Émissions de gaz à effet de serre, élevage, saisonnalité, alternatives végétales… Voici quelques repères pour mieux comprendre l’impact du fromage, et apprendre à le consommer de manière plus responsable.
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Fromage : comment se faire plaisir… sans alourdir son empreinte carbone ?

Produit emblématique du patrimoine gastronomique français, le fromage s’invite quotidiennement dans l’assiette de millions de consommateurs. Mais derrière ce plaisir bien ancré se cache une empreinte environnementale loin d’être anodine. Émissions de gaz à effet de serre, élevage, saisonnalité, alternatives végétales… Voici quelques repères pour mieux comprendre l’impact du fromage, et apprendre à le consommer de manière plus responsable.

Camembert, comté, chèvre frais, roquefort… En France, le fromage est presque une affaire nationale. Et les chiffres le confirment : avec environ 26 kilogrammes consommés par personne en 2024, les Français restent les plus gros consommateurs de fromage au monde, selon les données du ministère de l’Agriculture.

Derrière cet attachement culturel se cache pourtant une réalité moins appétissante : produire du fromage a un coût environnemental important. Faut-il pour autant tirer un trait sur son plateau de fromages ? Pas forcément. Car tous ces produits ne se valent pas, et certaines habitudes permettent de réduire leur impact sans renoncer au plaisir.

Un produit plus émetteur qu’on ne l’imagine

Le fromage concentre une grande quantité de lait. Et qui dit lait, dit élevage, alimentation animale, transport, transformation… autant d’étapes qui pèsent dans le bilan carbone final.

Selon la plateforme Our World in Data, affiliée à l’université d’Oxford et fondée sur les données de plus de 38 000 fermes dans 119 pays, un kilo de fromage émet en moyenne 23,88 kg d’équivalent CO2. C’est bien moins que la viande bovine, qui grimpe à 99,48 kg, ou que le mouton et l’agneau, à 39,72 kg. Mais le fromage reste nettement plus émetteur que le porc (12,31 kg) ou le poulet (9,87 kg).

Pour autant, tous les produits laitiers ne présentent pas le même impact. Et plusieurs critères peuvent aider à faire des choix plus cohérents.

lait

Derrière un fromage, une saison et un élevage

Le goût d’un fromage dépend aussi de ce que mangent les animaux. Et donc, indirectement, de la saison. Au printemps et en été, les vaches, chèvres ou brebis élevées en extérieur consomment davantage d’herbes fraîches, de fleurs ou de plantes variées. Leur lait est souvent plus parfumé et plus léger. C’est la grande saison de nombreux fromages comme le saint-nectaire ou certains chèvres frais.

En hiver, l’alimentation repose davantage sur le foin, les céréales ou l’ensilage. Les fromages deviennent alors plus riches et plus crémeux, comme le morbier ou certains bleus.

La question du rythme naturel des animaux entre aussi en jeu. Les chèvres et les brebis, notamment, ne produisent pas du lait toute l’année dans les mêmes conditions. Certaines productions très intensives cherchent à lisser cette saisonnalité, avec un impact parfois plus lourd sur les ressources et sur les conditions d’élevage. 

S’intéresser à l’origine d’un fromage, à son mode de fabrication ou aux pratiques de l’éleveur permet donc déjà d’y voir plus clair.

Local, fermier, végétal : des pistes pour alléger son impact

Acheter directement auprès d’un producteur local reste souvent l’un des moyens les plus simples de mieux comprendre ce que l’on consomme. Les circuits courts limitent les intermédiaires et réduisent aussi les émissions liées au transport et au stockage.

Les labels biologiques peuvent également constituer un repère utile, même s’ils ne garantissent pas à eux seuls un impact environnemental faible. Ils imposent néanmoins certaines règles sur l’alimentation des animaux, les traitements ou l’usage des pesticides.

Depuis quelques années, une autre alternative gagne du terrain : les fromages végétaux. Fabriqués à partir de noix de cajou, d’amandes ou de laits végétaux, ces produits évitent l’élevage animal, qui représente la principale source d’émissions dans les produits laitiers.

Selon les travaux de Joseph Poore et Thomas Nemecek publiés en 2018 dans la revue Science, la production d’un litre de lait de vache génère environ 3,15 kg d’équivalent CO2, soit bien davantage que la plupart des boissons végétales.

Sans forcément supprimer totalement le fromage, réduire les quantités consommées, privilégier des produits fermiers ou locaux, ou varier avec des alternatives végétales peut donc permettre de limiter son impact. Une manière de continuer à savourer un bon morceau de comté… avec un peu plus de recul sur ce qu’il représente.

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©Our World in Data