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Social

Indigo, l'application qui veut révolutionner l'entraide

Stéphane de Freitas, fondateur d'Indigo.
©ID/DR

Indigo est une application qui veut révolutionner l'entraide pour lutter contre la précarité et les inégalités croissantes dans l'accès aux besoins et services élémentaires. Entretien avec le fondateur de l'application, Stéphane de Freitas. 

Pouvez-vous m'expliquer en quelques mots ce que propose l'application Indigo ? 

Le concept d'Indigo est très simple. Dès que vous avez besoin d'un service ou d'un objet quel qu'il soit, on vous présente la personne prête à vous le donner gratuitement. Le principe part d'un constat tout simple : aujourd'hui, il y a de grandes inégalités croissantes dans l'accès aux besoins et services élémentaires. C'est un geste tout simple qui permettrait de réconcilier la fin du mois pour faire des économies et la fin du monde. C'est-à-dire que dès qu'une personne a besoin d'un objet et qu'elle le donne à la personne qui en a besoin, d'un côté, un individu recycle et permet donc d'éviter la surconsommation. C'est une démarche responsable. De l'autre côté, on permet à une personne de faire des économies et d'éviter le traitement des ordures. C'est un réflexe tout simple.

Quelle est votre singularité par rapport à l'écosystème ? 

Il y a deux singularités. Le premier est que sur notre plateforme nous ne pouvons pas demander d'objets ou de services à l'infini, tandis que sur d'autres applications, certaines personnes allaient jusqu'à prendre des objets et les revendre sur d'autres sites comme "Le Bon Coin", ce qui ne correspond pas à la philosophie du projet. Lorsque vous vous connectez, vous recevez 50 digos, qui est une sorte de monnaie. Lorsque vous n'avez plus de digo, vous devez à votre tour proposer des services ou des objets. Sinon vous ne pouvez plus en demander. C'est ce qui permet que le système soit cohérent. 

Le projet d'Indigo est par ailleurs sociétal. Certes, il s'agit d'une entreprise, mais c'est une association qui est majoritairement actionnaire. Il y a une philosophie très importante : essayer de rassembler des milliers voire des millions de personnes ayant pour envie commune de s'entraider. Ce n'est pas juste une marketplace comme "Le Bon Coin" ou Facebook car sur ces sites, il y a un échange de réel argent. Notre but à nous est de réunir des personnes qui viennent pour des raisons idéologiques et environnementales. Sur Indigo, nous avons une vraie communauté avec nos 60 000 utilisateurs qui ont pour but de créer un écosystème. 

Nos investisseurs ont accepté qu'on prenne l'engagement de redistribuer 10 % de nos bénéfices.

En quoi est-ce un réseau vraiment social par rapport aux autres réseaux? 

Sur Indigo, on permet aux personnes qui ont des besoins d'avoir accès à des objets gratuitement. Aujourd'hui, il y a très peu de plateformes proposant ce genre de services à part donnons. org. Sur cette application, il y a également des aides à la personne : vous pouvez aider une personne à remplir sa fiche d'impôts ou en aider une autre à faire ses courses. Il y a un volet pour les particuliers mais également un volet ou des associations peuvent demander des denrées mais aussi des objets, c'est quelque chose d'inédit. L'objectif d'Indigo est de devenir la référence, LA plateforme de l'entraide où les gens s'échangent des objets ou des services.

Quel est le modèle économique de cette activité? 

La spécificité est que nous reposons sur le don des utilisateurs, un peu comme Wikipédia. 

Pour lancer cette plateforme, il a fallu trouver des fonds? 

Oui, bien sûr. Nous sommes une entreprise sociale donc il a fallu trouver des fonds. Nos investisseurs ont accepté que nous prenions l'engagement de redistribuer 10 % de nos bénéfices, si nous en faisons, mais ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Tous les engagements que j'ai pris avec ces investisseurs qui ont permis à la structure de se lever et qui ont accepté la logique redistributive d'une partie des bénéfices, c'est tout cela qui demain va avoir du sens et compter énormément. 

Nous allons préparer à nouveau la phase de lancement mais à plus grande échelle.

Quels sont les enjeux à court terme pour que l'activité monte en puissance et que l'impact et la dynamique soient vraiment au rendez-vous?

Nous sommes en ligne depuis trois mois et demi et nous sommes encore dans la phase de lancement. On s'est  lancé avec un budget de quelques centaines de milliers d'euros, ce qui n'est pas énorme comparé à d'autres start-up. Malgré tout cela, de nombreux artistes comme Orelsan, Kerry James ou encore Grand Corps Malade ont été touchés par le message et la vision du projet qui est non seulement social dans son contenu, sa philosophie mais également dans sa structure juridique. 60 000 utilisateurs en trois mois et demi, c'est un énorme succès surtout dans une communauté fermée. L'objectif est d'intégrer, d'ici les mois de février/mars, les remarques d'utilisateurs, d'améliorer le design et de passer à une nouvelle échelle. 

Vous avez fait allusion à certains artistes. Comment avez-vous réussi à les convaincre?

J'ai un passé associatif derrière moi. J'ai passé huit ans au sein de l'association Eloquentia, ce qui m'a permis de connaître de nombreux artistes. Lorsque j'ai proposé de lancer ce nouveau projet, de nombreuses personnalités m'ont suivi et ont relayé l'information. C'est comme cela qu'on a réussi à toucher de nombreuses personnes en seulement quelques semaines. Maintenant, notre objectif est de préparer à nouveau la phase de lancement mais à plus grande échelle. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici : 

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