Selon l'observatoire économique d'Alliance France Cuir, chaque Français achète en moyenne 2,5 paires par an.
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Empreinte carbone : comment bien choisir ses chaussures ?

Face à l’urgence climatique, même nos choix les plus quotidiens comptent. Acheter une paire de chaussures n'est pas anodin : derrière chaque semelle se cache un coût environnemental important. Alors, comment marcher confortablement sans alourdir son empreinte carbone ?

Avant même d'atteindre votre placard, une paire de chaussures a déjà laissé une empreinte bien plus lourde qu'il n'y paraît. ID vous pose trois questions pour mieux choisir vos prochaines chaussures. 

Pourquoi une nouvelle paire ?

Et si les baskets que vous portez aujourd'hui avaient déjà parcouru plus de kilomètres que vous cette année ? Selon l'observatoire économique d'Alliance France Cuir, chaque Français achète en moyenne 2,5 paires par an. Le prix moyen s'élève à 80 euros par paire, mais la question ici est celle de la facture environnementale. Derrière une couleur, un motif et un modèle se cachent 15 kg d'équivalent CO2 émis en moyenne d'après les estimations de l'Ademe.

Entre les opérations d'extraction de matières premières, de transformation puis de transport, l'impact environnemental est non négligeable. Bien sûr, plus la durée de vie de votre paire de chaussures est longue, plus son impact s'en trouve diminué. Si vous gardez vos plus belles sneakers pendant trois années, alors cela ne représente plus que 5 kg d'équivalent CO2 par an. Ainsi, il est conseillé de ne pas changer de chaussures trop régulièrement.

D'où vient-elle ?

Une fois que vous avez passé le cap de savoir si vous avez réellement besoin d'une nouvelle paire, il est important de connaître sa provenance. Selon un rapport de la Fédération française de la chaussure, plus de 439 millions de paires ont été importées en France en 2024. Un véritable raz-de-marée, majoritairement en provenance d'Asie (56 %). Ce chiffre illustre une forte dépendance aux productions étrangères, souvent synonymes de chaînes logistiques longues et énergivores. 

La facture environnementale risque dès lors d'être salée. Que ce soit par avion, cargo ou poids lourd, les émissions de CO2 sont conséquentes pour relier la Chine à l'Hexagone. Acheter Made in France ou Made in Europe permet ainsi de réduire considérablement les distances de transport et donc les émissions associées. Cela favorise également des conditions de production mieux encadrées sur le plan social et environnemental.

En quoi est-elle faite ?

Le choix des matériaux est déterminant. Le cuir, par exemple, est souvent critiqué pour son impact élevé. L'élevage est l'une des activités les plus polluantes : il représente 12 % des émissions de gaz à effet de serre causées par l'humain, selon l'ONU. Les opérations de tannage consomment également une grande quantité d'eau et de produits chimiques. En face, les matières synthétiques à base de pétrole posent des problèmes de pollution et de recyclabilité.

Opter pour des matières recyclées ou biosourcées permet donc de limiter cet impact. Des solutions audacieuses émergent, comme l'utilisation de raisins et d'huiles végétales pour construire une fibre solide et confortable. Les déchets de pommes ou encore le mycélium tendent également à se développer sur ce marché porteur. Autant de pistes prometteuses, à condition qu'elles ne restent pas marginales.