CHRONIQUE

Dans le rétro : zoom sur les circuits courts, ou l'art de manger local !

©Andriy Blokhin/Shutterstock

Chaque samedi à 9h, tout l'été sur France Inter, une personnalité engagée pour la transition écologique évoque son parcours, ses engagements et son quotidien, dans le cadre de l'émission "Des idées pour demain", présentée par Valère Corréard. Également au programme, une chronique "Dans le rétro" proposée par Camille Dufétel, rédactrice en chef d'ID. L'idée : jeter un coup d’œil sur les solutions d’hier... de retour aujourd'hui !

Samedi 27 juillet, l'invitée de l'émission Des idées pour demain est la navigatrice Isabelle Autissier. En sa présence, on se souvient du temps où manger local était une évidence...

On va jeter un œil dans le rétroviseur des solutions et parler… circuits courts ! Ou tout simplement le fait de manger local. Pour ce faire, je vous propose un petit voyage… gustatif ! On remonte un peu dans le temps, dans les années 60, on embarque chez ma grand-mère Solange, mon grand-père Paul et leurs quatre enfants dans le Pas-de-Calais. Direction la cuisine et qu’y trouve-t-on ? Du poulet, du lard, des œufs, des haricots verts, bleus, ou jaunes, des navets, des carottes, des poireaux, de l’oseille, des endives… Du lait, du beurre, de la crème… Mais aussi une tarte à la rhubarbe, de la glace à la fraise, des confitures, des beignets de pommes et même du cidre… Bref, de quoi se faire un festin… 

Quelle était la particularité de tous ces aliments, à votre avis ? Ils n'avaient pas fait le tour du monde avant d'arriver là, bien sûr ! On ne se faisait pas des tartines aux avocats du Pérou, à part peut-être dans les pires cauchemars de mes grands-parents. C'est vrai qu'ils avaient aussi la particularité d’être agriculteurs, tout cela provenait de leur ferme, ils cuisinaient leurs propres produits… Mais ils étaient à l’image de leur époque, une époque où l’on mangeait beaucoup plus local qu’aujourd’hui, à la campagne comme à la ville. Direction la petite épicerie du coin, on faisait marcher les petits commerçants, on aller chercher des produits dans les fermes voisines – par exemple on venait avec le pot à lait chercher le lait – et on profitait des marchés. Ce que ma grand-mère allait chercher à l’épicerie, c’était surtout les pâtes, le riz, du poisson, du vinaigre, du vin, et quelques produits d’importation on va dire "basiques" comme du chocolat, des bananes et du café.

Et après ? La distribution de masse

Les années 60 voyaient pourtant déjà pointer un peu le début de la fin d’une époque avec l’arrivée du supermarché dès la fin des années 50 et de l’hypermarché dès 1963… Au fil des années, on est entré dans l’ère de la distribution de masse, du ballet infernal des caddies et des promos à gogo, sur des produits qui bien souvent ont vu bien plus de pays que nous et qui ont un impact carbone loin d’être négligeable. On a un choix fou, tellement fou qu’on en arrive à oublier les fruits et légumes qui sont de saison et qui poussent dans notre propre région. 

Aujourd'hui, on sent toutefois une nette envie chez les Français de manger davantage local… Les circuits courts feraient-ils leur grand retour ? Il y a toujours évidemment les traditionnelles ventes directes à la ferme et sur les marchés, mais l'on voit fleurir aussi de nouvelles solutions pour consommer des produits locaux : les AMAP par exemple - Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Ce système permet à un groupe de consommateurs d’établir un contrat solidaire avec un producteur, généralement conclu pour une saison de production. Le contenu du panier que l’on récupère varie selon les aléas de la production.

On entend aussi beaucoup parler de "La Ruche Qui Dit Oui !", qui propose aux consommateurs des produits à commander en ligne et à récupérer dans une Ruche, c’est-à-dire un point relais de producteurs locaux. Pour comprendre plus précisément comment ce système fonctionne, direction le site laruchequiditoui.fr. Dans le même esprit, citons également locavor.fr, "locavor" faisant référence au locavorisme. L’idée globale est non seulement de privilégier des produits locaux mais aussi des produits frais et de saison, de limiter le gaspillage alimentaire, et puis aussi de garantir une meilleure rémunération des producteurs grâce à la réduction des intermédiaires.

Et puis à chaque région ses solutions, de nombreuses plateformes se développent pour commander et récupérer des produits locaux un peu partout… Citons Localizz.fr en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou encore LeCourtCircuit.fr dans les Hauts-de-France. Les drive fermiers aussi se développent, pour acheter en quelques clics les produits fermiers et du terroir de sa région…

Isabelle Autissier répond aux questions de Valère Corréard sur France Inter.
©Antoine Vandeville/ Radio France

Pour réécouter la chronique Dans le rétro et l'ensemble de l'émission Des idées pour demain, c'est par ici :

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