Les chercheurs et les entreprises se tournent vers l'intelligence artificielle pour favoriser l'écoconception et le recyclage des produits.
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Comment l'IA peut favoriser l'économie circulaire ?

Face à l'épuisement des ressources et à l'explosion des déchets, nos modèles de production doivent se réinventer. Pour relever ce défi, l'intelligence artificielle pourrait jouer un rôle décisif dans l’essor de l'économie circulaire.

Extraire, produire, jeter : nos sociétés fonctionnent sur un modèle linéaire. Selon l'ONU Environnement et l'International Resources Panel, 30 milliards de tonnes de matières ont été extraites dans le monde en 1970, contre 107 milliards de tonnes en 2024. Le problème : les ressources de notre planète ne sont pas infinies. La transition vers une économie circulaire est alors un impératif fondamental.

Approvisionnement durable, écoconception, allongement de la durée d'usage… Autant de mesures qui permettent de limiter notre impact planétaire. Ce modèle vise à réduire le gaspillage en bouclant les cycles de production et de consommation. Dans ce contexte, chercheurs et entreprises se tournent vers l'intelligence artificielle (IA) pour trouver les solutions de demain. Capable d'analyser des volumes massifs de données et d'optimiser des systèmes complexes, elle s'impose comme un levier stratégique pour accélérer cette transformation.

L'IA au service de l'écoconception

Si beaucoup misent sur l'IA, c'est parce qu'elle ouvre de nombreuses possibilités. Plusieurs laboratoires de recherche et entreprises comme CuspAI développent des IA génératives qui sont de véritables moteurs de recherche de matériaux. L'intérêt ? Lorsque l'on cherche à produire un objet aux propriétés particulières, on peut demander à l'intelligence artificielle de proposer la structure moléculaire optimale. Dégradation, stabilité, rareté… Plusieurs paramètres peuvent être pris en compte pour limiter l'impact environnemental.

Dans cette optique, la durée de vie des produits peut être allongée et leur recyclage est pensé dès leur conception. Cette innovation progresse à une vitesse impressionnante : l'outil GNOME de Google DeepMind a récemment identifié plus de 2 millions de structures cristallines théoriques. C’est 45 fois plus que ce que la science a découvert à ce jour, ce qui permet d'innover à grande vitesse.

Identification et tri des déchets

Au-delà de la conception, l'IA permet également d'améliorer le réemploi. Aujourd'hui, la technologie s'installe même dans les centres de tri des déchets. L'entreprise GreyParrot analyse en temps réel les flux de déchets grâce à des systèmes dopés à l'IA. L'outil identifie les matériaux avec une grande précision et surtout à toute vitesse. Chaque minute, la caméra capte des milliers d'éléments défilant sur des tapis qui roulent à trois mètres par seconde.

Le volume de déchets traités est ainsi plus important et le recyclage gagne en efficacité. Selon une publication de la Columbia Climate School, les installations bénéficiant du soutien de l'IA atteignent des niveaux de pureté de 95 % dans les produits recyclés. Ce point est essentiel lorsque l'on souhaite recycler des plastiques, souvent composés de substances chimiques, en toute sécurité. À terme, ces technologies pourraient transformer en profondeur la manière dont nous produisons, consommons et valorisons nos déchets. Moins de pertes, un recyclage plus fiable et plus rentable : ces avancées sont déjà à portée de main.