Selon l’Ademe, la France est le quatrième pays mondial et le premier pays européen consommateur d’articles de sport et de loisirs.
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Société

Vêtements, équipements sportifs... Comment les choisir ?

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Les vêtements et équipements, indispensables à la pratique physique, sont aussi source de pollution. Comme dans la vie quotidienne, le mot d’ordre : consommer moins, mais mieux. Plusieurs leviers pour y parvenir tels que les labels environnementaux, l’éco-conception, la seconde main ou encore la location.

Changer ses habitudes de consommation concerne aussi la pratique sportive. Selon l’Ademe, la France est le quatrième pays mondial et le premier pays européen consommateur d’articles de sport et de loisirs. Une situation qui pose toutefois problème à plusieurs égards. La conception de ceux-ci – qui nécessite généralement des matières et tissus techniques - relève de procédés de fabrication souvent polluants. Sans compter le fait que le "100 % made in France" reste rare, induisant des émissions de gaz à effet de serre liées au transport.

Aussi, la fin de vie de ces produits tient également une part importante de leur bilan carbone total, avec un taux de recyclage encore à la marge : à titre d’exemple selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, la collecte des textiles usagés en France atteint seulement 35 % parmi lesquels 33 % sont envoyés vers des filières de recyclage. Quant au reste de ces "déchets" échappant à la collecte, ceux-ci rejoignent "les ordures ménagères pour être incinérés ou enfouis".

Enfin, les habitudes d’achat tendent globalement vers la surconsommation. Avec une offre foisonnante sur le marché, des produits qui se dégradent trop vite, une mode qui se renouvelle sans cesse, de nouvelles technologies qui émergent, ou encore des stratégies marketing poussant à l’achat, difficile pour le consommateur d’échapper à l’envie - ou au besoin – de remplacer trop régulièrement ses produits. D’un autre côté, une prise de conscience générale s’opère et la transition écologique impose quelques changements de paradigmes. D’une tendance à la surconsommation nait aussi celle de la "déconsommation". Les enseignes répondent présentes et plusieurs offres alternatives se développent sur le marché, comme l’éco-conception, la seconde main, la location...

Faire les bons choix pour éviter la surconsommation 

Premier levier pour mieux consommer : mieux choisir en optant notamment pour la qualité plutôt que la quantité. Malgré des produits parfois plus chers à l’achat, la balance devrait s’équilibrer à plus long terme, considérant que ces derniers dureront dans le temps et éviteront ainsi au consommateur la nécessité de les renouveler après un an d’utilisation ou moins. Comment bien choisir ? On peut alors analyser les labels, veiller au processus de fabrication, à la transparence de la marque sur ces sujets, opter pour une garantie avec un service de réparation, compter sur les avis clients... 

Autre réflexe pour une consommation plus responsable, s’interroger sur ses besoins réels. Est-il nécessaire de posséder cinq gourdes ? Dix pantalons de sport ? Quatre paires de chaussures ?... La méthode "BISOU", applicable à n’importe quel acte d’achat de la vie quotidienne peut aider à s’y retrouver. Bien connu des adeptes d’un style de vie minimaliste, il s’agit d’un moyen mnémotechnique pour arbitrer quant à l’utilité d’un nouvel achat : Besoin, Immédiateté, Semblable, Origine, Utile. 

La méthode BISOU 

  • Besoin : à quel besoin cet achat répond-il pour moi ? 
  • Immédiateté : ai-je besoin de ce produit immédiatement ?  
  • Semblable : ai-je déjà en ma possession un objet similaire ou qui répond à la même fonction ? 
  • Origine : quelle est l’origine de ce produit ?  
  • Utile : quelle est pour moi l’utilité de ce produit ?  

L’éco-conception 

Alors que les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits plus respectueux de l’environnement et des droits humains, rares sont aujourd’hui les enseignes qui ne prennent pas ce virage tant il devient difficile de déroger à la règle. L'éco-conception concerne ainsi à la fois les équipements sportifs, comme les vêtements.

L’industrie textile, l’une des plus polluantes au monde, est responsable de 4 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an dans le monde, selon l’Ademe. À contre-courant de la fast fashion, les enseignes de mode éco-responsable fleurissent et le secteur sportif n’y échappe pas. Concrètement, les textiles utilisés peuvent être nocifs tant pour l’environnement que pour la santé du consommateur, avec par exemple le coton comme l’une des cultures les plus consommatrices de pesticides, des matières synthétiques fabriquées à partir de pétrole libérant des microparticules de plastique à chaque lavage...

Enfin, les différentes étapes de fabrication sont bien souvent réalisées à l’autre bout de la planète, dans des conditions de travail bien loin des standards européens. Pour s’en prémunir, il faudra alors scruter les étiquettes - en évitant donc les mentions "made in China", "made in Bangladesh" - ainsi que la transparence des enseignes sur ces éléments. Si le "made in France" est toujours une bonne alternative, il est important de considérer que ce type d’appellation ne garantit pas une conception 100 % française d’un bout à l’autre de la chaîne. Selon la Direction générale des Entreprises (DGE), le produit concerné doit "tirer une part significative de sa valeur d’une ou plusieurs étapes de fabrication localisées en France", ou "avoir subi sa dernière transformation substantielle en France" pour pouvoir y apposer la mention.  

Toutefois, des efforts sont faits par les marques pour rapprocher au maximum les différentes étapes de production - en Espagne ou au Portugal par exemple - ou pour se tourner vers des structures garantissant des conditions de travail plus décentes. Aussi, l’utilisation de matière recyclée apparaît être une bonne option. Un créneau par exemple choisi par le géant américain spécialisé dans l’outdoor, Patagonia, très engagé sur ces questions. Pour trouver des enseignes sportives dites "éco-responsables", on peut alors se tourner vers des marketplaces dédiées qui en recensent plusieurs, à l’image de My Green Sport par exemple – plateforme en ligne sur laquelle on retrouvera également le bilan environnement associé à chaque produit.  

La seconde main 

Ces dernières années, le marché de l’occasion rafle la mise. Il gagne tous les secteurs, de l’électronique à l’électroménager en passant par l’ameublement ou la mode. Particulièrement concerné par cette tendance, ce dernier aurait vu ledit marché progresser de 140 % entre 2019 et 2021, selon une enquête de l’Observatoire Natixis Payments. En France, on l’estime à 7 milliards d’euros d’après une autre étude de l’entreprise spécialisée Tripartie, qui affirme que 7 personnes sur 10 déclarent acheter des vêtements d’occasion. Une solution écologique certes, mais également économique qui compte pour beaucoup dans les motivations des consommateurs, à l’heure d’une inflation à plus de 5 % sur l’année 2022, d’après les chiffres de l’Insee.  

Dans le cadre de sa pratique sportive aussi donc, l’occasion a tout bon. Les plateformes de seconde main n’y dérogent pas avec parmi les plus connues Vinted ou Le Bon Coin sur lesquelles on trouve à la fois des vêtements et accessoires de sport, tout comme des équipements plus conséquents. Certains se sont même spécialisés dans le domaine, comme Barooders ou encore Decathlon Occasions. Un bon réflexe à double-sens qui permet également d’offrir une seconde vie à un produit que l’on ne veut plus.  

La location, le don, le troc 

Mutualiser ses équipements sportifs est aussi une solution écologique comme économique. La pratique est d’ailleurs répandue pour certains sports, comme la location d’équipements de ski en station, d’une planche de surf, de matériel d’escalade, directement auprès des structures professionnelles. De même cette option existe aussi entre particuliers avec plusieurs plateformes facilitant ce type d’échange : My Troc pour échanger des produits, Kiwiiz pour la location, Geev pour les dons... D’un côté comme de l’autre, ces options permettent à la fois de s’éviter un achat – notamment pour un sport que l’on ne pratiquerait pas de manière régulière -, mais aussi de mettre à disposition ses équipements. 

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