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Environnement

Conversion en bio : quel défi pour les agriculteurs ?

(à gauche) Maxime Durand, cofondateur de PourDemain
© DR

Baisse des rendements, hausse du coût de la main d’oeuvre, nouveaux investissements : la période de conversion en bio peut présenter de nombreux obstacles. Rencontre avec Maxime Durand, cofondateur de PourDemain (ex BioDemain), une marque éthique qui aide les agriculteurs à passer à la bio.  

La période de conversion, qui dure entre deux et trois ans, peut s’avérer difficile pour les producteurs. Pour les aider à passer ce cap, PourDemain (anciennement BioDemain) commercialise en magasins bio spécialisés une gamme de produits d’épicerie qui rémunère justement les agriculteurs. Interview avec Maxime Durand, cofondateur de PourDemain qui a pu accompagner plus de 250 producteurs depuis sa création. 

Les bénéfices de l’agriculture biologique sont nombreux. Ce mode de production permet notamment de préserver la qualité des sols, de l’air et de l’eau. Passer en bio ne présente-t-il que des avantages pour un agriculteur ? 

La bio n'a pas que des avantages pour l'agriculteur. Bien qu'elle apporte une sérénité sanitaire en exposant moins l'agriculteur à des produits phytosanitaires, un modèle plus rentable et plus écologique, la bio a d'autres contraintes. Ce mode de production présente un risque d'exposition aux maladies et aux nuisibles. Les méthodes organiques restent moins puissantes que les méthodes de synthèse.  

Pour équilibrer ses sols et avoir besoin de moins d’intrants, l’agriculteur doit également jongler avec plus de cultures différentes. Cela signifie revenir aux fondamentaux de l’agronomie. La bio nécessite enfin plus de main d'œuvre. Bien que cela soit très positif de créer de l'emploi, cela reste une charge mentale pour l'agriculteur qui doit embaucher, souvent des saisonniers, et trouver une nouvelle organisation. Tous les agriculteurs ne sont pas des managers. 

 Quels sont les principaux freins ?

La période de conversion biologique est complexe pour l'agriculteur car il va devoir cultiver en bio, avec toutes les contraintes que cela représente (chute de rendements, hausse du coût de la main d'œuvre, hausse des investissements...) mais pour autant sans avoir le label bio et donc, le prix bio. Cela rend la conversion financièrement compliquée. A cela s'ajoute la pression mentale de la difficulté technique de la conversion.

En comparant avec les autres pays de l’UE, quelles sont les particularités de nos pratiques agricoles bio ?

Il faut savoir que le cahier des charges bio est aujourd'hui unifié sur toute l'Union Européenne. La base est donc la même. Il y a toutefois quelques règles supplémentaires concernant des élevages assez "uniques" à la France comme l'escargot ou le lapin. 
Et la grande différence que j'ai pu noter (qui est d'ailleurs très positive), c'est l'interdiction d'avoir des serres chauffées de manière non-durable en bio et l'interdiction de commercialiser des produits d'été entre le 21 décembre et le 30 avril afin d'éviter toute surexploitation des serres chauffées sur les mois les plus froids de l'année !

La crise énergétique représente-t-elle, selon vous, un enjeu pour le développement d’un modèle agricole durable?

La crise énergétique est un facteur important à prendre en compte pour la transition vers un modèle plus durable : et c'est un facteur en notre faveur ! La hausse des coûts de l'énergie favorise les modèles plus sobres qui nécessitent moins d'intrants issus de la pétrochimie. Cela va obliger les modèles agricoles les plus énergivores à se réinventer... Et c'est une excellente nouvelle !

Certains consommateurs sont dubitatifs quand on leur parle du cahier des charges bio, que peut-on leur répondre ?

Je ne vois pas d'intérêt à être moralisateur : je crois qu'on a un énorme travail de fond à faire pour prouver et rassurer tous les citoyens sur le cahier des charges bio. Ce cahier des charges a subi de plein fouet les attaques des gros industriels, des lobbies et de certains politiques... La vérité est - bien qu'il soit perfectible, qu'il reste, à date, la meilleure alternative à l'agriculture conventionnelle.  

La bio a des impacts positifs sur les trois piliers du développement durable. D’un point de vue économique, il permet la création d’emploi (+ 50% en moyenne) et de modèles agricoles plus rentables. Sur le volet environnemental, il favorise la captation de carbone par les sols, protégè les sols, l’eau et la biodiversité. Enfin, sur le volet social, il protège la santé des agriculteurs, des consommateurs et des populations rurales. 

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