé par lancer des collectes de déchets sur les berges de la Soulondres qui longe collège, lycée, piscine et hôpital, puis le centre ancien dominé par la majestueuse cathédrale Saint-Fulcran, avant de passer sous un pont de pierre et de se jeter dans la Lergue en pleine ville.

"La Soulondres est une magnifique rivière méditerranéenne", déboulant des pieds du plateau calcaire du Larzac, s'enthousiasme Mathieu Catala, technicien de rivière en montrant les aménagements effectués depuis le début du projet. "Des travaux ont été menés sur les réseaux des eaux usées pour limiter fuites et rejets, les seuils qui entravent la circulation des poissons ont été éliminés ou adaptés, des chemins piétons ont été créés sur les berges. Et puis des enfants des écoles ont été invités à planter des essences locales: cornouillers, érables, noisetiers, aulnes, saules..." poursuit-il.

Les enfants sont sensibilisés à la biodiversité du cours d'eau

Jean-Pablo Vezzoli, l'animateur de 34 ans, transmet aux plus petits des notions d'écologie à travers des contes sur le ruissellement de l'eau ou la fragilité des écosystèmes et "joue beaucoup sur l'émerveillement".

Ils "ont été enchantés de planter des arbres et cela leur a aussi permis de sortir pendant la crise sanitaire. Symboliquement, c'est assez fort: des enfants qui ne fréquentaient pas les berges auparavant se sont littéralement enracinés dans le projet et reviennent régulièrement voir et arroser 'leurs arbres' ".

Pour motiver des collégiens, il est passé par des "activités pratiques", notamment des relevés d'insectes et entamera à la rentrée des animations à destination de lycéens, qui souvent, "ont conscience des difficultés autant économiques qu'écologiques" mais sont parfois "dans le désespoir face au monde actuel" et aux menaces sur l'environnement.

La Soulondres a de quoi émerveiller les visiteurs par sa riche biodiversité, y compris dans sa partie urbaine, souligne le naturaliste Vincent Prié, qui en a fait l'inventaire. Il cite de petits escargots et crevettes vivant dans le sous-écoulement et attestant de la bonne santé du cours d'eau régulièrement "nettoyé" par les crues hivernales.

Une renaissance de la nature

Vincent Prié évoque aussi "une grande diversité de chauves-souris" et de "très grosses densités de cincles plongeurs", de petits oiseaux qui "marchent sous l'eau et retournent les cailloux pour manger de petits insectes aquatiques".

La loutre, véritable mascotte pour la population, est également en pleine recolonisation du bassin, y compris dans sa partie urbaine."Il était important que les habitants s'approprient à nouveau leur rivière, sa faune et sa flore, au coeur même de la ville", résume Arnaud Le Beuze, directeur du service eau, rivières et assainissement à la Communauté de communes.

Lors d'une récente consultation publique, la population a demandé à ce que soit sanctuarisée une forêt d'un hectare bordant la Soulondres dans sa zone urbaine. Amélie Genesta, une habitante de 34 ans dont la fille apprend à marcher parmi de jeunes plants plus hauts qu'elle au bord de l'eau résume: "Quand notre rivière va mieux, nous allons mieux, ça réenchante Lodève".

 

Avec AFP.

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