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Entreprises

Rentrée : et si on oubliait le neuf pour passer aux appareils reconditionnés ?

Le marché du reconditionné fait de plus en plus d'adeptes, et notamment celui des smartphones. Une étude du cabinet Counterpoint Research note une croissance mondiale de 13 % en 2017 des ventes de mobiles remis en état après avoir déjà servi. 

En termes d'appareils électroniques aussi, la seconde main a la cote. 140 millions de smartphones reconditionnés ont été vendus dans le monde en 2017, soit 13 % de plus par rapport à l'année précédente, selon une étude du cabinet Counterpoint Research. Les mobiles ne sont pas les seuls à pouvoir connaître un deuxième souffle : tablettes, ordinateurs, objets connectés, TV, appareils audio sont aussi régulièrement remis à neuf par des acteurs du reconditionnement avant d'être de nouveau proposés à la vente. Une offre qui favorise l'économie circulaire à l'heure où la quantité de déchets électroniques augmente dans le monde et où leur taux de recyclage et de collecte demeure faible.

Le dernier rapport bisannuel de l'Université des Nations unies sur le sujet précise que le monde a généré près de 45 millions de tonnes de déchets électroniques en 2016, ou "l'équivalent de 4500 Tours Eiffel", soit une hausse de 8 % par rapport à l'année précédente. Seulement 20 % d'entre eux sont recyclés. En 2021, 52,2 millions de tonnes de déchets électroniques devraient être produits dans le monde. Ces déchets contiennent des métaux précieux dont la valeur totale était estimée à 55 milliards de dollars en 2016 : de l'or, du cuivre, de l'argent, du platine... Or, ceux-ci finissent en bonne partie incinérés : des ressources perdues, et dont la fin de vie dégrade l'environnement. 

Focus sur "Vente du diable", un pionnier du reconditionné

En France, plusieurs professionnels proposent à leurs clients la vente de produits reconditionnés, les incitant à faire durer davantage les métaux les composant. La plateforme "Vente du diable" est une pionnière en la matière, puisqu'elle pratique le reconditionnement d'appareils électroniques depuis 2001. Selon le directeur de la communication de l'entreprise, Ludovic Saint-Aroman, le simple terme de "reconditionnement" est aujourd'hui familier de tous et les clients sont de plus en plus sensibles à la démarche d’achat de produits déjà utilisés et remis à neuf.

"Vente du diable" remet en état en France aussi bien des smartphones que des tablettes, des objets connectés, des téléviseurs, des produits audio, ou encore de l'électroménager. Contrairement aux places de marché qui mettent en relation un acheteur et un vendeur, l'entreprise possède ses propres stocks, ainsi que des usines de traitement des produits. Les appareils à reconditionner proviennent de marchés mondiaux, en grande partie des États-Unis. Dans les usines de "Vente du diable", en France, ces produits sont audités, réparés et nettoyés, avant d'être vendus.  

Limiter l'exploitation de ressources

À terme, "Vente du diable" compte mettre en place un "buy back" afin de collecter directement les produits de ses clients : à titre d’exemple, 30 millions de smartphones dorment notamment dans nos tiroirs en France. Certains consommateurs ne savent pas où peuvent être collectés leurs appareils, d'autres craignent de laisser des données sur leur téléphone, d'autres encore estiment que les coûts de rachat ne sont pas suffisamment attractifs, estime Ludovic Saint-Aroman. L’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) rappelle pourtant qu’il faut environ quatre tours du monde pour fabriquer un smartphone, entre l’extraction et la transformation des matières premières, la fabrication des principaux composants, l’assemblage, la conception et la distribution. D'où l'importance de leur donner une seconde vie et d'acheter lorsque nécessaire à son tour des appareils électroniques reconditionnés. 

"Le fait d'acheter des produits reconditionnés a un véritable impact écologique, remarque Ludovic Saint-Aroman. Une société du groupe a réalisé une étude validée par Carbone 4 (ndlr : cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie carbone) indiquant que lorsque l'on prend un i-Phone en reconditionné plutôt que neuf, il y a une économie d'équivalence de CO2 de l'ordre de 90 %. Et vous évitez d'épuiser à nouveau certaines ressources."