Face à la crise climatique, une seule solution s'impose : l'adaptation. C'est sur cette idée que le Fonds vert a été créé en 2023, porté par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. L'objectif est de soutenir la transition écologique des collectivités territoriales, dont les besoins de financement étaient estimés à 40 milliards d'euros en 2020. Le Fonds vert accompagne ainsi les collectivités dans le financement de projets d'atténuation et d'adaptation au changement climatique.
De la lutte contre les incendies à la rénovation des écoles en passant par la renaturation de friches côtières… Les projets sont nombreux, mais les subventions peinent à suivre. L'année de son lancement, le fonds a versé 2 milliards d'euros de subventions, puis seulement 1,6 milliard en 2024, et enfin 1,15 milliard en 2025. Pourtant, les besoins des territoires ne font qu'augmenter, alors que les effets du réchauffement climatique se multiplient. Une situation qui interroge sur la pérennité du dispositif.
Un budget en baisse, malgré des résultats concrets
Cette année ne fait pas exception : le fonds a été raboté avec une enveloppe de 837 millions d'euros. Un montant en net recul par rapport aux années précédentes, qui suscite l'inquiétude des élus locaux. Cette baisse pourrait d'ailleurs se poursuivre. Bercy a annoncé mardi 4 milliards d'euros d'économies afin de faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient. L'écologie figure parmi les secteurs touchés par ce plan avec 275 millions d'euros annulés ou gelés au titre des autorisations d'engagement.
Le Fonds vert a tout de même financé 25 000 projets depuis son lancement, particulièrement autour de la rénovation énergétique des bâtiments. Selon le ministère de la Transition, près d'un tiers des opérations financées à travers les dotations d'investissement de l'État concernent directement l'adaptation des établissements scolaires. Un effort notable, mais insuffisant face à l'ampleur des défis à relever.
Une aide "pas à l’échelle"
Si l'impact positif du fonds n'est pas négligeable, un sentiment amer d'inachevé pèse autour du Fonds vert. "C'est une aide qui est bienvenue pour nous aider à financer nos projets, mais qui n'est pas à l'échelle", estime Jean-François Vigier, vice-président de l'Association des maires de France (AMF). Les collectivités, souvent en première ligne face aux canicules ou aux intempéries, réclament des moyens plus ambitieux. Sans eux, l'adaptation risque de rester un voeu pieux.
Cette insuffisance des financements se fait déjà sentir dans plusieurs domaines, notamment dans les établissements scolaires. Alors que la chaleur frappait la France à la fin du mois de mai, les élèves ont fait face à des pics de chaleur proches de 40 °C. "Ce ne sont pas des conditions optimales d'apprentissage", admet le ministre de l'Education, Edouard Geffray, sur le plateau du "20 Heures" de France 2. Dans ce contexte, la baisse des crédits du Fonds vert risque d'accentuer les difficultés des collectivités à préparer leurs territoires aux effets du changement climatique.