L'intelligence artificielle est partout : dans nos téléphones, nos ordinateurs et même nos moyens de transport. Ses plus fervents promoteurs affirment que l'IA pourrait nous aider à lutter contre le dérèglement climatique. Au contraire, les défenseurs de l'environnement accusent l'outil de consommer énormément de ressources et de polluer notre planète. Alors, qu'en est-il ?
Une "tactique de greenwashing"
Six associations basées aux États-Unis ont tenté de répondre à cette question dans un rapport publié le 17 février 2026. Le constat de ce travail est alarmant : elles accusent les entreprises de la tech d'avoir une "tactique de greenwashing". Pour ce faire, les géants utiliseraient des chiffres erronés. Des représentants de Google affirment par exemple que l'IA pourrait réduire de 5 à 10 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2030.
Mais selon les ONG, "les promesses de solution à grande échelle reposent souvent sur des vœux pieux et sont presque toujours présentées avec peu de preuves". L'étude met en avant la confusion entre l'impact des différentes IA. Les "traditionnelles", utilisées pour des logiciels de traduction par exemple, sont beaucoup moins énergivores que la nouvelle génération d'intelligence artificielle. Ces dernières prennent la forme de robots conversationnels (ChatGPT, Gemini, Copilot, etc.) et demandent une grande quantité de minerais et d'énergie pour fonctionner.
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Les centres de données, un gouffre environnemental
Si la nouvelle génération d'IA a un impact non négligeable sur la planète, c’est parce qu'elle fonctionne grâce aux centres de données. Ces bâtiments, qui réunissent une grande quantité de matériels informatiques, sont particulièrement polluants. Dans une publication de 2025, les Nations Unies pointent un problème majeur : l'épidémie de ces édifices. Avec le développement des IA génératives, leur nombre est passé de 500 000 centres en 2012 à 8 millions en 2025.
Ces mégastructures abritent une quantité massive de composés électroniques très coûteux : "fabriquer un ordinateur de 2 kg nécessite 800 kg de matières premières", affirment les auteurs du rapport. Les centres de données produisent également des déchets électroniques, contenant des substances comme du plomb ou du mercure. Mais la principale source d'inquiétude pour les scientifiques reste l'appétit gargantuesque en eau des data centers. Selon des chercheurs de l'Université de Californie, "les infrastructures liées à l'IA pourraient bientôt consommer six fois plus d'eau que le Danemark".