Aller au marché, choisir des légumes produits près de chez soi, privilégier les circuits courts… Ces conseils donnent l'impression de réduire son impact environnemental. Mais la réalité est plus nuancée : un aliment local n'est pas forcément un aliment plus durable. Le transport n'est en réalité qu'une partie de l'empreinte écologique d'un produit : la manière dont il est cultivé ou fabriqué peut avoir un impact bien plus important.
Une tomate produite localement sous une serre chauffée en hiver peut nécessiter davantage d'énergie qu'une tomate cultivée en plein air dans une région plus éloignée. Manger local reste toutefois intéressant lorsqu'il s'accompagne d'autres choix : privilégier les produits de saison, limiter les aliments très transformés, éviter le gaspillage et favoriser des modes de production plus respectueux de l'environnement.
Le local soutient aussi l'économie des territoires
Mais acheter des produits locaux ne répond pas uniquement à un enjeu écologique. Ce choix peut également contribuer à soutenir l'activité économique des territoires en permettant aux producteurs de conserver une plus grande part de la valeur de leurs produits. Les circuits courts favorisent aussi les échanges entre consommateurs et agriculteurs et permettent une meilleure connaissance de l'origine des aliments.
Dans certaines régions, ces modes de distribution participent également au maintien d'exploitations agricoles de proximité. Marchés, AMAP ou magasins de producteurs offrent ainsi des débouchés complémentaires aux agriculteurs tout en rapprochant les consommateurs du monde agricole.
Les circuits courts ont aussi leurs limites
Si les circuits courts sont souvent associés aux produits locaux, ils ne constituent pas une solution universelle. Tous les producteurs n'ont pas la possibilité de vendre directement aux consommateurs et certaines filières restent dépendantes de réseaux logistiques plus importants.
Par ailleurs, multiplier les déplacements individuels en voiture pour acheter de petites quantités de produits peut parfois réduire une partie des bénéfices environnementaux attendus. L'impact dépend donc aussi de la manière dont les achats sont réalisés et du mode de transport utilisé.